20.07.2008
Confiance et patience
L’Évangile de ce seizième dimanche du temps ordinaire est l’épisode de la parabole de l’ivraie (Matthieu 13, 24-43).
L’Évangile d’aujourd’hui est la suite de l’épisode de la parabole du semeur (Matthieu 13, 1-23), Évangile de dimanche dernier.
La parabole dit qu’un propriétaire a ensemencé son champ.
La parabole du semeur insistait sur la qualité du terrain, plus ou moins favorable à une bonne récolte.
La présente parabole fait intervenir un ennemi qui, la nuit tombée, sème au milieu du blé une mauvaise herbe qui risque de l'étouffer.
Le traducteur l'appelle "ivraie", en grec c'est "zizanion", d’où vient l'expression "semer la zizanie, la discorde".
Il est difficile de changer la nature du terrain, mais il est possible d'intervenir pour supprimer l’ivraie.
Mais le propriétaire s'y oppose.
Premièrement, cette parabole veut nous montrer que ce n'est pas Dieu qui a créé le mal, tout comme ce n'est pas le maître de maison qui a semé l'ivraie.
Le récit de la création dans la Genèse dit que ce que Dieu a fait était très bon, "Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici cela était très bon. Ainsi il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour" (Genèse 1, 31).
Plus tard, le livre de Job, qui aborde longuement le problème de la souffrance, interdisait à Job d'accuser Dieu d'être à l'origine du mal. Il l'invitait à accepter de ne pas tout comprendre et à faire confiance à Dieu pour nous en délivrer.
Jésus s'inscrit dans cette ligne, puisqu'il affirme que le maître de maison n'a semé que du bon grain.
Deuxièmement, c'est au maître de la moisson de faire le tri quand il le jugera bon.
Cela veut nous dire que c'est Dieu et lui seul qui doit déraciner le mal.
Paul dira "Qui es-tu pour juger un serviteur qui ne t'appartient pas?" (Romains 14, 4).
Jésus nous invite à accepter ce mélange permanent de bien et de mal en nous.
Jésus veut aussi sans doute parler de l’arrogance de certaines communautés religieuses de son époque. Certains pharisiens méprisaient ceux qui avaient du mal à respecter toute la Loi et les commandements. Les zélotes eux critiquaient ceux qu'ils considéraient comme trop tièdes.
Un jour viendra pourtant où le maître de la moisson dira que l'heure a sonné de faire le tri. Jésus reprend là, le thème du thème du jugement dans toute la Bible.
Le tri se fera en deux, les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. Mais en fait personne n'est entièrement bon, et personne non plus ne peut être accusé d'être entièrement mauvais. Nous sommes tous des êtres avec en nous le bien et le mal.
Quand dans les épisodes de la Bible, les humbles sont opposés aux arrogants, les justes aux méchants, quand Jésus oppose le bon grain et l’ivraie, nous sommes tous concernés.
Alors comment sera t’on jugé?
En fait le soleil de justice de Dieu fera germer tout ce qui est bon, et le mal disparaîtra.
Jésus dit que le maître de la moisson qui ne peut pas supporter de voir déraciner le moindre épi de blé avec l'ivraie, ne condamnera pas en nous le bien avec le mal.
A l'histoire de l'ivraie, Jésus ajoute deux autres paraboles, celle de la graine de moutarde et celle du levain.
Les deux paraboles précédentes décrivaient tous les obstacles à la croissance du Royaume. Celles-ci montrent la puissance intérieure qui fera grandir le Royaume.
La graine de moutarde et le levain sont tous deux enfouis et disparaissent, la graine pour devenir un grand arbre, et c’est grâce au levain que la pâte lève. Jésus nous invite à la confiance, à la patience et à l'humilité.
La petitesse de la graine ou du levain donne un résultat de grande taille.
Patience, la moisson viendra.
Si Dieu se montre patient, c'est parce qu'il ne faut pas risquer de perdre de bonnes gerbes en arrachant les mauvaises herbes. Mais c'est surtout parce qu'il ne désespère jamais de transformer l'ivraie de nos cœurs en bon grain.
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18.07.2008
Prière
Aujourd'hui, je voudrai simplement vous faire partager cette prière à notre Père.
Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
Descends du ciel et viens sur Terre, ô notre Père,
Descends sur nous, demeures en nous, pour nous sauver,
Pour nous unir, pour nous unir, pour nous bénir et nous donner ta grande paix,
Viens nous combler, ô notre Père.
Ô notre Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
Descends du ciel et viens sur Terre, et viens sur Terre, ô notre Père,
Descends sur nous, demeures en nous, descends sur nous, demeures en nous, pour nous sauver, pour nous sauver,
Pour nous unir, pour nous unir, pour nous bénir et nous donner ta grande paix,
Viens nous combler,
Viens nous unir, viens nous unir, viens nous bénir et nous donner ta grande paix,
Viens nous combler. ô notre Père, ô notre Père, ô notre Père, ô notre Père, ô notre Père.
Chanté par le groupe Glorious :
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13.07.2008
Porter du fruit
L’Évangile de ce quinzième dimanche du temps ordinaire est l’épisode de la parabole du semeur (Matthieu 13, 1-23).
Jésus parle souvent par paraboles. Le mot parabole traduit l'hébreu "mashal". Cela désigne, en hébreu, non seulement les Proverbes, "Meshalîm", mais aussi des allégories (Isaïe 5, 1-7), des devinettes et des énigmes (Juges 14, 12), des propos dont le sens est réservé aux seuls initiés, qui signifie "récit symbolique destiné à faire découvrir un sens caché".
Dans la Bible, une parabole est une histoire tirée de la vie quotidienne des gens, elle parle de leur travail, des objets qu'ils utilisent tous les jours : une lampe, du levain, une barque, un filet, de leurs rêves : un trésor, des perles, …
La parabole, comme elle est simple, parle à tout le monde.
Devant une importante foule venue pour l'écouter, Jésus parla d'un semeur qui est sorti pour semer des grains. Des grains tombèrent au bord du chemin, d'autres sur du sol pierreux, d'autres encore dans des ronces et d'autres tombèrent dans de la bonne terre.
On comprend assez rapidement quels grains donneront de belles plantes et par la suite une belle récolte.
Il y a 2000 ans, en Galilée, beaucoup de personnes vivaient des travaux des champs comme le semeur de ce récit. À cette époque, on semait à la volée et la semence tombait un peu partout.
Le semeur de l'Évangile de Matthieu qui sème à tout vent, c'est Jésus qui, à travers cette histoire, nous parle de lui-même et de la mission qu'il accomplit au milieu des hommes.
La mission de Jésus est de semer car c'est ainsi que le royaume de Dieu s'approche des gens.
Par cette histoire, Jésus nous enseigne que sa Parole est appelée à se développer en nous, à porter du fruit.
Dans la graine semée, tout est déjà là pour que l'arbre prenne racine et grandisse, mais en même temps, il est nécessaire que le terrain soit préparé, arrosé et entretenu. Notre réponse sera la vie que nous mènerons.
Cependant, dans la parabole du semeur, il y a quelque chose de tragique. Il y a des semences perdues, qui le sont de notre faute.
Jésus dit "D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu'il entende!"
C'est une extraordinaire leçon d'espérance que Jésus nous donne. Malgré tous les échecs, une récolte se fera.
Jésus sème avec obstination, il est sûr qu'en dépit des pertes inévitables, la semence donnera du fruit, il sait que, "Ainsi en est-il de ma Parole qui sort de ma bouche : elle ne retourne point à moi sans effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli mes desseins" (Isaïe 55, 11).
Pour recevoir le message de cet Évangile, il faut se disposer à bien l'entendre. L'écouter c'est s’unir à tous ceux et à toutes celles qui se rassemblent autour de Jésus, attentifs à sa Parole.
Le plus grand obstacle à la réception du message évangélique est l'endurcissement du cœur.
Derrière la personne qui écoute la parole de Dieu, il y a un ennemi redoutable que Jésus appelle le Mauvais, "Quand l'homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s'empare de ce qui est semé dans son cœur : cet homme, c'est le terrain ensemencé au bord du chemin". Auprès de l'incroyant, la foi n'a pas commencé à germer.
Puis Jésus dit "Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c'est l'homme qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n'a pas de racines en lui, il est l'homme d'un moment". C'est selon Jésus le croyant qui fait défection, c'est celui ou celle qui a abandonné sa foi, "Ceux qui sont dans les pierres, lorsqu'ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n'ont pas de racines, ils croient pour un moment, et, au moment de l'épreuve, ils abandonnent" (Luc 8, 13). Suivre Jésus quand tout va bien et l'abandonner quand tout va mal n’est pas le vrai chemin.
La personne qui reçoit la semence dans les ronces est, selon Jésus, celle qui se laisse emporter par l'ambiance d'incroyance qui l'entoure. Ici, la foi est progressivement anémiée, étouffée : tout le reste a pris le dessus.
Enfin Jésus dit "Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est l'homme qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un". Ce sont ceux et celles qui entendent la Parole de Dieu et la comprennent.
Notre Seigneur sème toujours aujourd'hui, Puissions-nous, nous aussi porter du fruit "à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un".
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06.07.2008
Doux et humble de cœur
L’Évangile de ce quatorzième dimanche du temps ordinaire est l’épisode où Jésus veut nous soulager de notre fardeau (Matthieu 11, 25-30).
Jésus dit "Prenez sur vous mon joug".
Un joug est une pièce de bois, très lourde, très solide, qui attache deux animaux, deux bœufs normalement, pour labourer. Ils conjuguent leurs forces et le plus puissant des deux imprime son pas à l’attelage.
Au sens figuré, "Prendre le joug" suggère donc que l’on s’attache à quelqu’un pour marcher du même pas, attelés à la même tâche.
Dans l’Ancien Testament et dans le Judaïsme, cette expression évoque l’Alliance entre Dieu et son peuple. "Prendre le joug de la Torah" c’était s’engager à suivre la Loi de Dieu, s’atteler à Dieu.
Pour un Juif, le service de la Torah n’est donc pas un fardeau trop lourd, c’est le chemin du vrai bonheur. Ben Sirac le Sage disait "Tu trouveras en elle (dans la pratique de la Loi) le repos, elle se changera pour toi en joie" (Sira 6, 28).
Jésus fait lui aussi le lien entre le joug de la Torah et le repos, "Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples", c’est-à-dire pratiquez mes commandements "et vous trouverez le repos" .
Jésus ajoute "Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger".
Il veut dire que son fardeau est facile à porter et que ce n’est pas le cas de celui de tout le monde.
D’ailleurs, Jésus dit "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau" .
Certains Pharisiens avaient en effet transformé la pratique de la Loi en un cortège d’obligations d’une grande contrainte. C’est à leur propos que Jésus disait aux foules "Les scribes et les Pharisiens siègent dans la chaire de Moïse : faites donc et observez tout ce qu’ils peuvent vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt" (Matthieu 23, 2-4).
Et, une majorité du peuple avait bien du mal à observer la totalité des commandements que les autorités religieuses leur imposaient et ils sentaient le mépris dont ils étaient l’objet.
Jésus propose donc à ses disciples de déposer ces fardeaux trop lourds, "Prenez sur vous mon joug... et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger".
Le joug de Jésus, c’est la loi d’Amour, et c’est lui qui nous donne la force d’aimer.
Le repos, c’était également un mot familier aux auditeurs de Jésus.
L’Ancien Testament présentait la Terre Promise comme le lieu du repos accordé par Dieu à son peuple. Et quand le peuple était infidèle à la loi, Dieu dit "J’ai dit : ce peuple a le cœur égaré, il n’a pas connu mes chemins... Jamais ils n’entreront dans mon repos" (Psaume 94 (95).
Et Jésus s’identifie à Dieu en disant "Moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger".
Les représentants de la religion étaient agacés par ces propos.
Mais ceux qui "peinaient sous le poids du fardeau", étaient attirés par l’attitude de respect et d’attention à chacun de Jésus, lui qui était "doux et humble de cœur".
Alors Jésus s’émerveille car les "tout-petits" comprennent son message, "Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté".
Jésus est dans le respect de l’Ancien Testament qui a toujours déclaré que toute vraie sagesse, toute vraie intelligence ne peuvent venir que de Dieu. Chaque fois que Jésus est mis devant l’évidence de la foi, il manifeste sa joie et sa reconnaissance au Père.
Jésus s’émerveille ainsi de l’intimité que lui offre son Père, "Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler".
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29.06.2008
Fils de l’homme et fils de Dieu
L’Évangile de ce treizième dimanche du temps ordinaire est l’épisode où Jésus demande à Pierre comment il le voit (Matthieu 10, 26-33).
Ce passage marque un tournant dans la vie de Jésus. Jésus dira peu après, "A partir de ce moment, Jésus Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des Anciens, des Grands Prêtres et des scribes, être mis à mort et, le troisième jour, ressusciter".
Mais il n’y a aussi rien de neuf. Jésus se nomme "Fils de l’homme", ce qu’il a déjà fait neuf fois dans l’Évangile de Matthieu, et Pierre le nomme "Fils de Dieu", et il n’est pas non plus le premier à le faire.
Le titre "Fils de l’homme" a été donné dans le livre de Daniel, au chapitre 7, "Je regardais dans les visions de la nuit, et voici que sur les nuées du ciel venait comme un Fils d’homme… Et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté : les gens de tous peuples, nations et langues le servaient. Sa souveraineté est une souveraineté éternelle qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera jamais détruite" (Daniel 7, 13-14). Quelques versets plus loin, Daniel précise que ce Fils d’homme n’est pas un individu solitaire, mais un peuple, "Les Saints du Très-Haut recevront la royauté, et ils posséderont la royauté pour toujours et à tout jamais... La royauté, la souveraineté et la grandeur de tous les royaumes qu’il y a sous tous les cieux, elles ont été données au peuple des Saints du Très-Haut : sa royauté est une royauté éternelle ; toutes les souverainetés le serviront et lui obéiront" (Daniel 7, 18 et 27).
Quand Jésus s’applique à lui-même ce titre de Fils de l’homme, il se présente donc comme celui qui prend la tête du peuple de Dieu.
Le titre "Fils de Dieu" qui est donné à Jésus par Pierre, lui a déjà été donné.
Dès le début de l’Évangile de Matthieu, au chapitre 4, c’est le diable qui tente Jésus au désert, en employant ce titre "Si tu es le Fils de Dieu".
Le diable ne peut qu’imaginer un Fils de Dieu puissant et invulnérable, exploitant sa puissance à son propre profit.
Pour Jésus, être fils de Dieu, c’est faire totalement confiance à son Père et se nourrir de sa Parole.
Dans l’épisode de la marche sur les eaux, la barque avec les disciples était loin du rivage, battue par les vagues. Jésus vient vers eux en marchant sur la mer. Pierre dit "Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir avec toi sur les eaux". Après quelques pas, Pierre coule submergé par le doute et Jésus lui dit "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?"
Matthieu conclut alors "Quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant Jésus et lui dirent : Vraiment, tu es Fils de Dieu".
A Césarée, ce qui est nouveau, c’est que Pierre ne dit pas cela devant une manifestation de puissance de Jésus. Il n’y a plus d’ambiguïté sur le titre de Fils de Dieu. Pierre est en marche vers la foi.
Jésus dit "Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux".
Alors Jésus l’envoie comme missionnaire "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église".
Le Fils de l’homme n’est pas un individu isolé, c’est un peuple.
Et ce qui réunit le peuple de Dieu est la foi.
Et Jésus ajoute "Ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux". Cela ne veut pas dire que Pierre et ses successeurs sont tout-puissants mais Dieu promet de s’engager auprès d’eux.
Jésus dit "Je bâtirai mon Église". C’est par son exemple et par l’Amour qu’il nous a appris qu’il a bâti l’Église.
Et il dit "la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle".
Notre mort et celle de l’Église, c’est justement le manque d’Amour.
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22.06.2008
Suivre le Seigneur
L’Évangile de ce douzième dimanche du temps ordinaire est l’épisode où Jésus dit aux apôtres de ne rien crainte tant qu’ils ont la foi (Matthieu 10, 26-33).
"Jésus disait aux douze apôtres : "Ne craignez pas les hommes…".
Jésus vient d’envoyer ses apôtres en mission (Matthieu 9, 36-38), "comme des agneaux au milieu des loups" (Matthieu 10, 16).
Les apôtres ont peur car ils savent qu’ils risquent d’être mis en prison et peut-être même tués s’ils se disent disciples du Christ.
Les apôtres sont donc prévenus et pourtant Jésus les invite à avoir l’audace de témoigner quand même.
Pour les encourager Jésus leur dévoile que la Révélation ne pourra pas être arrêtée.
Il leur dit "Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits".
Jésus envoie ses apôtres proclamer la bonne nouvelle haut et fort.
Il continue en disant "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme".
Même la mort ne doit pas faire peur aux disciples car c’est seulement la mort de leur corps et non pas de leur âme.
Cet évangile a été écrit au tout début du christianisme, alors que de nombreux chrétiens étaient persécutés par les Juifs. Les apôtres eux même devront surmonter la persécution physique, "Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront condamner à mort" (Matthieu 10, 21).
L’évangéliste Matthieu rapporte ces paroles de Jésus pour encourager et réconforter ces chrétiens qui tiennent bon.
Au paradis de Dieu, ils auront un nouveau corps et leur âme sera toute belle car ils auront suivi Jésus. La seule chose qu’ils doivent craindre, c’est de s’éloigner de la volonté de Dieu et de ce qui élève l’âme.
Jésus veut nous garder de la mort spirituelle, de la rupture avec l’Amour divin.
Et, pour encourager ses disciples, Jésus les invite à la confiance, il leur rappelle qu’ils sont sans cesse dans la main de Dieu, "Est-ce qu’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Pourtant pas un d’entre eux ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés".
Jésus leur dit encore "Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde".
Jésus rassure et encourage ses disciples en leur disant combien ils ont du prix à ses yeux. Le Père veille sur eux plus encore qu’il veille sur les moineaux du ciel.
Puis Jésus poursuit en leur disant "Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux".
Cette dernière phrase ne doit pas être entendue comme une menace mais comme l’expression du désir de Jésus de faire corps avec nous.
Jésus n’est qu’Amour et veut être uni à chaque homme. Nous avons une relation d’Amour avec Dieu.
Celui qui s’éloigne de Dieu est comme la brebis perdue que le berger va chercher jusqu’à ce qu’il la retrouve.
Jésus insiste ici sur l’importance de l’évangélisation.
A notre tour, nous devons suivre et défendre les enseignements d'Amour de Jésus devant les hommes.
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15.06.2008
Envoyés pour la moisson
L’Évangile de ce onzième dimanche du temps ordinaire est l’épisode où Jésus envoie ses apôtres en mission (Matthieu 9, 36 –10, 8).
Dieu est miséricorde, il se penche sur le malheur de l’humanité.
Jésus a pitié de la foule qui se met à sa suite, "Jésus, voyant les foules, eut pitié d'elles
parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger".
Les deux mots, miséricorde en hébreu et pitié en grec évoquent l’émotion qui saisit aux entrailles devant toute souffrance.
Jésus, le Dieu de l’Amour ne peut voir cette foule sans être pris de pitié. Ils sont abattus, n’ont plus d’espérance. Depuis si longtemps qu’ils attendent un Messie libérateur, et toujours rien. Avec leurs prêtres, ils se sont fait une image du Messie qui est tout autre que la réalité. Jésus, le vrai Messie est venu comme on ne l’attendait pas.
La situation de l’humanité semble aussi pitoyable dans notre monde d‘aujourd’hui.
Aujourd’hui, la misère d’où quel soit dans le monde nous semble proche par les moyens d’information qui nous permettent de la connaitre et de la voir encore plus près de nous, plus palpable.
Même après deux mille ans de christianisme, nous vivons dans l’atmosphère de nos haines, de notre intolérance, de nos égoïsmes, de nos infidélités, de nos préjugés, de notre fanatisme. Dieu nous a envoyé son Fils Jésus pour guérir ces blessures qui rendent l’humanité malheureuse.

Après son entrée dans notre monde par la porte de la pauvreté, Jésus a vécu une vie de soumission et de travail pendant trente ans.
Puis Il nous donne les Béatitudes (Matthieu 5), qu’Il proclame dès le commencement de sa vie publique.
Grâce à Jésus, la paix est possible, paix en nous, paix autour de nous, paix sur toute la terre pour les hommes de bonne volonté. Grâce à Lui, nos angoisses peuvent être dépassées, nos préjugés peuvent disparaitre.
Grâce à Lui ce qui a toujours été impossible devient possible.
Jésus demande à ses disciples de "Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson".
Qui peut en effet changer les cœurs sinon Celui qui nous a créés et qui nous connait tels que nous sommes? Il y a certainement autant d’appelés à répandre l’Amour qu’autrefois, mais les bruits du monde assourdissent les âmes.
Après avoir choisi ses douze apôtres, Jésus les envoie en mission.
Il leur confère ses pouvoirs divins, "Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité".
La mission des envoyés de Dieu, que ce soit Jésus ou que ce soit les apôtres, est une mission de guérison.
Jésus parcourait les villes et les villages, il enseignait, il proclamait le Royaume et il guérissait.
En même temps qu’ils proclament le Royaume, les envoyés de notre Seigneur sont donc invités à en donner des signes. Et la meilleure des proclamations du Royaume, c’est la victoire sur le mal sous toutes ses formes.
Jésus n’envoie les disciples que vers les brebis perdues d’Israël, "Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël".
La moisson est là déjà très abondante et le peuple choisi par Dieu doit être le premier à accueillir le Royaume. C’est ensuite le peuple d’Israël qui convertira les païens.
Cette première mission ne s’adresse qu’à des compatriotes, les brebis perdues d’Israël.
Le mot "mission" ne s’applique pas seulement aux terres lointaines, incultes et étrangères ou par la langue ou par la couleur de leurs habitants.
Après la Résurrection, revêtus de la force de l’Esprit Saint, les apôtres devront aller dans le monde entier pour faire connaître l’Amour de Dieu pour les hommes, qui est allé jusqu’à donner au monde pécheur son Fils bien-aimé.
Les apôtres sont appelés à proclamer que le Royaume des cieux est tout proche. Jésus qui les a revêtus de sa puissance divine leur commande de chasser les esprits mauvais, de guérir les malades, de purifier les lépreux, de ressusciter les morts.
Et Jésus dit aux disciples pour terminer "Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement".
C’est tout le programme de notre vie de foi qui est dit, le don de Dieu est gratuit. C’est cela la grâce.
Et accueillons cette gratuité et à notre tour, apprenons à vivre dans la gratuité.
Comme Dieu, n’attendons rien en retour, ne recherchons aucune rétributions, que tout soit désintéressé car c’est comme cela que Dieu agit.
N’attendons pas non plus l’amour pour aimer.
Enfin, pour aimer nos frères, n’attendons pas non plus qu’ils le méritent.
Nous sommes sans cesse sauvés, pardonnés gratuitement, à notre tour, sachons pardonner, aider, aimer sans conditions.
Et faisons confiance comme Jésus l’a fait avec les apôtres.
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08.06.2008
Miséricorde de Jésus
L’Évangile de ce dixième dimanche du temps ordinaire est l’épisode de la rencontre de Jésus avec Matthieu, le Publicain (Matthieu 9, 9-13).
À l’époque de Jésus, les Publicains étaient responsables, par contrat avec l’empire romain, de la perception des impôts.
Les Pharisiens voyaient cette fonction comme une forme de trahison envers la communauté juive. Eux étaient des gens très bien, des croyants fervents, généreux, et même courageux pour affirmer leur foi devant le roi Hérode qui était un mécréant à leurs yeux.
Pour les Pharisiens, manipuler l’argent à l’effigie de César était une impureté légale parce que l’empereur se présentait comme une divinité.
Les Publicains imposaient aussi une surtaxe sur les impôts perçus afin de s’assurer d’un salaire. Il n’était pas rare que le taux avoisine les 40%.
Pour toutes ces raisons, les Publicains étaient considérés comme des voleurs et des escrocs.
De plus, parce qu’ils étaient au contact permanent les Romains, des païens, les Publicains ne pouvaient pas aller au Temple. Pour tout cela, ils étaient aussi considérés comme des pécheurs.
Et donc les Pharisiens se gardaient bien de fréquenter les Publicains.
Jésus, au contraire, ne leur manifeste aucun mépris.
Aux yeux de Jésus, le pécheur est seulement un malade qui doit être soigné.
La maladie des hommes est de retomber dans l’idolâtrie, la violence et la haine.
Jésus voulait les guérir en s’approchant d’eux et en partageant leur table.
À l’entrée de Capharnaüm, ville frontière de la Galilée où les commerçants devaient passer à la douane d’Hérode, Jésus vit Matthieu assis à son bureau de taxes qui étaient prélevées sur les marchandises à l’entrée dans le pays. Capharnaüm était un poste frontière.
Il est probable que les collecteurs de cet impôt avaient la possibilité de se servir au passage puisque Zachée peut promettre à Jésus de rembourser au quadruple ceux qu’il a volés.
Jésus invita Matthieu en lui disant "Suis-moi".
Et il alla manger avec lui.
Le scandale éclata. Jésus côtoyait et partageait l’intimité du pécheur.
En effet, manger avec les pécheurs, c’était manquer aux règles liturgiques et alimentaires, et donc pour les Juifs religieux, comme les Pharisiens, un grave manquement à la Loi.
Les Pharisiens interviennent alors pour dire leur réprobation devant cette conduite scandaleuse "Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs?"
Jésus répond à leurs reproches.
Il prend de la distance par rapport aux autorités religieuses et va même jusqu’à leur dire se posant en enseignant, "Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices".
C’est la phrase du prophète Osée (Osée 6, 6). Jésus se situe dans la lignée des prophètes.
Mais sa réponse n’est pas de l’autorité, du pouvoir sur les questions religieuses, mais de la douceur et de la miséricorde.
Jésus veut montrer aux Pharisiens que leur attitude de purs et de justes qui évitent tout contact avec des gens méprisables n’est pas le désir de Dieu, mais que le projet de Dieu est la fraternité universelle.
Et ce sont les Publicains qui sont prêts à cet Amour, "Jésus lui dit : Suis-moi. L'homme se leva et le suivit".
La miséricorde n’est pas seulement un regard bienveillant, mais un véritable appel à la communion. Jésus vient manger à la table du Publicain.
Par son attitude, Jésus montre aux Pharisiens, aux Publicains et aux autres que l’Amour de Dieu s’offrait à tous, indépendamment de leurs fautes.
Il affirmait aussi que la miséricorde de Dieu surpassait toutes les formes de sacrifices réalisés par les hommes.
C’est dans cette perspective que Matthieu devint disciple de Jésus et qu’il accepta de le suivre.
Ce n’était pas le saint qui a été appelé mais bien le pécheur.
La sainteté de Matthieu est venue plus tard par l’action de Dieu.
Il en a été de même pour nous. Nous sommes d’abord pécheurs avant que l’Esprit nous transforme et nous approche de la sainteté de Dieu.
Jésus nous invite à regarder les autres au-delà de leurs fautes et des catégories humaines.
Jésus nous demande d’avoir l’attitude de la miséricorde de Dieu à l’égard de tous quels qu’ils soient.
À chaque instant, à chaque parole et à chaque geste que nous vivons, nous devons apprendre que c’est la miséricorde que Dieu désire.
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01.06.2008
Écouter et mettre en pratique
L’Évangile de ce neuvième dimanche du temps ordinaire est la parabole de la maison bâti sur le roc ou le sable (Matthieu 7, 21-27).
Pour accomplir la volonté de Dieu, Jésus souligne d’abord qu’il ne suffit pas de parler, d’en parler avec Dieu dans la prière, "Il ne suffit pas de me dire "Seigneur, Seigneur" pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux".
Prier ne suffit pas ou, plutôt, le signe que notre prière est juste, c'est qu'elle nous aide à passer aux actes.
Nous vivons dans un monde qui entend un grand nombre de discours en tous genres. Beaucoup ne sont pas suivis des faits. Nous constatons souvent un énorme décalage entre les belles promesses et la réalité de la vie de tous les jours.
Bien souvent il y a incohérence entre les paroles et la manière dont nous les vivons. C'est quand nous refusons de partager avec celui qui n'a rien, quand nous tolérons une injustice, quand nous nous gardons de la rancune contre tel ou tel qui nous a fait du mal. A travers eux, c'est notre Seigneur lui-même qui est rejeté et méprisé.
Notre grande tentation c'est de nous évader dans le bavardage. Il ne suffit pas de bien parler, il faut agir.
Le noyau de ce discours qui est à la fin du discours de Jésus sur la montagne, est le "Notre Père". Jésus le reprend en partie, "mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux" pour nous inviter à vivre ses paroles.
Il ne suffit pas d’écouter la Parole de Dieu, il faut la mettre en pratique.
Déjà, Moïse s’adresse ainsi au peuple d’Israël "Veillez à mettre en pratique les décrets et les commandements que je vous présente aujourd’hui" (Deutéronome 11, 32).
Toute la Parole de Dieu est résumée dans le commandement de l’Amour.
Jésus ne nous demande rien d’autre que d’aimer en acte et en vérité. Il ne s’agit pas seulement de joindre l’action à l’écoute de la Parole, il faut entrer vraiment dans la volonté de Dieu qui est qu’aucun de ses enfants ne s’éloigne de son amour. C’est cela vivre réellement la Parole.
Mais il existe à l'inverse une autre illusion qui nous guette, c’est celle de multiplier les bonnes actions pour Dieu en pensant faire sa volonté, mais sans être en communion avec Lui, avec son Esprit.
Beaucoup de personnes dépensent pour les autres, en disant le faire pour Dieu. Mais en fait, c’est pour elles qu’elles agissent. Elles recherchent la gloire qui vient des hommes, elles agissent pour leurs avantages à conserver.
Puis Jésus déclare dans une parabole "Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc".
"Écouter et mettre en pratique", c’est un double appel que Jésus ne cesse de répéter tout au long de son ministère.
C’est cela le roc. Quand nous l’écoutons, il nous fait connaître qui nous sommes et quand nous mettons en pratique sa Parole, nous devenons celui que nous sommes en vérité.
Bâtir sa vie sur le roc, c’est s’appuyer sur Jésus lui-même. En dehors de lui, nous ne pourrons pas résister aux tempêtes de la vie. Nous sommes comme la maison bâtie sur le sable.
Le roc, c’est un autre nom de Dieu, "Sois le rocher qui m’abrite, ma forteresse et mon roc c’est toi" (Psaume 30).
La maison, c’est toute notre vie faite de milliers de petits choix. La tempête représente tous les soucis, les souffrances, la maladie, la mort.
Si j’écoute la Parole de Dieu et la mets en pratique, je construis ma vie sur Dieu et quoi qu’il arrive, je ne vais pas sombrer car je serai toujours dans la main de Dieu. Au cœur de ma faiblesse, j’aurai toujours la force de Dieu.
Si je construis ma vie sans Dieu, je ne vais compter que sur mes propres forces et je risque de m’écrouler devant les difficultés.
Bâtir sur le sable, c’est construire sa vie en ne tenant compte que de nos propres capacités humaines personnelles. Il nous faut choisir entre la confiance en Dieu, notre rocher, ou la simple confiance en nous, qui ne sommes que poussière de sable.
Toute la Bible nous dit que le Seigneur est notre rocher.
Si nous sommes vraiment reliés à Jésus, si nous écoutons sa parole et si nous la mettons vraiment en pratique, nous sommes comme cet homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé. La tempête s’est abattue sur cette maison, la maison ne s’est pas écroulée car elle était fondée sur le roc.
Le piège qui nous guette dans la mise en pratique de la Parole de Dieu, c’est de renvoyer la mise en pratique de la Parole à plus tard.
Plus tard n’arrive jamais. Dire demain, c’est aussi bâtir sur le sable.
Bâtir sur le roc, c’est recommencer, aller plus loin chaque fois qu’un appel nous a rejoints et nous a touchés.
A chacun de choisir comment il peut, dès maintenant, mettre la Parole de Dieu en pratique : un pardon à donner, un service à rendre, quelque chose à partager, une personne à visiter.
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25.05.2008
Jésus, le Pain de vie
L’Évangile de ce dimanche de la Fête du Saint Sacrement est l'épisode où Jésus dit qu’il est le Pain de vie (Jean 6, 51-58).
Ces quelques versets constituent le dernier volet du long discours de Jésus, prononcé dans la synagogue de Capernaüm, et consacré au "pain de vie".
Tout ce chapitre 6 semble centré, comme l'affirme son sous-titre, Jésus, le Pain de vie, sur la relation à Dieu qui fait vivre les fidèles.
Et la réflexion se poursuit et se construit, soit à partir du souvenir récent de la multiplication des pains, soit à partir de souvenirs transmis par les pères, le don de la manne dans le désert.
La foule n'a vu, dans le premier, que le miracle matériel qui a permis de satisfaire la faim, mais non le signe.
Elle n'a pas non plus compris le second comme signe, mais simplement comme remède à la famine dans le désert.
"Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé".
C'est pourquoi Jésus leur rappelle que les pères sont morts, "Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement".
La manne, malgré les apparences, n'est pas "le pain du ciel" qui donne la vie pour l'éternité.
Jésus dit "Moi, Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel".
Ni les disciples ni la foule ne sont en mesure de comprendre ce que dis Jésus quand il affirme qu’il est le Pain vivant, et qu'il est descendu du ciel.
Comment pourraient ils comprendre qu'il soit lui-même une nourriture?
L’incompréhension grandit, "les Juifs discutaient entre eux : "Comment cet homme-là peut-il donner sa chair à manger?"
Jésus ajoute ici le scandale en mentionnant le sang, aliment hautement prohibé par la loi de Moïse.
Jésus dit "si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous".
Le sang, c'est l'âme, c'est l'être, c'est la vie. Jésus parle ici d’une autre vie, ce que ne peuvent ignorer les Juifs qui connaissent bien la Loi.
Jésus le confirme aussitôt par la mention de la vie éternelle, une vie rendue éternelle par la résurrection au dernier jour.
Manger la chair et boire le sang c’est participer à la vie, "Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson".
C’est participer à la vie du Fils de l’Homme descendu du ciel.
Là seuls peuvent comprendre ceux qui ont la foi en Jésus, Fils de Dieu.
Mais au moment du discours de Jésus, ni les disciples ni les auditeurs de la foule n'en sont encore là, et pour eux cette parole ne peut être qu'énigmatique, voire scandaleuse. Ils diront d'ailleurs ensuite "Cette parole est dure, et qui peut l'écouter?" (Jean 6, 60).
Ils comprendront plus tard que "manger la chair et boire le sang" du Seigneur, c'est participer à la Cène. Le discours de Jésus est prophétique.
La Parole descend du ciel mais elle est en prise avec la vie dans ce quelle a de plus dure, abjecte et inéluctable, la chair et le sang, la souffrance et la mort.
Nous savons bien que tous, il nous a fallu, il nous faut et nous faudra en passer par là.
Ce pain est noir et ce vin amer, mais de toute façon, nous le mangerons et nous le boirons. C’est notre condition humaine.
Les chemins qui mènent à la vie nouvelle passent, eux aussi, par ce passage, cette pâque de la chair et du sang, de la souffrance et de la mort. C’est notre Seigneur sur la Croix.
Dieu est absorbé par notre histoire humaine.
Et nous sommes aussi solidaires de cette humanité incrédule et infidèle qui a crucifié Jésus. De la chair et du sang de Jésus, c'est comme si nous en avions mangé et bu.
La question n'est pas de savoir si le pain et le vin de la Cène sont la vraie chair et le vrai sang du Christ. Il s'agit plutôt de savoir si nous sommes prêts à confesser notre solidarité avec cette humanité souffrante et faisant souffrir.
Dans l’Eucharistie, le pain et le vin de la Cène viennent se substituer pour nous au corps et au sang du Christ. Ils le symbolisent. Ils confessent d'abord notre participation à l'incrédulité et à la trahison, notre contribution à la Passion et à la Croix.
Le pain et le vin de la Cène nous disent la vie et la joie du monde nouveau qui débute sur la Croix.
Alors les paroles de Jésus deviennent pour nous Esprit et Vie.
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