27.06.2008

La beauté

e74d287bcb907757db109ab26cb22d03.jpgAujourd’hui, je voudrai vous faire partager ces paroles du poète allemand, Friedrich Hölderlin dites par son héros Hypérion, dans lequel il s’est personnifié.
La beauté est, pour lui, la chose suprême, elle est éternellement une dans la variété infinie de ses apparitions; elle est tout à la fois divine et humaine.
A notre époque où seul compte la productivité, la consommation, la performance et l’argent, beaucoup peuvent méditer ces paroles.

c6997d1e90ba43524108c0b806067032.jpgLe premier enfant de la beauté humaine, de la beauté divine, c’est l’art. En lui l’homme divin se rajeunit et se renouvelle. L’homme veut avoir conscience de lui-même; alors il donne à sa propre beauté une existence en dehors de lui. C’est ainsi que l’homme a créé ses dieux. Car, dans l’origine, l’homme et ses dieux ne faisaient qu’un; l’éternelle beauté, inconnue à elle-même, existait seule. – Ce que je dis est un mystère, mais ce mystère est une réalité. – Le second enfant de la beauté est la religion. La religion est l’amour de la beauté. Le sage aime la beauté elle-même, la beauté infinie, et qui embrasse tout; le peuple aime les enfants de la beauté, les dieux, qui lui apparaissent sous des formes multiples. – Il en était ainsi chez les Athéniens. Sans cet amour de la beauté, sans cette religion, un État n’est qu’un squelette desséché, sans vie et sans âme, et toute pensée et toute action n’est qu’un arbre dont on a coupé la cime, une colonne dont on a abattu le faîte…

13.05.2008

Parti rejoindre son amour

bb0d3d7f4ba9bf784557ed2231754a01.jpgEn France, Pascal Sevran est décédé vendredi 9 avril à 10h à l'hôpital de Limoges à l'âge de 62 ans, des suites d'un cancer du poumon.
Aujourd’hui mardi 13 mai, un hommage lui sera rendu à 10h30 en l'église Saint-Louis-en-L'Ile de Paris.
97aed0968afd57691496ebb7edbce26e.jpgLes obsèques de Pascal Sevran seront célébrées, dans l'intimité familiale, mercredi 14 mai à 10h à Morterolles, dans le Limousin, là où il possédait sa propriété. Sa dernière volonté, d'être inhumé sous son vrai nom, Jean-Claude Jouhaud, sera respectée.
Né le 16 octobre 1945 d’un père chauffeur de taxi et d’une mère couturière, Pascal Sevran était un autodidacte.
Doté du seul certificat d’études, il rêve de devenir chanteur et fréquente le Petit conservatoire de Mireille. Il y rencontre le philosophe Emmanuel Berl, époux de Mireille et devient son secrétaire particulier.
f5cabf008e0dadb9fa1011cc8aabd2b3.jpgIl commence à écrire des chansons, il en fera quelque 500 dont la magnifique "Il venait d’avoir 18 ans" pour Dalida, qui devient l’une de ses grandes amies. C’est dans la loge de la chanteuse qu’il rencontre en 1977 François Mitterrand, pas encore président de la République, avec lequel il entretiendra jusqu’au bout une amitié indéfectible.
e3af86e8868bdccb7972995c27e2f5a2.jpgA partir de 1984, Pascal Sevran présente "La Chance aux chansons" d'abord sur TF1 puis sur France 2, pendant 16 ans. Pascal Sevran savait nous y faire aimer cette chanson française éternelle et populaire qu’il aimait.
Fin 2000, France 2 décide d'arrêter l'émission. Après une absence de neuf mois, où il n'était pas sûr de revenir à l'antenne, la chaîne publique lui donne l'occasion de revenir avec "Chanter la vie". Le programme débute en septembre 2001. Il n'est pourtant plus le même homme, il parait désabusé.
En 2007, alors qu'il est déjà malade, France 2 suspend ses émissions "Chanter la vie" et "Entrée d'artistes", pour des raisons de santé.
Retiré dans sa maison, il s'est éteint, laissant derrière lui l'image d'un amoureux et d’un défenseur de la chanson française.
Il avait tout et pourtant l’essentiel de sa vie lui avait été enlevé.
Le drame de sa vie qui fait que je me sens très proche de lui, vivant la même chose depuis le départ de Stanislas en mai 2002, est pour lui en 1998 la mort de Stéphane, l’amour de sa vie.
Le 16 octobre 1998, Stéphane Chomont décédait d'une longue maladie à l'âge de 35 ans.
Pascal Sevran, son compagnon, restera inconsolable.
Passionné de littérature, Pascal Sevran était également auteur. Il avait reçu le Prix Roger Nimier en 1979 pour "Le passé supplémentaire" .
a2ea86f96d1de4383cc72cb3cfe13204.jpgIl écrira un très émouvant roman, "La vie sans lui", dans lequel il raconte tout son amour pour ce garçon qui partageait sa vie depuis 16 ans.
Stéphane Chomont était une figure incontournable, chanteur et danseur de l'émission devenue culte "La Chance aux chansons".
De sa propriété de Morterolles, chaque année, de 2001 à 2007, Pascal Sevran écrira un journal intime. C'est avant tout pour Stéphane, que ces livres étaient écrits.
Son père, Jacques, disparaît en octobre 2002. Il l'enterrera au cimetière de Saint Pardoux, au côté de Stéphane, dans le caveau familial.
Pascal Sevran a toujours déclaré que l'amour de sa vie l'y attendait. Il a déjà rejoint son amour dans le ciel et le rejoindra demain dans le caveau familial.
D'ailleurs, dans son 8ème et dernier ouvrage, "La Mélancolie des fanfares", il écrivait "La vie sans lui ce n'est pas le titre d'un livre, c'est ma vie de tous les jours, de toutes les nuits".
Je comprends tellement ce qu’il dit là.
Seigneur, fais qu’il rejoigne son ami dans le bonheur éternel.

14.04.2008

Ce petit geste d’amour

f93eb376d28c686920cc75e54bf77d3d.jpgAujourd’hui, je voudrai vous faire partager cet émouvant passage de De Profundis écrit par Oscar Wilde dans la Geôle de Reading, prison où il a passé deux ans de travaux forcés pour homosexualité.


Partout où se trouve la douleur, c'est terre sainte. Un jour, on comprendra ce que cela veut dire. On ne saura rien de la vie avant cela. M. et des natures comme la sienne peuvent le comprendre. Quand, entre deux agents de police, je fus amené de ma prison à la Cours des Banqueroutes, M. attendit dans le long corridor sinistre, afin de pouvoir, devant la foule qu'une action si douce et si simple réduisit au silence, me soulever gravement son chapeau, tandis que, les menottes aux mains et la tête baissée, je passais devant lui. Des hommes sont allés au ciel pour de plus petites choses que cela. C'est dans cet esprit et avec ce genre d'amour que les saints s'agenouillaient pour laver les pieds des pauvres ou s'inclinaient pour baiser le lépreux sur la joue. Je ne lui ai dit jamais un seul mot de ce qu'il fit là.
Je ne sais même pas en ce moment s'il se doute que j'ai pu soupçonner son geste. Ce n'est pas une chose sur laquelle on adresse des remerciements formels en paroles formelles. Je l'ai serrée dans le trésor de mon cœur. Je l'y garde comme une dette secrète que je suis heureux de penser que je ne pourrai jamais payer. Elle est embaumée et rafraîchie par la myrrhe et les aromates de maintes larmes. Quand la sagesse ne me fut d'aucun profit, quand la philosophie demeura stérile, quand les proverbes et les phrases de ceux qui cherchèrent à me consoler furent comme de la poussière et de la cendre dans ma bouche, le souvenir de ce petit geste d'amour, adorable et silencieux, a descellé pour moi tous les puits de la pitié. Il a fait fleurir 1e désert comme une rose, il m'a arraché à l'amertume solitaire de l'exil pour me mettre en harmonie avec le grand cœur blessé et brisé du monde.

01.04.2008

Humour discriminatoire

f53f22669fdc56e871541c673aa88a13.jpgEn France, l'humoriste Frédéric Martin, fils de l'animateur de télévision Jacques Martin, a été condamné pour avoir injurié en raison de son handicap, le chanteur Grégory Lemarchal, au titre de la loi pénalisant les propos sexistes et homophobes ou liés à la santé et au handicap comme le sont déjà les propos racistes.
e78730996cd04652b90321eda0d308bf.jpgLa 16e chambre correctionnelle de Lyon, qui a suivi les réquisitions du parquet, a en outre condamné mardi 25 mars, Frédéric Martin, au versement de 2.000 euros de dommages et intérêts et à la publication des termes de sa condamnation, qui devront être lus à la télévision.
En effet, le 26 septembre 2006, lors de l'émission "On a tout essayé" sur France 2, animée par Laurent Ruquier et consacrée à la Star Academy, l'humoriste avait désigné lors d'un sketch, le gagnant de la Star Academy 2004, Grégory Lemarchal, du nom de la maladie dont il souffrait, la mucoviscidose.
Lors de l’émission Frédéric Martin avait déclaré "Y en a eu des gagnants (à la Star Academy) : Jenifer, Nolwenn, Elodie Fréger, mucoviscidose et l'amicale Magali!"
99559a52df4f5903b044f7427be21b9e.jpgUne plainte avait été déposée par Grégory Lemarchal, le 23 novembre 2006, pour "injure en raison d'un handicap".
Sa famille, originaire de la région de Chambéry et présente à l'audience, avait poursuivie l'action en justice après la mort de Grégory, le 30 avril 2007.
L'article 33 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, modifiée en décembre 2004, prévoit jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 22.500 euros d'amende pour injure en raison d'un handicap, mais aussi de la santé, du sexe ou de l'orientation sexuelle.
Maître Hervé Banbanaste, avocat de la famille Lemarchal, confirmant une information parue jeudi 27 mars dans Le Progrès de Lyon, a déclaré "Nous sommes satisfaits de cette condamnation. Notre objectif n'était pas d'obtenir des dommages et intérêts mais de faire appliquer la loi quand un individu est réduit à sa pathologie".
f7bb72420def5f7d28282907d1774049.jpgAlain Piriou, porte parole de l’Inter LGBT commente cette décision en estimant que "justice a été rendue".
Il déclare "Traditionnellement, les juges, à raison, n'aiment pas condamner des humoristes, car la satire est indispensable à la liberté d'expression. Frédéric Martin, que je ne connaissais pas avant cette affaire, n'est cependant ni Coluche ni Desproges : son propos n'était pas drôle, il n'était que méchant et, surtout, discriminatoire".
Cette condamnation n’est que justice.
Je souhaite à Frédéric Martin de ne jamais avoir une maladie grave et d’être appelé par les autres du nom de sa maladie, comme s’il n’était plus que cela et non un être humain.
Ses propos montrent son insensibilité et son irrespect de la personne humaine et de la souffrance.
A-t-il un jour parlé avec Grégory qui s’est battu jusqu’au bout contre la maladie avec courage et n’a cessé d’aider les autres malades souffrant de la mucoviscidose?
Seigneur, pardonne à la bêtise.

08.05.2007

Un ange dans les étoiles

medium_Grégory_Lemarchal_14.jpgLe 30 avril 2007, à l’hôpital Foch de Suresnes, un ange quittait la terre.
Sa courte vie est un exemple de courage pour tous ceux qui souffrent de maladies incurables.
Il s’appelait Grégory Lemarchal. Il allait avoir 24 ans et était atteint depuis l’age de 2 ans, de la muciviscidose.
medium_Grégory_Lemarchal_18.jpgDepuis sa victoire de la finale de la Star Academy, le 22 décembre 2004, il n’avait pas pris le temps de s’arrêter. Épuisé après deux ans et demi passées entre studios d’enregistrement, salles de concert et plateaux de télévision, il annonçait en mars 2007 son souhait de faire un break pendant au moins un an. Il voulait se reposer, se ressourcer et préparer son deuxième album près de sa famille, dans la région de Chambéry.
Le 27 avril, ses médecins lui demande de s’arrêter totalement pendant trois mois. Il est très faible et tousse beaucoup. Depuis quelques semaines sa santé se dégradait rapidement.
Grégory n’aimait pas parler de sa maladie. Pour lui "ça n’a jamais été un problème", comme il aimait le dire.
Résolument optimiste, il aimait la vie et fonçait encore et toujours, peut être un peu trop.
Malgré sa maladie il peut intégrer le Château de la Star Academy. Son emploi du temps est aménagé, il bénéficie d’une chambre individuelle et de tous les soins nécessaires.
Il conquiert le public avec sa voix d’ange, sa joie de vivre et son courage.
Ses concurrents deviennent vite ses amis. Il ne montre pas ses souffrances. Il est toujours souriant, disponible. Tout le monde l’aime pour sa gentillesse.
Il profite de chaque instant deux fois plus que ses concurrents. Comme il le dit, c’est l’occasion pour lui de "prendre une revanche sur la vie". Alors il ne s’économise pas et donne tout de lui jusqu’à la victoire. Une victoire dont il dira qu’elle est "un joli cadeau du destin".
medium_Grégory_Lemarchal_12.jpgEnsuite il enchaîne dans un rythme infernal, l’enregistrement de son premier album "Je deviens moi", les promotions des singles, la tournée de la Star Ac’ et sa propre tournée.
Mais sa famille s’inquiète, comment alors qu’il est suivi de très près depuis son enfance, allait il réussir à prendre soin de lui, tout seul, loin de son médecin et de son kinésithérapeute qui le suivent depuis toujours?
Il savait qu’il avait peu de temps et il voulait en faire tellement avant de partir.
Cette vie d’artiste était celle qu’il avait choisie et était tout pour lui. Il s’est donné jusqu’à en mourir.
Mais il a pu réaliser son rêve.
Sa vie est une immense leçon de courage et d’amour.
Maintenant il a rejoint le ciel et y chante à jamais.
On ne t’oubliera pas Petit Prince.
Une très belle chanson de Grégory, "A corps perdu" :
http://videos.tf1.fr/video/musique/gregory-lemarchal/0,,3...

28.12.2006

Le rythme du sacré

medium_Le_grand_silence.jpgJe voudrai aujourd’hui vous parler du film-documentaire de Philip Gröning, "Le Grand Silence", que j’ai vu le week-end dernier.
En 1984, Philip Gröning demande l’autorisation de filmer la vie quotidienne des Chartreux… 16 ans plus tard il reçoit un appel… le monastère accepte.
Ce film est une retraite chez les moines de la Grande Chartreuse qui, vivent à la fois dans la solitude des ermites et en communauté, selon la règle de saint Bruno. La Grande Chartreuse, dans les Alpes grenobloises, a été fondé par Saint Bruno en 1084.
Le réalisateur Philip Gröning a vécu six mois au monastère, partageant les mêmes règles de vie que celle des moines.
Dans notre société saturée de bruits et de tentations, ce film est une véritable retraite intérieure de 162 minutes. C’est un véritable ressourcement, une ode au ralenti, au calme, à un autre rythme de respiration.
medium_Priere_7.jpgLa vie des moines est rythmée par les sept prières en cellule par jour, l'étude et le travail. On accompagne les moines à la cuisine, lors de la distribution de nourriture, lors du ménage, du jardinage, de la coupe du bois de chauffage, de la couture mais aussi dans les récréations joyeuses que sont les promenades, les batailles de boules de neige.
Dans le rythme communautaire est aussi montré aussi la liberté de chacun. Certains moines ont fait le vide autour d’eux, d’autres sont entourés de livres et de cahiers.
La vie se déroule suivant de près le rythme naturel des saisons et le rythme sacré du temps liturgique qui scandent leur vie contemplative, face à Dieu dans le splendide paysage du massif alpin. La rudesse et la beauté de la nature environnante est mise en parallèle, très justement, avec la vie des moines.
medium_Le_grand_silence_17.2.jpgTout le film est rythmé par des petits détails du quotidien et de l’environnement : le gros plan du bénitier, la nature autour du monastère suivant les saisons, la serviette où l’on s’essuie les mains, l’orage, le chapelet, les moments de prière dans la cellule, les psalmodies…
Et aussi ces visages des moines pleins d’humilité et de joie intérieure muette.
Nous sommes invités à partager cette expérience, cette longue immersion dans ce monde de silence et de dépouillement, pour retrouver l’essentiel.
Le silence méditatif presque absolu du film n’est brisé que par les psalmodies récitées en latin lors des prières collectives, par le son des cloches et par la confidence d’un vieux moine aveugle qui nous dit, en résumé de la vie "Tout ce qui nous arrive est pour le bien de notre âme".
Philip Gröning dit avoir découvert lors de cette expérience que "Toute notion de péché, de culpabilité et de rachat est absente. Il n’y a que grâce, gratitude, légèreté. On en sort libéré de la peur, habité par la confiance. On n’a même plus peur de mourir".
Allez voir ce film d’où l’on ressort tellement apaisé et avec cette sensation que là est la vraie vie.

05.06.2006

Au nom de l’Amour

medium_William Nasarre 1.jpgJe voudrai vous parlez d’un livre que je viens de lire :
Confidences dérangeantes d’un homme d’Église par William Nasarre, publié chez Jean-Claude Gawsewitch Éditeur.
C’est une merveille. J’ai été infiniment ému, à certains moments jusqu’aux larmes, en le lisant.
Ce livre nous montre l’extrême désillusion d’un jeune prêtre, l’auteur lui même, face à l'institution catholique.
Il nous parle de ses études semées d’embûches au séminaire puis de sa vie, de ses convictions et de ses émotions de jeune prêtre au plus près de chacun.
Il nous parle aussi de l’amour hétérosexuel ou homosexuel qu’un prêtre peut rencontrer sur son chemin. Il a d’ailleurs quitté l’Église, par amour.
William naît à Jurançon près de Pau dans une famille modeste, croyante mais non pratiquante.
Il a huit ans lorsqu’au cours d’une messe où l’a emmené la petite fille des voisins d’immeuble, il découvre Dieu et sa vocation. Il sera prêtre. Cela ne va plus le quitter.
Il aura du mal à parler à sa famille de son désir.
En 1991, il a dix huit ans et part au JMJ à Czestochowa, en Pologne. A son retour, confirmé dans sa foi, il annonce à ses parents son choix. Il veut entrer au séminaire et devenir prêtre. Ses parents finissent pas l’accepter.
Le 13 septembre 1994, il entre au séminaire de Bayonne. Et là les désillusions commencent, il découvre l’hypocrisie et les intrigues qui règnent parmi les séminaristes et leurs maîtres, bien loin de l’idéal qu’il espérait.
Entre les deux cycles d’études du séminaire, le séminariste doit retourner pendant deux ans à la vie du monde pour éprouver sa vocation. On en imposera trois à William et après son retour au séminaire, on essayera encore de le décourager de devenir prêtre. Il est trop droit, trop pur.
medium_Messe 4.jpgMais malgré un chemin difficile, il ne se découragera pas et sera ordonné prêtre, le 22 juin 2003.
Il sera alors d’abord le prêtre de "tous ceux que l’Église exclut, ces "égarés" que sont les divorcés remariés, les femmes et les hommes adultères, les toxicomanes, les homosexuels…" cela au nom de l’Amour. Il nous dit "Comment l’Église peut elle refuser la communion à ces hommes et à ses femmes qui lui demandent secours?"
Pendant trois ans, il sera le prêtre qu’on aimerait tous avoir rencontré, celui de l’Amour de Dieu pour chacun mais surtout pour les faibles, les rejetés. Car à ses yeux, seul l’Amour compte.
Puis il rencontre l’Amour humain, celui pour une personne, un corps et rompt ses vœux de chasteté. Il décide alors par Amour de quitter l’Église, car elle ne lui donne pas le choix.
Il nous parle de la souffrance de ces prêtres qui aiment dans le secret, qui ont des enfants, qui sont homosexuels.
Il ne dit rien de la personne pour qui, voulant rester honnête avec l’Église, il est parti. Mais il nous rappelle les dernières directives discriminatoires du Vatican au sujet des homosexuels qui voudraient devenir prêtres et nous fait lire des lettres qu’il a reçues, pleines de désespoir. Lui, est il gay et est il parti pour l’Amour d’un garçon?
Sa pureté me touche énormément. Quel courage et abnégation de sacrifier cette si belle vocation pour l’Amour. Quel gâchis aussi que l’Église, par bêtise, laisse partir de tels prêtres qui ont tant à nous donner. Mais il restera prêtre pour toute sa vie et continuera à apporter le réconfort et l’Amour autour de lui.
Je ne le connais pas mais suis si près de lui. Qu’il soit béni et que Dieu le protège toujours.
Lisez ce livre plein d’Amour et d’espoir en l’homme.
Que notre Seigneur soit béni pour l’éternité.

29.04.2006

Le vrai sens de la vie

Je voudrai vous parler de La tentation d’Aaron (Latter Days) de C. Jay Cox, un film magnifique qui m’a beaucoup touché en temps que chrétien et homosexuel. Il nous fait poser la question de savoir quel est le sens de nos vies et où se place le sexe dans celles ci?
L’histoire commence par l’arrivée à Los Angeles, mégapole du plaisir, d’Aaron jeune mormon, venant de Pocatello petite ville de l’Idaho.
Il va loger avec trois autres jeunes mormons. Leur temps doit se passer entre l’étude des Textes Saints et la prédication.
En face de leur maison habite Christian. Il est jeune et très beau. Sa vie se résume à plaire. Il multiplie les rencontres sexuelles, sans doute, pour se prouver, comme chez beaucoup de gays, qu’il existe. Mais il n’est pas vraiment heureux.
Quand il croise le regard d’Aaron quelque chose se passe, il est curieux et attiré.
Par jeu, il parie avec ses amis qu’il arrivera à coucher avec un de ces prédicateurs mormons. Il va choisir Aaron. Aaron, lui, n’est pas insensible à son charme. Mais cela est interdit chez les mormons. Et s’il accepte sa nature, il attend plus qu’une aventure sexuelle. Pour lui, le sexe a un sens.
Leur premier rapprochement se solde par un échec. Christian ne cherche que du sexe (et gagner son pari). Aaron lui dit ce qu’il n’a, sans doute, jamais entendu : il est beau extérieurement, mais vide à l’intérieur . Il lui parle de Dieu et du sens de la vie.
Cela déclanche chez Christian une interrogation sur sa vie et sa vacuité. Et Aaron lui plait de plus en plus. Un soir Christian et Aaron se rapproche de nouveau et échange un baiser. A ce moment, les colocataires d’Aaron les surprennent.
Aaron a failli à sa mission de mormon (l’homosexualité est, pour eux, un péché grave). Il doit rentrer dans l’Idaho pour être jugé par sa communauté dont son père est le chef.
Christian part à sa recherche et lors de l’escale de l’avion d’Aaron à Salt Lake City, ils passent leur première nuit d’amour et échangent des confidences. Ils s’aiment.
Au petit matin Aaron a disparu. Rentré chez lui, il est excommunié et regardé par ses parents comme un monstre. Désespéré, il fait une tentative de suicide. Christian cherche à le retrouver. Arrivant à téléphoner à sa mère, celle-ci lui parle du suicide et lui dit "qu’elle a perdu son fils". Christian pense qu’Aaron est mort.
Il est désespéré. Aaron a bouleversé sa vie. Il n’a plus envie de rencontres égoïstes et sans lendemain. Aaron lui a fait découvrir le vrai sens de la vie. Ce sens que nous ne pouvons pas trouver seul, ce sens que l’autre nous fait découvrir : celui de l’Amour dans le partage et le respect. Et le sexe en est le merveilleux complément et n’a de sens que dans cet Amour sincère.
Aaron lui, après sa tentative de suicide, est enfermé par ses parents dans un centre de redressement avec électrochocs et bains glacés, pour le faire changer. Il s’en échappe et vient à Los Angeles pour retrouver Christian. L’Amour triomphe et les réunit pour un merveilleux chemin à deux.
Aaron accepte sa nature, son amour pour les garçons et Christian a trouvé le vrai sens à sa vie : aimer un garçon de toute son âme et de tout son corps, une merveilleuse façon de dire à Dieu, l’Amour que l’on a pour lui.
Un film touchant, d'une fraîcheur absolue, romantique comme j’aime, dénonçant le fanatisme religieux, luttant pour la liberté et l’Amour.
A voir absolument.

20.03.2006

C’est beau, deux garçons qui s’aiment en musique

Il y a trois jours, vendredi, Jean Marc nous faisait découvrir, sur son blog GayAnglican, le nouveau clip "This is Love" de Jason and deMarco.
Je les adore, voilà déjà un moment.
Le groupe est composé de Jason Warner (c’est le blond qui me fait craquer) et de deMarco DeCiccio (c’est le brun latin lover). Et en plus ils s’aiment, c’est un couple à la ville comme à la scène, sont chrétiens et le chantent. Jason est presbytérien, deMarco est catholique romain.
Ils commencent par des carrières solo, Jason est dans un groupe chrétien d’où il est obligé de partir quand il dit aux autres membres du groupe qu’il est gay, deMarco enregistre des albums de pop en Italie (il est canadien d’origine italienne), Ils se rencontrent en 2001 à Los Angelès, s’aiment et s’installent ensemble. En 2002, ils décident de chanter ensemble et fondent leur duo.
Coté musical c’est de la pop avec de jolies mélodies. Ils ont de très belles voix qui se complètent très bien. Ils chantent Dieu et l'amour.
Leur premier album, en 2002, est un disque de chants de Noël intitulé "The Spirit of Christmas". C’est un énorme succès. En 2003 sort "Songs for the Spirit" , magnifique album où ils chantent Dieu. En 2004 sort l’album "Spirit Pop" où ils chantent leur amour (ils s’aiment et le disent). En 2004 Jason sort également un album solo "Still".
Malgré un milieu chrétien américain conservateur et homophobe leur succès se confirme à chaque album. Ils participent même ouvertement, comme duo gay chrétien, aux festivals pop chrétiens. Ils sont, également, souvent invités pour venir chanter dans les églises inclusives MCC.
Continuez, Jason et deMarco, à vous aimer et à bercer nos amours de vos belles mélodies romantiques qui chantent Dieu et l'amour.
Leur site: www.jasonanddemarco.com