05.07.2009
Manque de foi
L’Évangile de ce quatorzième dimanche du Temps ordinaire est l’épisode où Jésus subit le peu de foi des habitants à la synagogue de son village Nazareth (Marc 6, 1-6).
Jésus a quitté son village de Nazareth au début de sa vie publique pour rejoindre Jean-Baptiste au bord du Jourdain et se faire baptiser (Marc 1, 9).
Puis il a commencé sa prédication en parcourant une partie de la Galilée, il est même allé de l'autre côté de la mer de Tibériade, dans les villes de la Décapole (Marc 5). Quand il s'installe quelque part, Capharnaüm semble être sa ville d'élection.
Il n'est plus question de Nazareth.
Il a choisi ses disciples (Marc 3, 13).
Quant à sa famille quelques-uns le croyaient devenu fou.
Nombreux sont ceux qui ont été séduits par Jésus, par son enseignement et ses miracles, les Pharisiens et leurs scribes, en fait le pouvoir, ont déjà à plusieurs reprises manifesté leur hostilité, certains ont même déjà décidé de se débarrasser de lui (Marc 3, 6). Le crime qu’on lui reproche, guérir des malades, n'importe quand, et même le jour de Shabbat.
Dans ce texte, Jésus revient pour la première fois dans son village de Nazareth.
Sa réputation l'a précédé. Probablement, puisqu'on s'inquiète déjà de lui à Jérusalem (Marc 3, 22).
Ses auditeurs s’interrogent, "D'où cela lui vient-il ... ces grands miracles qui se réalisent par ses mains?"
Jésus, enfant de Nazareth est de retour à la synagogue un matin de Shabbat.
Il est avec ses disciples, "Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent".
Jésus avait déjà rencontré des oppositions, ici, c’est un véritable échec, au point de ne même plus pouvoir accomplir un seul miracle, "Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle".
Les anciens voisins de son village, interrogatifs au début, deviennent peu à peu hostiles.
D’abord, ils se demandent "Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ?... N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous?"
Son enseignement et ce qu'on sait de son action dans la région ont fait de Lui un personnage hors du commun alors qu’ici à Nazareth chacun sait d’où il vient.
Pour beaucoup, il y a incompatibilité entre la grandeur de D.ieu et la modestie de ses origines humaines. Les habitants de Nazareth sont enfermés dans leurs idées sur D.ieu.
Déjà à Capharnaüm, les gens "se demandaient les uns aux autres : Qu'est-ce que cela ? Voilà un enseignement nouveau plein d'autorité ! Il commande même aux esprits impurs et ils lui obéissent" (Marc 1, 27).

Quelques jours plus tard, après la guérison du paralytique, les scribes s'interrogeaient "Qui peut pardonner les péchés sinon D.ieu seul?" (Marc 2, 7).
Sur le lac, après qu'il eut apaisé la tempête, les apôtres se demandaient aussi "Qui donc est-il, pour que même le vent et la mer lui obéissent?" (Marc 4, 41).
A Nazareth (Marc 6, 2), comme à Capharnaüm (Marc1, 22), les assistants ont d'abord été "frappés d'étonnement".
Mais à Nazareth, l'étonnement a viré au scandale.
Marc a choisi volontairement le mot grec "skandalon" qui évoquait la pierre d'achoppement dont parlait Isaïe.
Un chef de chantier se trouve devant une pierre de forme imprévue, soit il l'intègre à sa construction dont elle devient une pierre maîtresse, soit il la méprise, et la laisse traîner sur le chantier, au risque de buter dessus.
Cette image illustrait pour Isaïe, le contraste entre celui qui croit et celui qui refuse de croire.
Pour celui qui croit, le Seigneur est son rocher, sa sécurité, mais ceux qui refusent de croire se privent eux-mêmes de cette sécurité et le choix des autres devient pour eux incompréhensible..
Pierre reprendra la même image en parlant de Jésus, "On trouve dans l'Écriture : Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, choisie et précieuse, et celui qui met en elle sa confiance ne sera pas confondu... mais pour les incrédules, la pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre de l'angle et aussi une pierre d'achoppement, un roc qui fait tomber. Ils s'y heurtent parce qu'ils refusent de croire en la parole" (1 Pierre 2, 6 - 8).
Jésus, comme Ezéchiel, comme Jérémie, comme tant d'autres avant lui, constate que nul n'est prophète en son pays, "Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison".

Et miracle et foi vont de pair, comme on le voit lors de la tempête apaisée (Marc 4, 35-41), de la libération du démoniaque de Gérasa (Marc 5, 1-20), ou de la guérison de la femme et de la fille de Jaïre (Marc 5, 20-43).
Ici, où il n'y a pas de foi, il ne peut pas y avoir de miracle.
Dans so humanité, Jésus ne s'attendait pas à cette réaction, "Il s'étonna de leur manque de foi".
Et pourtant, le texte sur une petite lueur d'optimisme. Même à Nazareth, dans ce climat d'hostilité, Jésus a pu quand même faire quelques guérisons.
Malgré le manque de foi, tout espoir n'est jamais perdu.
00:05 Publié dans Prières et méditations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chrétiens, juifs




































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