28.06.2009

Levons-nous

Jésus guérisseur 19.jpgL’Évangile de ce treizième dimanche du Temps ordinaire est l’épisode où Jésus guérit une femme et ramène à la vie la fille de Jaïre (Marc 5, 21-43).
Les deux récits de miracles sont imbriqués l'un dans l'autre. Il y a d’abord la demande de guérison de Jaïre pour sa fille, puis la guérison de la femme et enfin la résurrection de la fillette.
Il y a douze ans que la femme est malade, l'enfant a douze ans.
Dans un cas comme dans l’autre, la médecine des hommes n’avait rien pu faire.
Pour la femme, Marc précise qu'elle "avait des pertes de sang depuis douze ans... - elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré".
Quant à la petite fille, il rapporte les propos désespérés des proches de Jaïre, "Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le maître?"
Ce qu’attend Jaïre, c’est un rite de guérison pour sa fille, une bénédiction que Jésus va lui donner ou lui transmettre pour la guérir, parce qu’il est un prophète qui guérit, un maître. Jésus a ce pouvoir, comme les prophètes de l'Ancien Testament.
Elie et la veuve de Sarepta.jpgElie a ressuscité le fils de la veuve de Sarepta (1 Rois 17, 17 - 24), Élisée a rappelant à la vie le fils de la Shounamite (2 Rois 4, 18 - 37).
Jaïre, chef de synagogue n’hésite pas devant Jésus, "il tombe à ses pieds et le supplie instamment". Il le fait devant la foule qui le connaît. Il est désespéré.
Nous aussi, nous connaissons ces heures de prière qui viennent de l’angoisse et de l’amour, du refus de l’irrémédiable et d’un appel crié parce que l’espoir de la vie semble s’évanouir.
Jaïre dit "Qu’elle soit sauvée et qu’elle vive!" Jésus ne dit rien, à ce moment-là, pas un simple mot pour tranquilliser Jaïre.
Le silence de D.ieu est parfois pour nous aussi, la réponse à notre prière.
Mais Il accompagne toujours, même quand Il semble ne pas nous répondre immédiatement.
Jésus guérisseur 3 - La femme malade.jpgLa femme malade, qui s’approche dans la foule, ne va pas directement se mettre en face de Jésus. Elle ne se sent sans doute pas digne de parler à Jésus.
Et pourtant elle a appris ce qu’on disait de Jésus, celui qui guérit tant de malades. Elle y a réfléchi et elle se décide, à l’occasion de son passage, de juste toucher son vêtement, "Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée".
Jésus s’étonne de ce contact, car pour lui c’est le contact par la foi qui est important, pas celui obtenu par de simples gestes humains.
Pour Jésus, nous ne sommes pas des personnes anonymes, perdues dans une foule. Il ressent chacun de nos appels personnels.
Nous devons établir un dialogue avec D.ieu. C’est dans un tel dialogue avec cette femme craintive, malade, sans espérance après tant de prescriptions médicales, que Jésus, par delà la guérison corporelle donne l’espérance, la paix et la santé du cœur tout autant que du corps, "Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal".
Jésus guérisseur 6 - La petite fille de Jaïre.jpgAvec discrétion, "des gens arrivent de la maison de Jaïre" et vont au-devant de ce père, le prévenant de la mort de sa petite fille, "A quoi bon déranger encore le maître?", puisque la mort a fait son œuvre.
Jésus a entendu. Il rassure. Il affirme bizarrement "Elle dort", alors qu’il était absent pour recueillir le dernier soupir de l’enfant.
Là encore, Jésus nous invite à vivre dans une perspective de foi, malgré toutes les réalités qui nous apparaissent définitivement perdues, "Crois seulement".
Le pécheur n’est jamais un mort devant D.ieu.
Il peut toujours revivre, car la grâce divine est là toujours prête à lui redonner la vie divine, "Dieu ne se réjouit pas de voir mourir des êtres vivants… il a créé l’homme pour une existence impérissable… Il a fait de lui une image de ce qu’il est en lui-même" (Livre de la Sagesse 1. 13). D.ieu est la Vie.
Jésus guérisseur 4a - Le paralythique.jpgIl nous adresse, autant de fois qu’il le faudra, cette parole "Lève-toi". A nous de nous lever et de marcher.
Jésus demande le secret, et à la différence de la guérison de la femme qui l’a touché, il a juste pris avec lui trois témoins, "Pierre, Jacques, et Jean son frère", ceux-là même de la Transfiguration, ceux-là même de sa Passion, ceux-là même de sa Résurrection.
Garder le silence est nécessaire, parce qu’une telle résurrection pouvait être regardée comme un signe messianique évident et provoquer trop tôt une agitation prématurée.
Il porte donc leur attention ailleurs, sur la jeune fille qui peut avoir faim après la faiblesse d’une maladie qui l’a conduit à la mort, "Donnez-lui à manger".

Commentaires

Il est plus facile de lire l'Évangile ensemble.

Ecrit par : Abraham @ international calling cards | 23.10.2009

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