01.11.2009
Heureux
L’Évangile de dimanche de la Toussaint est l’épisode des Béatitudes. (Matthieu 5, 1-12a).
Le mot "heureux", les auditeurs de Jésus le connaissaient bien car il était très habituel dans l'Ancien Testament.
C'est un encouragement à tenir bon. André Chouraqui le traduisait par "En marche", c'est-à-dire en marche vers le Royaume.
Adressée à des gens qui pleurent, cela veut dire qu’il ne faut pas se laissez décourager
Jésus dit dans la première Béatitude "Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux".
Cette béatitude contient toutes les autres.
Evidemment, ce n'est pas une idéalisation de la pauvreté matérielle.
La Bible présente toujours la pauvreté comme un mal à combattre.
Premièrement ceux qui suivaient Jésus n'étaient pas les gens socialement influents, importants et riches. Ils se reconnaissent parmi les pauvres.
Deuxièmement, le mot "pauvres" dans l'Ancien Testament n'a pas toujours un rapport avec la richesse matérielle.
Les "pauvres" au sens biblique, les "anawim", en hébreu "sing Anawah", sont ceux qui n'ont pas le cœur fier ou le regard hautain. Ce sont "les dos courbés" dont parlent les Psaumes, ce sont les petits, les humbles.
Ils ne sont pas repus, satisfaits, contents d'eux, il leur manque quelque chose. Alors l’Éternel pourra les combler.
Cela vous ramène à la parabole du Pharisien et du Publicain.
Le Pharisien pourtant extrêmement vertueux ne pouvait plus accueillir le salut de D.ieu parce que son cœur était plein de lui-même.
Au contraire, le Publicain, notoirement pécheur, se tournait vers D.ieu et attendait de lui son salut, il était comblé.
La qualité dont il s'agit ici, c'est "l'esprit de pauvreté", c'est-à-dire la qualité de "celui qui a pour refuge le nom du Seigneur" comme dit Sophonie.
Il attend de l’Éternel et de lui seul tout ce dont il est question dans les autres Béatitudes.
Il faut que nous soyons capables de miséricorde, c'est-à-dire de pardon et de compassion.
Il faut que nous soyons artisans de paix, que nous soyons doux et non-violents.
Il faut que nous soyons affamés et assoiffés de justice.
La première Béatitude, c'est celle qui nous permet de recevoir toutes les autres.
Tous ceux qui attendent tout de l’Éternel, comme le Publicain, sont assurés que leur recherche sera exaucée parce que l’Éternel ne se dérobe pas à celui qui cherche.
Jésus dira dans ce même discours sur la Montagne, "Qui cherche trouve, à qui frappe, on ouvrira" (Matthieu 7, 8).
Ceux qui cherchent D.ieu de tout leur cœur, ce sont ceux-là que les prophètes appellent également les "purs", ceux qui ont un cœur qui ne cherche que D.ieu.
Alors, ces Béatitudes sont des bonnes nouvelles.
La bonne nouvelle c'est que le regard de D.ieu n'est pas celui des hommes.
Les hommes recherchent principalement le bonheur dans l'avoir, le pouvoir, le savoir.
Mais ceux qui cherchent D.ieu savent que ce n'est pas de ce côté-là qu'il faut chercher.
L’Éternel se révèle aux humbles, aux doux, aux miséricordieux, aux pacifiques.
Jésus disait à ses disciples "Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups" (Luc 10, 3).
De cette manière, Jésus nous apprend à poser sur les autres et sur nous-mêmes un autre regard.
Il nous fait regarder toutes choses avec les yeux du Seigneur lui-même et il nous apprend à nous émerveiller.
Il nous dit la présence du Royaume là ou nous ne l'attendions pas, dans la pauvreté du cœur, la douceur, les larmes, la faim et la soif de justice, la persécution...
Cette découverte humainement si paradoxale nous fait comprendre que c’est notre faiblesse et notre regard d’Amour sur notre prochain qui nous ouvrent les portes du Royaume.
00:05 Publié dans Prières et méditations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chrétiens, juifs



































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