22.07.2008

Le Vatican et les Oustachis

f05eff28d0e5800b31f4ea4dae7876b1.jpgLe Royaume de Yougoslavie est envahit pat les troupes nazies en avril 1941.
Un fanatique catholique, Ante Pavelic, nationaliste bien connu pour ses campagnes terroristes en Yougoslavie peu avant la guerre et exilé en Italie après sa condamnation, organise avec la protection de Mussolini et la bénédiction d'un ecclésiastique, le père Krunoslav Draganovich, les célèbres Oustachis, groupes para-militaires d’une extrême violence.
604e8a9d52e41f416c672acfa5c57a0f.jpgAnte Pavelic proclame l'indépendance de la Croatie, avec le but avoué d'en faire un état catholique modèle, selon l'enseignement de l'Église catholique romaine.


dc2768b522fa0808e502f183c726695d.jpgIl reçoit immédiatement la bénédiction de l'archevêque de Zagreb, Monseigneur Alojzije Stepinac.
Pendant toute la guerre, Ante Palevic enverra des rapports réguliers au Pape Pie XII sur la progression de la catholicisation de la Croatie.
Les chiffres sur les conversions, plus de
300 000 au cours de la guerre, obtenues de gré ou de force
, que l'on trouve dans ces rapports au Saint Siège, sont fournis par Monseigneur Alojzije Stepinac qui sera béatifié par Jean-Paul II à la fin des guerres de Yougoslavie des années 1990.
Dans les semaines qui suivent son arrivée au pouvoir, Ante Palevic fait ouvrir des camps de concentration pour les orthodoxes.
Beaucoup des gardiens et des bourreaux des camps de concentrations seront des frères franciscains.
Les moines franciscains vont jusqu’à crucifier des "hérétiques".
bfb00f0476a73aa94990c5ea671d23d1.jpgL'un d'eux, Frère Mirosav Filipovic, sera même le commandant du camp de Jasenovac où plus de 40 000 hommes, femmes et enfants trouvent la mort, des façons les plus horribles.
Dans toute la Croatie, des conversions forcées de masse ont lieu.
Quelquefois, les prélats et les Oustachis célèbrent ces "conversions" avec le sang au lieu de l'eau, pour reprendre un bon mot Oustachi.
2e250e7e3a900725b1f23d8904149bdd.jpgLe clergé participe activement aussi à ces tueries.
Par exemple, le Père Ivan Raguz lance un appel public demandant de tuer tous les Serbes orthodoxes, y compris les enfants, "afin que même la semence de ces bêtes ne reste".
3d23e1be7ddc1dd586f77b36a6350ae6.jpgLe génocide d'orthodoxes par le régime théocratique des Oustachis tue environ
400 000 personnes
.
La Guerre Sainte s'organise sur les bases d’une idéologie nationaliste et ouvertement raciste, mêlée avec des messes, l'Évangile, la Croix et des cantiques, en une véritable Inquisition.
La terreur catholico-nationaliste qui se développe en Croatie est tellement brutale que d'après des sources de l'époque, même les soldats nazis, les soldats fascistes et les SS se disaient eux-mêmes choqués, écoeurés par les méthodes de torture, les assassinats massifs et autres cruautés en vigueur.
Après dix mois de terreur ouverte, le régime des Oustachis recevra la bénédiction de l'Église Catholique, Apostolique et Romaine.
Le représentant du Vatican est au premier rang lors de la cérémonie d'inauguration officielle du Parlement oustachi.
b83324cd9afdfbd2c6385ac8f7416020.jpg809281484f177f73a4f125eefbe7975d.jpgLe pape Pie XII reçoit Ante Pavelich à deux reprises.
Monseigneur Giovanni Battista Montini, qui est alors secrétaire du Vatican et qui deviendra bientôt le pape Paul VI, en remerciements des services ecclésiastiques rendus, reçoit également Ante Pavelich.
Une fois la guerre terminée, le Vatican offre asile, obtient visas et passeports pour qu’Ante Pavelich et les Oustachis se réfugient en Argentine où Juan Peron, grand admirateur de Mussolini, les accueille à bras ouverts.
Juan Peron nomme Ante Pavelich conseiller à la sécurité et lui remet quelques 35.000 visas pour que les tortionnaires Oustachis viennent s'installer en Argentine et créent une force de choc "contre le communisme".
Voilà ce qu’ils ont fait de l’enseignement de Jésus.
Seigneur, aies pitié de ton Église

12.03.2008

Triangles roses

898b1e5e415ee3e2cf6e48bfcc1bc73d.jpgEn France et dans les pays occidentaux, nos luttes semblent porter leurs fruits et l’on nous concède des droits en égalité avec la majorité hétérosexuelle.
Il y a pourtant bien des réticences et même les oppositions se durcissent, comme si notre existence de gays ne pouvait pas être, comme si cette simple égalité que nous demandons n’était pas justifiée.
Les politiciens de droite, les Églises, refuge du conservatisme, nous stigmatisent et nient même notre existence.
Une grande partie de la population nous tolère juste.

Il me semble que ce que nous avons acquis est très fragile et demanderait si peu pour que de nouveau nous soyons des parias, les boucs émissaires devant une vindicte populaire manipulée.
Je me rappelle la situation des homosexuels en Allemagne, pendant la République de Weimar. L’acceptation de l’homosexualité d’une société cultivée et ouverte sur le monde, existait. De nombreuses associations homosexuelles se créent dans toute l’Allemagne.
Et puis il a suffit de si peu, de la crise économique et de la venue au pouvoir d’un "sauveur", Adolf Hitler pour que nous basculions dans l’horreur et la pire des barbaries.
0e34b182d5df82ff70c0ceea575bc610.jpgDes milliers d’homosexuels furent arrêtés dans l’indifférence des gens "normaux", pourtant leurs voisins, leurs collègues de travail…, et déportés vers des camps de rééducation, en fait des camps d’extermination.
2fc4a3d3f7bad799067d70a5752b5759.jpgDans les camps, les homosexuels étaient au plus bas de l’échelle des déportés et ont subis les pires traitements et étaient ceux qui mourraient le plus rapidement. Ils étaient même haïs des autres déportés. Si peu sont revenus.
Et quand ils sont revenus, ils ont du se taire, cacher ce qu’ils avaient subis. Pour les vainqueurs, ce que les homosexuels avaient vécus était normal. Aucune réparation et même compassion!
Dans son poème La guenille consacré à la déportation des homosexuels, André Sarcq écrit "Chaque assassinat d’un homosexuel par un nazi s’est doublé d’un assassinat de sa mémoire par les familles, les politiques et l’histoire officielle. Il y a eu pour chaque homme deux meurtres. Et je suis incapable de distinguer lequel l’emporte dans l’ignoble".
Qui nous défendraient aujourd’hui? On sonne à votre porte, on vous emmène. Vos voisins interviendraient ils? Non, notre vie, nos préférences justifieront forcement cette arrestation. Et l’on vous oubliera bien vite.
N’oublions jamais cela, on nous tolère, c’est tout.
Les gens n’aiment pas la différence.
La norme est tellement rassurante et comme elle est majoritaire, c’est forcement comme cela que l’on doit être.
d2f2e554cebb7f5a99aa16d8fb9cc21c.jpgJe m’interroge comme Jean Cayrol dans ce texte pour le film "Nuit et Brouillard" d’Alain Resnais :
"Qui de nous veille de cet étrange observatoire pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux?
Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre?...
Quelque part, parmi nous, il reste des kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus.
Il y a tous ceux qui n'y croyaient pas ou seulement de temps en temps.
Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, nous qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s'éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d'un seul temps et d'un seul pays, qui ne pensons pas à regarder autour de nous et qui n'entendons pas qu'on crie sans fin"
.
Seigneur, ne nous abandonne pas.

18.02.2008

Mémoire des persécutés

d842bc06a459b84d1affc9ff042eb649.jpgEn France, le Président Nicolas Sarkozy commet une injustice discriminatoire en voulant imposer à chaque enfant de France le souvenir exclusif d’un enfant juif victime du régime nazi.
Les victimes de toutes origines, de toutes entreprises exterminatrices et génocidaires ne sont-elles pas également dignes de mémoire ?
Pourquoi susciter de façon si évidente, le sentiment qu’il n’y aurait de compassion et qu’il ne devrait y avoir de souvenir que pour la souffrance du peuple juif ?
3a302192eb5d6330b70e0440c7d743d8.jpgQue l’on se souvienne, pour que cela ne se reproduise jamais, des enfants juifs déportés et morts dans les camps de concentration nazis est légitime, mais pourquoi se souvenir uniquement des enfants de la Shoah ?

6083bb92ac4be2a1f70be8792fb9b349.jpgNicolas Sarkozy ne fait il pas là de la discrimination à la mémoire ?
Doit-on oublier tous les autres enfants et adultes persécutés de l’Histoire du monde ?


Où est la mémoire des enfants tziganes également déportés et morts dans les camps de concentrations nazis?
Où est la mémoire des enfants arméniens victimes du nettoyage ethnique perpétré par les Turcs ?
Où est la mémoire des enfants russes et des pays de l'Est morts de faim sous le régime de Staline ?
Où est la mémoire des enfants violés, torturés, égorgés par les deux camps pendant la guerre d’Algérie ?
Où est la mémoire des enfants vietnamiens morts, mutilés par les mines ou brulés au napalm ?
Où est la mémoire des enfants cambodgiens victimes des Khmers rouges et du génocide qui fit un million de morts ?
Où est la mémoire des enfants rwandais massacrés à la machette ?
Où est la mémoire des enfants algériens égorgés par le GIA ?
Où est la mémoire des enfants kurdes victimes des régimes turcs ou irakiens ?
Où est la mémoire des enfants bosniaques de Srebrenica et d’autres villes, massacrés pendant la guerre de Bosnie?
Où est la mémoire des enfants palestiniens victimes de la haine et qui n’ont à opposer aux armes lourdes que des pierres ?
Où est la mémoire des enfants irakiens, morts sous les frappes des bombes américaines ou victimes du terrorisme aveugle ?
Où est la mémoire des enfants d'Afrique qui sont morts et meurent encore de faim au Biafra, au Sahel, au Darfour...?
Où est la mémoire des adolescents gays iraniens qui sont exécutés au nom de la religion?
b47b01ddeb78a736dadddd23469c718a.jpg24c4fb59bdad08aff480f8e8a7a334b5.jpg







Doit-on oublier toutes ces victimes?
En France vivent des personnes réfugiés ayant fuit ces massacres commis dans leur pays. Doit-on oublier leurs souffrances et leur exil?
Pourquoi ce racisme dans la mémoire ?
Ne serait il pas mieux que la France reste un pays d’accueil pour tous les persécutés de notre monde, à l’heure où la politique du gouvernement actuel renvoie par milliers des personnes venus trouver ici un peu de paix, de sécurité et de bien être ?
Seigneur, fait que l’on oublie aucune victime de la haine et aide ceux qui aujourd’hui encore sont persécutés.

31.12.2007

Les fleurs de l’éternité

55bf48d94c8f4685f5b402f919b62796.jpgAujourd’hui je voudrai vous faire partager mon émotion à l’hommage qu’a écrit et que chante Harlem pour Grégory Lemarchal, décédé de la mucoviscidose, le 30 avril 2007.
Il parle de cette absence que je connais tellement depuis que la maladie t’a aussi emporté, mon Stanislas.
C’est aussi un appel à la vie et à faire le don total de soi en permettant le prélèvement de nos organes si nous décédons. Pensons y et donnons jusqu’au bout.
La chanson de Harlem : http://www.association-gregorylemarchal.com/mp3/harlem.html
Seigneur, merci pour l’Amour que nous partageons.

09.11.2007

Déportation gay

17c4f28d49d8a7fa98af620ae6e81f04.jpgEn France, le Mémorial de la Déportation Homosexuelle (MDH) a rendu public le 7 novembre les résultats des derniers travaux conduits par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) sur la déportation pour motif d’homosexualité depuis la France pendant la Seconde Guerre Mondiale.
8aab1de2af01f1615d65645323e0c231.jpgLe Mémorial de la Déportation Homosexuelle a publié des données inédites et tout à fait passionnantes d'un point de vue historique.
C'est une équipe basée au Mémorial de Caen qui a travaillé sur la déportation depuis la France d'un certain nombre d'homosexuels dont elle a pu retracer le parcours. Ces recherches font suite à un précédent rapport de 2001, évoquant une première liste de 210 victimes de déportation pour homosexualité.
Le Mémorial explique "Nous avions accueilli ce rapport comme une base de départ, c’est pourquoi nous avions plaidé pour une nécessaire poursuite des recherches sur les archives".
Les conclusions rendues évoquent le sort de 63 victimes dont la déportation pour motif d’homosexualité (depuis la France) est désormais prouvée grâce à des éléments probants (identité des personnes ; date et lieu d’arrestation ; motif de condamnation et date du jugement ; date de remise aux forces allemandes ; date et lieu de départ en convoi ; date et nom du camp d’internement ; date de décès ou de libération ; motif de libération : décès, fin de la peine, enrôlement de force dans l’armée allemande sur le front de l’est, ou libération des camps par les forces alliées).
Si les nouvelles recherches écartent volontairement certains cas pourtant recensés dans le rapport de 2001, c’est pour s’attacher à mettre à jour des parcours complets et donc irréfutables.
8f088364b9c0c566660cebd442f31630.jpgAujourd’hui il est clairement établi que même si elle était marginale (1%), la déportation depuis la France pour motif d’homosexualité est une réalité historique incontestable.
Sur les 63 cas recensés par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD), on apprend que 22 ont été arrêtés en Alsace-Moselle (territoires annexés au Reich), 35 au sein du Reich même et 6 en zones occupées (notamment Paris).
La plupart d'entre eux ont été internés dans des camps, les autres dans des prisons allemandes. L'enquête atteste qu'au moins 11 de ces homosexuels trouvèrent la mort en déportation dont 9 dans un camp de concentration ou un commando extérieur.
Les nouvelles recherches livrent d'autres informations sur des aspects peu connus de la déportation d'homosexuels depuis la France occupée et notamment Paris.
Parmi les 6 cas recensés, on trouve celui d'un artiste dramatique arrêté en 1944 à Paris car il entretenait une liaison avec un Allemand.
Celui encore d'un danseur d’opéra fréquentant les bals homosexuels clandestins de Paris. Arrêté, emprisonné puis remis à la Brigade Mondaine de Paris qui le livre aux forces allemandes en vue de sa déportation.
On découvre aussi l’existence de cas de déportation pour homosexualité de Français travaillant dans le cadre du Service du Travail Obligatoire (STO) en Allemagne. Ainsi, sur 15 Français déportés au camp de Natzweiler au titre du Paragraphe 175, 8 moururent en déportation, 4 restèrent en vie, le destin des 3 derniers reste méconnu.
Le rapport mentionne aussi l’existence d’un Strasbourgeois déporté pour homosexualité ayant tenté de faire valoir ses droits à une pension. En 1964, il sollicite une pension de la Commission Départementale chargée d’indemniser les victimes. Ayant essuyé un refus, il forme un recours et saisit la Commission Nationale qui confirme le refus. Il décide alors de saisir le Tribunal Administratif de sa ville. Il meut le 9 février 1965 à l’âge de 68 ans. N’ayant ni descendant, ni héritier, la plainte disparaît avec lui. Pour le Mémorial de la Déportation Homosexuelle, "les nouveaux résultats révélés viennent valider a posteriori les convictions défendues par le MDH depuis sa création en 1989. Les décennies qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre Mondiale ont été marquées du sceau du tabou, du silence, de l’occultation et même de la négation de la déportation pour motif d’homosexualité".
a7aee7d506cdc6d1669536890b18981e.jpgHussein Bourgi, le président du Mémorial de la Déportation Homosexuelle se félicite que "Grâce à Pierre Seel (premier français à avoir témoigné de sa déportation pour motif d’homosexualité), grâce à l’engagement du journaliste militant Jean Le Bitoux, grâce à la persévérance du MDH, et plus récemment grâce aux travaux des historiens et des universitaires, nous arrivons progressivement à faire la lumière sur cette sombre page de l’Histoire de France".
Il poursuit "Il reste des dizaines de cas mis à jour et dont l’itinéraire reste à reconstituer. C'est pourquoi le MDH demande au Ministre de la Défense et au Secrétaire d'État à la Défense d’inclure la poursuite des recherches sur la déportation pour motif d’homosexualité depuis la France dans la convention triennale (2008-2011) qui sera signée prochainement avec la Fondation pour la Mémoire de la Déportation".
Nous devons nous souvenir de ces gays que l'on a voulu éliminer du seul fait qu'ils aimaient différemment.
Il est important que ces faits soient connus pour que plus jamais une telle horreur puisse revenir.
Seigneur, protège les gays persécutés.

24.03.2006

Hommage à Pierre Seel, déporté homosexuel

De nombreux homosexuels, portant le triangle rose, sont morts dans les camps de concentration nazis où ils étaient les déportés souvent les plus mal traités.
Même après la Libération, les déportés homosexuels ont eu beaucoup de mal et mis de nombreuses années à être reconnu comme des victimes. Comme si ce qu’ils avaient subi comme sévices et humiliations, et même souvent de la part des autres déportés, était normal.
En France, Pierre Seel est le seul déporté homosexuel qui a été officiellement reconnu. Il fût déporté en 1941 au camp de Schirmeck en Alsace, ainsi que son ami Jo, comme lui âgé de dix huit ans. Comble de l’horreur, Jo ce garçon qu’il aimait, fût devant ses yeux, livré nu aux chiens qui l’ont dévoré vivant, la tête coincée dans un seau qui amplifiait ses cris.
Ensuite libéré, Pierre Seel fût en tant qu’alsacien, enrôlé de force dans l’armée allemande.
Après la Libération, il se tût et garda sa douleur pendant quarante ans. Il se maria même et eu des enfants pour essayer d’oublier et rentrer dans la norme. Sa famille ne savait rien de son passé de douleur.
A cinquante neuf ans, en 1982, il se décida, pour témoigner, à révéler ce passé qui lui pesait tant, en en parlant et en publiant un livre en 1994 : Moi Pierre Seel, déporté homosexuel chez Calmann Lévy.
Il mit de nombreuses années à être reconnu officiellement comme déporté.
Pierre Seel est décédé le 25 novembre 2005 et est allé rejoindre, auprès de notre Seigneur, son ami Jo.
Une cérémonie en hommage à Pierre Seel, se déroulera à Paris, le 31 mars à l’Arc de Triomphe, à l’initiative de l’association "Les oubliés de la Mémoire" et en présence de la chorale gay Mélo’men.
La cérémonie prendra place dans le cadre du "ravivage de la Flamme" à 18h30 (rendez-vous des participants à 17h45 à l'angle de l'avenue de Friedland et des Champs-Elysées). Le groupe Mélo’Men interprètera, à l’issue du dépôt de gerbes sur la Tombe du Soldat Inconnu, le "Chant des Marais", hymne européen de la déportation, créé en 1933 dans le camp de concentration nazi de Boergermoor.

13.03.2006

L'enfer de Matthew

Mardi 6 octobre 1998, Matthew, étudiant de 21 ans, boit un verre avec des amis gay au Fireside bar, à Laramie. Ses amis s’en vont et il reste seul devant une bière. Il est abordé par deux garçons qui lui disent qu’ils sont gay et lui demandent s’il veut venir avec eux pour poursuivre la soirée. Matthew accepte. Ils partent en voiture hors de la ville. Là les deux garçons commencent à frapper Matthew à la tête avec la crosse d’un revolver, puis ils l’attachent à une barrière. Matthew les supplie mais ils continuent à frapper et le torturent en lui tailladant le visage et en le brûlant sur tout le corps. Ils finissent par lui briser le crâne. Puis ils partent laissant Matthew attaché, le croyant mort. Matthew reste 18 heures ainsi, dans le coma, avant d’être découvert par un promeneur. Il mourra quatre jours plus tard à l’hôpital…
Une immense émotion s’empare des Etats-Unis. Bill Clinton, alors président, demande aux Américains de prier avec lui pour Matthew. Les associations gays réagissent aussi en organisant des "candlelight vigils", des veillées où chacun vient avec sa bougie.
Ses assassins, Aaron James McKinney et Russel Henderson, tous deux âgés de 22 ans, n’ont en aucune façon essayés de cacher leur crime et n’ont eu aucun remord. Ils ne sont pas gays mais homophobes. Pour eux, tuer un gay est normal !
Il y a quelques semaines était diffusé une émission "Enquête exclusive" sur M6, sur la croisade des évangélistes américains. On y voyait des gens, se disant chrétiens, justifier la mort de Matthew au nom de Dieu et des Ecritures. Terrifiant !
Comment peut on haïr, appeler au meurtre au nom de Dieu qui n’est qu’Amour. Matthew ne demandait que d’être respecté pour ce qu’il était, simplement différent. Il n’avait jamais fait de mal à personne. Il était doux et gentil dirent tous ceux qui le connaissaient. Comment peut on dire que c’est Dieu qui l’a fait mourir, qu’il méritait son sort. Et qu’il est en enfer !
Où est l’Evangile dans tout cela ? Où est l’Amour et le respect des autres qui est l’essence même du message de notre Seigneur?
Voilà où mène la lecture au pied de la lettre des Ecritures.
Et nous devons être vigilants car souvent il n’y a pas loin entre le discours et le passage à l’acte.
Cela devrait faire réfléchir le Vatican, qui à force de déclarations discriminatoires et d’exclusion envers l’homosexualité, porte une grande responsabilité.
Il devrait faire attention que ses jugements ne soient pas pour certains, une justification à la haine.

Ne condamnons jamais l’Amour, quel qu’il soit.
Condamnons le dogmatisme stérile, l’intolérance, la haine, le rejet de la différence, l’exclusion. Et ouvrons notre cœur à l’Amour dans les pas du Christ.
Nous devons de toutes nos forces, expliquer et faire comprendre, que nous les gays, sommes comme tout le monde et que notre amour est semblable à celui des hétérosexuels, pour que plus jamais la haine et l’ignorance ne tuent.
Ne jamais oublier, pour que Matthew ne soit pas mort pour rien.



La Fondation Matthew Shepard a été créé par ses parents pour défendre, en sa mémoire, toutes les victimes de l’homophobie, pour éduquer et aussi pour que des lois punissent la discrimination sexuelle : www.matthewshepard.org