19.06.2009

Exil

Ménorah 1a.jpgDans le Judaïsme, le siècle qui vient de s’écouler est considéré par l’ensemble des sages contemporains comme étant celle de "Ikvéta diMéchi’ha", "le talon du Mashia’h", la période qui précède immédiatement la Délivrance.
On pouvait s’attendre à ce que cette période soit marquée par une progression globale dans le sens positif. Mais, lorsque l’on voit l’ensemble des évènements du XXème siècle et récents, on constate que cette période est très dure.
Shoah 12.jpgDes guerres terribles, des malheurs effroyables ont frappé l’humanité en général et le peuple juif, une confusion généralisée, une obscurité spirituelle avec la montée de l’athéisme et du fanatisme religieux, et un désespoir croissant.
Où est donc la Délivrance annoncée?
Ces évènements terribles sont ils les stades préparatoires de l’avènement messianique?
Nous voyons que nous continuons à être en exil notamment spirituellement.
Nous sommes au plus profond de l’exil et c’est précisément de cette constatation que découle l’assurance que la Délivrance est plus proche que jamais.
Cet apparent paradoxe est dû à la nature intrinsèque du concept d’exil.
Veau d'or 3.jpgCette errance depuis deux mille ans, n’a pas uniquement pour objet de constituer un châtiment pour les fautes contre Hashem.
En fait l’exil a une autre cause, bien plus profonde.
Le Talmud compare l’exil aux semailles.
Blé - grain.jpgBlé - Champ.jpg





Il donne sur le verset "Je la sèmerai pour moi dans la terre" (Hochéâ-Osée 2, 23), le commentaire suivant, "Si un homme sème un séa’h (une petite mesure) de grain, c’est uniquement dans l’intention de récolter plusieurs kourim (une mesure très abondante)".
Le Talmud explique la teneur de l’exil en lui appliquant ce raisonnement, "Le Saint béni soit-il n’a exilé le peuple juif que dans le but que des convertis s’ajoutent à lui".
Le processus de la germination implique que la graine commence par pourrir et se décomposer dans le sol. Cependant, le résultat final est que la plante qui en résultera produira un grand nombre de grains.
Là où un observateur ignorant ne verrait que pourriture et destruction des semences, l’agriculteur avisé voit la germination de sa future récolte.
Dans cette perspective, la cause superficielle de l’exil est constituée par les fautes des ancêtres du peuple juif, mais sa raison profonde est la tâche et la mission divine qui s’accomplit en exil.
Cette "descente" n’a pour finalité que "l’élévation" qui s’ensuivra et, le jour venu, les bienfaits extraordinaires qui découleront des souffrances de l’exil seront apparents.
La "moisson" sera récoltée à la suite à l’exil.
YHWH 1.jpgLa dispersion du peuple juif a eu pour finalité de diffuser la lumière de la foi en Hashem dans le monde entier et de "délivrer" les étincelles divines qui s’y trouvaient enfouies.
Prière 1.jpgLorsqu’un Juif étudie la Torah ou accomplit une Mitsva quelque part, il sanctifie cet endroit et "délivre" les étincelles de sainteté qui s’y trouvaient depuis la création du monde.
Cela est vrai sur le plan géographique, mais aussi sur le plan spirituel.
Le peuple juif a en effet aussi connu un exil en terme de spiritualité, depuis l’âge d’or spirituel jusqu’à notre époque obscure, dans un processus décroissant.
Tout au long de son exil, le peuple juif a affronté toutes les situations imaginables et subi toutes les conditions, et dans celles-ci il a fait se révéler la lumière de la Parole divine à travers la Torah et les Mitsvot.
Il ne reste plus qu’à achever de triompher de l’ère actuelle de nuit spirituelle sans précédent en vivant une vie empreinte de foi, sans se laisser abattre par l’obscurité de l’exil loin d’Hashem, mais au contraire rester attachés à Sa Parole, et accomplir la mission qu’Il nous a confiée, de préparer le monde entier au dévoilement divin, qui, comme le dit Isaïe, recouvrira le monde "comme l’eau recouvre le fond des océans" (Yéchayâ-Isaïe 11, 9), avec la (re)venue du Mashia’h, très bientôt.

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