21.06.2009

Dans la tempête

Jésus - La tempête 1.jpgL’Évangile de ce douzième dimanche du Temps ordinaire est l’épisode où Jésus calme la tempête (Marc 4, 35-41).
Comme les disciples dans la barque, nous sommes aussi tourmentés et agités par le vécu de nos réalités personnelles, par les épreuves, les difficultés, les tristesses, les angoisses, et les autres tourments de l'âme et du corps.
Nos manquements à la volonté de l’Éternel sont eux-mêmes des tempêtes où il nous faut faire appel à Son aide et à Sa miséricorde.
Comme les disciples, nous pensions L'avoir emmené avec nous.
Nous voulions vivre unis à Lui, proches de Lui, dans notre cœur et dans notre quotidien. Et quand, en nous, de grands tourbillons s'élèvent comme les vagues qui emplissaient la barque, nous sommes désemparés.
Nous prenons conscience de notre impuissance, de nos limites.
Notre première réaction, en effet, est de penser que le Seigneur dort et qu'il ne fait rien pour nous sortir de l'embarras.
Enfants à Auschwitz 1.jpgTsunami 1.jpgNous regardons les événements du monde et nous nous demandons, parfois avec indignation, pourquoi l’Éternel ne fait rien pour empêcher telle haine ou telle catastrophe?
Nous crions vers le Seigneur, comme pour le réveiller et pour lui demander d'agir, comme s'il n'était pas toujours à l'œuvre, et comme si nous n'avions aucune responsabilité.
Nous lui disons dans nos prières "Cela ne te fait rien? Nous sommes perdus!"
Job 3.jpgPourtant dans le livre de Job, il est dit "Du sein de la tempête, le Seigneur dit à Job : Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein de l'abîme ; quand je fis de la nuée son vêtement, et l'enveloppai de nuages pour lui servir de langes ; quand je lui imposai des limites, et que je disposai les portes et leurs verrous ? Je lui dis : Tu viendras jusqu'ici ! Tu n'iras pas plus loin, ici s'arrêtera l'orgueil de tes flots!" (Job 38).
L’Éternel, "apaise le vacarme des mers ; le vacarme de leurs flots et la rumeur des peuples" (Psaume 64/65, 8).
Moïse et la Mer Rouge.jpgL'Éternel maîtrise tellement les éléments qu'il les met au service de son peuple, "La Mer Rouge devint une route sans obstacle, les flots impétueux une plaine verdoyante, par où tout un peuple passa, protégé par ta main" (Sagesse 19, 7-8), "Les eaux en te voyant, Seigneur, les eaux, en te voyant, tremblèrent, l'abîme lui-même a frémi" (Psaume 76/77, 17).
Dans le tumulte qui nous envahit, nous refusons que Jésus dorme sur un coussin à l'arrière de la barque.
Mais dans ces moments, la foi doit nous dire que le Seigneur est là, près de nous et avec nous. Même dans notre environnement peut être chaotique, notre psychologie intérieure peut être dévastée, Il est là tout proche.
Comme les disciples l'ont fait, c'est nous qui L'avons emmené dans notre barque.
Mais notre esprit, notre âme est ailleurs et nous Le cherchons là où nous ne pouvons pas Le trouver.
Il se repose mais ne demande qu’à être réveillé pour calmer nos tempêtes.
Il nous invite à retrouver en nous, quoiqu’il arrive, cette paix intérieure habitée de Sa présence.
Alors, ne l’entendons-nous pas dire "N'avez-vous point de foi?"
Jésus - Emmaüs 1.jpgSoyons comme les disciples sur le lac de Tibériade, ou les deux disciples qui accompagnèrent Jésus jusqu'à Emmaüs, le soir de Pâques, disant avec eux au Seigneur "Reste avec nous!" (Luc. 24, 29).
Le but du récit de Marc n’est pas de dire aux disciples qu’ils survivront s’ils font appel à Jésus, mais de leur rappeler que même dans le danger, dans la souffrance incompréhensible, dans la mort, ils ne sont pas abandonnés.
Nous sommes dans un monde animé par la Parole de D.ieu et entourés par sa puissance mystérieuse.
Et qui révélera D.ieu aux hommes si ce n'est pas nous, par notre vie?

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