31.05.2009
Le don de l’Esprit
L’Évangile de ce dimanche de Pentecôte est l’épisode où Jésus parle du don de l’Esprit (Jean 15, 26-27 et 16, 12-15).
Cinq fois, au cours de son dernier entretien avec ses disciples, Jésus leur promet l'Esprit, qui sera désormais leur soutien.
Il donne à l’Esprit le nom de Paraclet, qui est celui qui est appelé auprès d'eux et qui ne les quittera jamais.
Jésus dit "Moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous toujours. C'est Lui, l'Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d'accueillir parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et qu'il est en vous" (Jean 14, 16-17).
Et il dit encore "Le Paraclet, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit" (Jean 14, 26).
Et il dit encore dans le texte de ce dimanche "Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d'auprès du Père, l'Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage de moi ; et à votre tour, vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement" (Jean 15, 26-27).
Et il dit encore "C'est votre avantage que je m'en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si, au contraire, je pars, je vous l'enverrai" (Jean 16, 7).
Et il dit encore "Lorsque viendra l'Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière, car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu'il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir" (Jean 16, 13).
Si Jésus insiste tant sur le don de l'Esprit, c'est pour rassurer ses disciples alors qu’il va rejoindre le Père.


Les disciples vont devoir reprendre la mission.
Mais Jésus sait bien que ses disciples vont eux aussi être persécutés.
Ils auront besoin du soutien de l'Esprit de vérité.
Jean l'appelle le "Paraclet", le Défenseur qui les soutiendra lorsqu’ils seront persécutés par les hommes.
Ce n'est donc pas pour eux-mêmes que l'Esprit leur est donné, c'est pour qu'ils puissent témoigner authentiquement du message de l’Éternel.
Jésus n'a pas défini autrement sa propre vocation. Au cours de la Passion, il a dit à Pilate "Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité" (Jean 18, 37).
A leur tour, les disciples n'ont pas d'autre raison d'être que de témoigner pour que le monde connaisse enfin la vérité de l’Éternel.
L'Alliance définitive entre l’Éternel et l'humanité ne pourra s'instaurer que quand l'humanité reconnaîtra enfin son D.ieu.
La méconnaissance de l'humanité à l'égard de l’Éternel est présente dans toutes les Écritures.
Dans la Genèse déjà, Adam imagine l’Éternel jaloux de lui.
Dans le désert du Sinaï, le peuple élu assoiffé qui reproche à l’Éternel de l'avoir fait sortir d'Egypte.
Les prêtres du Temple qui rejettent Jésus parce qu’Il remet en cause leur pouvoir et leurs conceptions figées.
Tout au long des Écritures, les prophètes ont alerté le peuple, comme Isaïe qui dit "Écoutez, cieux ! Terre, prête l'oreille ! C'est le Seigneur qui parle : j'ai fait grandir des fils, je les ai élevés, (mais) eux, ils se sont révoltés contre moi. Un bœuf connaît son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître : Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas" (Isaïe 1, 2-3).
Mais l’Éternel ne s'est pas lassé, il sait bien que l'humanité ne peut pas le découvrir toute seule, puisqu'il est le Tout-Autre.
Alors Il interviendra comme le prophète Jérémie le dit "Je leur donnerai une intelligence qui leur permettra de me connaître ; oui, moi je suis le Seigneur, et ils deviendront un peuple pour moi, et moi je deviendrai D.ieu pour eux : ils reviendront à moi du fond d'eux-mêmes" (Jérémie 24, 7).
L’Éternel est le Tout-Autre, nous ne pouvons pas l'atteindre par nos seuls efforts, c'est Lui qui vient se révéler à nous.
C'est pour cela qu'Il nous fait le don de son Esprit.
C’est par lui que le monde parvient à la connaissance de Sa vérité.
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30.05.2009
Bienvenue à vous
Aujourd’hui, jour de Shabbat, je voudrai vous faire écouter le Shalom aleichem chanté par la chorale Kinderlach et Idan Yaniv.
Chant de paix, il marque notamment une forme d’accueil du Shabbat à la maison. Il est toujours chanté avant le kiddoush, la bénédiction sur la coupe de vin, qui se fait avant la séouda, le repas.
שָׁלוֹם עֲלֵיכֶם, מַלְאֲכֵי השָּׁרֵת, מַלְאֲכֵי עֶלְיוֹן, ממֶּֽלֶךְ מַלְכֵי המְּלָכִים, הקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא : בּוֹאֲכֶם לשָׁלוֹם, מַלְאֲכֵי השָּׁלוֹם, מַלְאֲכֵי עֶלְיוֹן, ממֶּֽלֶךְ מַלְכֵי המְּלָכִים, הקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בָּרְכוּנִי לשָׁלוֹם, מַלְאֲכֵי השָּׁלוֹם, מַלְאֲכֵי עֶלְיוֹן, ממֶּֽלֶךְ מַלְכֵי המְּלָכִים, הקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא
Shalom aleichem, mal'achei hassharet, mal'achei Elion, mimmelech malchei hammelachim,
Hakkadosh baruch Hu.
Boachem leshalom, mal'achei hasshalom, mal'achei Elion, mimmelech malchei hammelachim, Hakkadosh baruch Hu.
Bienvenue à vous, messagers du service religieux, anges du Très-Haut, venant du Roi des rois des rois, le Saint-béni-soit-Il.
Venez en paix, anges de paix, anges du Très-Haut, venant du Roi des rois des rois, le Saint-béni-soit-Il.
Écoutons et chantons : http://www.youtube.com/watch?v=HTtC15m_vL4&feature=related
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29.05.2009
Le mont Sinaï
Aujourd’hui, nous fêtons en tant que Juifs, la fête de Shavouot, 50 jours après Pessa’h, la Pâque.
C’est la fête du don de la Torah, par Hashem, à Moshe (Moïse) au sommet du mont Sinaï.
Shavouot, la fête de la Torah se rattache à Jacob, car d'après la tradition, Jacob "assis dans les tentes" sur le chemin qui sépare Be’er Shèva de 'Haran, a voué 14 années de sa vie à l'étude exclusive de la Torah auprès de Sem et Eber. C'est lui qui représente la "Torah", la Loi.
Je voudrai à cette occasion, vous faire partager ce petit poème à méditer.
Quand arriva le moment où Hashem voulut donner la Torah à son peuple, les montagnes commencèrent à se quereller.
Le mont Carmel dit le premier :
"Regardez comme je suis beau!
Regardez tous comme je suis haut!
Bien sûr que ce sera sur moi
Que Hashem donnera Sa Torah!"
Le mont Thabor lui répondit :
"Non, pas sur toi, mais c’est sur mo,
Sur moi que Hashem la donnera.
Je suis le plus élevé
Je suis le plus renommé!"
Le mont Bachan intervint lui aussi :
"Ni sur le Carmel, ni sur le Thabor,
C’est moi qu’on choisira d’abord.
Je suis le plus majestueux
Je suis bien plus imposant qu’eux."
Les montagnes se disputèrent ainsi entre elles, et seul le mont Sinaï garda le silence.
"Je suis tellement petit", pensait-il.
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28.05.2009
Menaces de mort
En Colombie, Radio Diversia, la radio gay colombienne a cessé d'émettre mercredi 20 mai 2009 après des menaces de mort visant son directeur, contraint de quitter le pays, tandis que son équipe a rejoint la "clandestinité".
L’histoire commence le 30 avril avec le vol dans les installations de la radio Radio Diversia, de deux ordinateurs contenant "un fichier avec les identités de tous les membres de la communauté LGBT (Lesbiens, gay, bisexuels et trans) et trav de Bogota".
Quelques jours plus tard, le 5 mai, le directeur de Radio Diversia, Carlos Serrano reçoit un premier courriel menaçant.
Dans le mail, un groupe se faisant appeler "L’Organisation" confirme qu'il est en possession de la base de données des "folles PD" et fixe au directeur un délai de huit jours pour quitter le pays.
"L’Organisation" est un groupe d’extrême droite qui menace les militants de gauche, les prostituées, les travestis et les homosexuels.
A la mi-mai, sur le chat du site Internet de la radio, Carlos Serrano reçoit un nouveau message où il lui est signifié que la menace est "sérieuse" et liée à "son orientation sexuelle".
Mercredi 20 mai, les cinq speakers de Radio Diversia se sont donc adressés pour la dernière fois à leurs auditeurs après près d'un an et demi d'émissions.
Nikita Dupuis, la coordinatrice de la station de radio a éteint ses équipements, débranché les microphones et remis les clefs des locaux au propriétaire.
L'équipe s'est repliée dans d'autres locaux, dont les adresses ont été gardées précieusement secrètes, pour émettre environ une heure par semaine.
Elle a déclaré "Chaque jour, nous étions écoutés par quelque 3 800 auditeurs en Colombie, mais aussi, sur Internet, par des habitants de villes sud-américaines et d'Europe".
Elle poursuit "Nous avions une programmation 24 heures sur 24 et menions des débats pour promouvoir le droit à la liberté sexuelle".
Les Nations Unies ont réagi en condamnant ces menaces tandis que le bureau à Bogota du Haut commissariat des droits de l'Homme a facilité la sortie du pays de Carlos Serrano, directeur de la radio gay.
Encore une fois la haine veut imposer sa loi.
Malgré les condamnations des organisations internationales et de défense des droits de l’Homme, les gays parce que plus visibles et réclamant l’égalité, sont dans de très nombreux pays, de plus en plus victimes de la stigmatisation et de la persécution.
Cette haine est souvent incitée par les déclarations de rejet des Églises, dont se réclament les persécuteurs.
Seigneur, protège la liberté d’expression.
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27.05.2009
Défilés anti-gay et gay
En Roumanie, environ 300 personnes ont manifesté sans incident vendredi 22 mai 2009 à Bucarest contre l'homosexualité, à la veille de la Gay Pride, le cinquième organisé dans la capitale roumaine, et qui a rassemblé environ 200 personnes.


Les manifestants anti-gay, parmi lesquels figuraient des prêtres orthodoxes, portaient des icônes et chantaient des chants religieux, tandis que certains brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Pour une famille normale" et "Dites NON à la sodomie".
Cité par l'agence Mediafax, un responsable du Forum orthodoxe roumain a déclaré "Nous ne sommes pas contre les homosexuels, mais contre leur propagande, qui veut induire l'idée qu'être homosexuel relève de la normalité".
Toujours le même discours hypocrites des Églises.

Une deuxième "Marche pour la Normalité", organisée par l'association d'extrême droite Noua Dreaptă (ND), La Nouvelle Droite Roumaine, a eu lieu samedi 23 mai en début d'après-midi, quelques heures seulement avant le défilé gay.
L'Église orthodoxe, qui avait par le passé apporté son soutien aux marches contre l'homosexualité, s'est démarquée, dans un communiqué, des "associations qui fonctionnent sans (sa) bénédiction et veulent simplement se faire de la publicité" en invoquant son nom.
L'Église a néanmoins qualifié d'"inopportunes" les manifestations qui "nient la dignité de la famille chrétienne traditionnelle et sèment le trouble et la confusion au sein de la société".

Samedi 23 mai, c’est environ 200 personnes qui ont participé dans une atmosphère bon enfant à la Gay Pride de Bucarest, entourée cependant par un impressionnant dispositif policier.
Les manifestants, portant des ballons et des drapeaux arc-en-ciel, se sont rassemblés sur la place devant le gigantesque Palais de Ceausescu, dont les accès étaient bloqués par des policiers anti-émeute.
Alors que des incidents avaient émaillé par le passé les manifestations pour et contre les droits des homosexuels, la gendarmerie a annoncé avoir mobilisé 700 de ses membres pour assurer la sécurité des participants.
Florin Buhuceanu, le président de l'association Accept, organisatrice du défilé, a déclaré "Nous sommes ici au nom de tous ceux qui n'ont pas le courage de descendre dans la rue".
Plusieurs membres du Parlement européen ainsi que les ambassadeurs de Grande-Bretagne, de Suède, de la République tchèque et des Pays-Bas ont également participé à cette manifestation.
Un immense travail est encore à accomplir pour l’acceptation des gays et des lesbiennes par la société roumaine.
Selon un sondage réalisé en septembre 2008 par l'institut Gallup Roumanie, les homosexuels figurent parmi les premières victimes de la discrimination dans ce pays.
68% des personnes interrogées estiment ainsi que l’homosexualité est une "mauvaise chose" et 36% d'entre elles pensent qu'elle devrait faire l'objet de sanctions, allant de l'interdiction de certains droits (55%) à une amende (42%), voire une peine de prison (28%).
En outre, environ deux tiers des personnes sondées ne voudraient pas compter un homosexuel parmi leurs amis, voisins ou collègues de travail.
Seigneur, pourquoi toujours ce refus de la diversité?
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26.05.2009
Menace d’expulsion
En France, un gay algérien arrivé en France en 2000 où il a rejoint une partie de sa famille pour échapper aux difficultés de vivre sa condition d'homosexuel en Algérie, est menacé d'expulsion après une arrestation consécutive à un contrôle de police le 14 mai 2009.
En couple avec un Français depuis 3 ans, il prévoyait de se pacser avec son ami, attendant de pouvoir s’appuyer sur 10 ans de présence en France pour entamer une procédure de régularisation recevable.
Mais cette perspective a été stoppée net par son arrestation à Malakoff, où il réside, suite à un contrôle de police.
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) confirme qu’il a été conduit au commissariat de Vanves pour défaut de titre de séjour, puis emmené vendredi 15 mai au local de rétention administrative de Nanterre.
Il est passé devant le Juge des libertés et de la détention le 16 mai où, et refusant de donner son adresse dans la crainte de représailles envers son ami et sa famille, il a été considéré comme personne isolée.
Le Juge des libertés et de la détention a décidé de maintenir sa mise en rétention au centre de Bobigny.
Le recours contre l'Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière a été rejeté mardi 19 mai, au tribunal administratif de Versailles.
Un risque d’expulsion pèse à tout instant sur les épaules de cet homosexuel algérien.
Vendredi 22 mai au matin, il a entamé au matin une grève de la faim au centre de rétention de Bobigny où il est incarcéré, pour demander sa libération.
Plusieurs personnalités et membres d'associations se sont mobilisés pour demander sa libération immédiate.

Les associations qui le soutiennent, la Ligue des droits de l'Homme (LDH), l'Ardhis, l'Inter-LGBT, les Panthères roses et la commission LGBT des Verts ont déclaré dans un communiqué "En Algérie, il risque une peine de prison de deux ans pour homosexualité. La pression sociale homophobe y est cause de nombreuses agressions physiques".
Marie-Hélène Amiable, la députée-maire de Bagneux, a indiqué dans un communiqué avoir envoyé vendredi 22 mai, un courrier à Eric Besson, ministre de l'Immigration, ainsi qu'aux préfets de Seine-Saint-Denis et des Hauts-de-Seine.
Les organisations signataires de l'appel exigent sa libération immédiate du centre de rétention et demandent la mise en place effective en France du droit d'asile pour les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre dans leurs pays d’origine, comme s'y était engagé le Président de la République, Nicolas Sarkozy pendant la campagne des élections présidentielles.
La Justice française agit elle humainement en séparant ce gay de son ami, en l’emprisonnant comme un criminel et en voulant le renvoyer dans son pays où il sera persécuté?
Notre société ne peut elle pas prendre en compte la détresse de ces gays, rejetés de partout à cause de l’Amour?
N’est-il pas légitime d’accueillir et d’aider ceux que l’on persécute chez eux?
Sommes-nous encore des êtres humains si nous les rejetons?
Seigneur, n’abandonne pas les persécutés à cause de l’Amour.
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25.05.2009
Amour juif orthodoxe
En France, au 62e Festival de Cannes, un premier film israélien remarquablement mis en scène par Haim Tabakman, Eyes wide open, (titre original : Einaym Pkuhot), qui aborde le sujet tabou de l'homosexualité dans la communauté juive orthodoxe, a été découvert, avant sa sortie en salles en France prévue pour l'automne 2009.
Dans Eyes wide open, Aaron, joué par Zohar Strauss, est un boucher respecté de la communauté orthodoxe de Jérusalem, un "juste", marié et père de quatre enfants.
Peu après la mort de son père, il rencontre Ezri, interprété par le célèbre acteur israélien Ran Danker, un jeune homme échoué à Jérusalem.
Ezri veut étudier. Il n'a ni toit, ni famille. Il est beau. On devine qu'il est venu là pour retrouver un homme qu'il a aimé mais qui le rejette.
Aaron accepte de l'employer dans sa boucherie et de l'héberger dans la réserve, à l'étage.
Petit à petit, les deux hommes s'éprennent l'un de l'autre. Et s'aiment.
Cela malgré la réprobation croissante du quartier.
Haim Tabakman souligne que "Les Juifs orthodoxes ne disent même pas que l'homosexualité est mauvaise, ils considèrent qu'elle n'existe pas".
Il ajoute "Ils dénient votre essence, votre identité, votre capacité à aimer quelqu'un".
Aaron se trouve donc déchiré.
Le réalisateur Haim Tabakman dit "Les mêmes règles qui lui interdisent d'être authentiquement lui-même sont celles qui font sens à sa vie en tant que personne profondément religieuse".
Ce long métrage est adapté d'une "tragédie", écrite par le scénariste Merav Doster, il y a sept ans.
Haim Tabakman montre l'attraction d'abord réprimée d'Aaron pour Ezri.
Convaincu de l'importance "de l'usage de l'espace" dans l'image, le cinéaste laisse d'abord les personnages à distance, séparés par le comptoir de la boucherie comme une barrière invisible.
Puis, hors de Jérusalem, loin de l'étouffement du quartier de Mea Sharim, les deux hommes s'assoient l'un contre l'autre.
Dans une scène qui dévoile subrepticement leur proximité, chacun pose son chapeau noir sur une pierre à côté de lui.
Les corps se rapprochent puis se touchent dans un bain rituel, le mikvé, dans la réserve de la boucherie, sur le toit terrasse où Ezri dessine.
Haim Tabakman déclare "J'ai utilisé de longs plans séquences pour les scènes d'amour. Quand vous voyez à l'écran deux hommes orthodoxes avec leur barbe se toucher, il y a d'abord un sentiment étrange mais en prolongeant cette scène, vous pouvez sentir toute l'humanité et la beauté qui s'en dégage".
Mais la menace n'est jamais loin. D'une fenêtre, une voisine observe.
Des tracts anonymes dénonçant "une infamie" circulent dans le quartier.
Aaron délaisse de plus en plus sa famille et le réalisateur sait saisir le gouffre qui s'installe en une scène.
Aaron est rentré chez lui, tard, après être resté avec Ezri. Il est sur la gauche de l'image au premier plan. En arrière-plan, sa femme Rivka part dans leur chambre. Entre elle et lui, un mur et la porte de la chambre qui se ferme.
Aaron s'entête pourtant. Pourquoi ? lui demande le rabbin "J'ai besoin de lui. J'étais mort et je revis".
Le rejet croît. Des tracts, on passe aux pierres dont le réalisateur saisit le bruit sec brisant la vitre de la boucherie.
Les Juifs orthodoxes, qui n'ont en principe pas le droit de regarder des films, verront-ils Eyes wide open?
Haim Tabakman dit "J'espère", pour ceux qui vivent une double vie.
L’homosexualité reste rejetée même niée dans le Judaïsme traditionnel, notamment chez les orthodoxes, les hassidiques qui basent leur rejet sur une lecture littérale de la Torah.
Mais on voit aujourd’hui le Mouvement de Réforme, le judaïsme libéral et le Conservative Judaïsm, le mouvement Massorti avoir un regard d’ouverture.
Pourquoi l’Amour est il condamné alors qu’il est le principal commandement de la Torah?
Seigneur, ouvre les cœurs à la diversité de Ta création.
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24.05.2009
Dans le monde, en vérité
L’Évangile de ce septième dimanche de Pâques est la prière de Jésus à son Père (Jean 17, 11b-19).
Dans cette prière Jésus dit au Père que nous, ses disciples, nous pouvons atteindre cette unité avec Lui et la vivre en vérité.
Jésus veut l'accomplissement du projet de l’Éternel. Ce projet est que le monde créé tout entier, devienne lieu d'Amour et de vérité.
Nous sommes appelés à cette lente transformation.
Pour cela Jésus ne demande pas à ses disciples de quitter le monde.
Ils sont dans le monde, ils y travaillent de l'intérieur, mais s'ils veulent le transformer, ils doivent rester libres, se maintenir à distance des conduites du monde qui ne sont pas conformes au mode de vie du Royaume qu'ils veulent instaurer, "Soyez parfaits comme mon Père" (Matthieu 5, 48).
Au soir du Jeudi-Saint, Jésus demande à son Père que ses disciples, à leur tour, aient et gardent cette perfection, "Consacre-les par ta vérité : "ta parole est la vérité"".
Les disciples ont une foi solide mais il faut qu’ils y persévèrent "en ton nom".
L’adhésion à la connaissance qu’ils avaient de Jésus, doit être aussi l’adhésion à la connaissance du Père. C’est dans ce sens qu’il leur a appris à le dire dans le "Notre Père".
Désormais, il faut qu’ils vivent au quotidien selon la connaissance qu’ils ont de l’Éternel, par Jésus. Le lien qui unit le Père et le Fils, doit être et sera aussi le leur.
Ce nom, cette connaissance, les gardera dans l’unité. Ils pourront être, entre eux aussi, une seule communauté d’esprit et d’âme, dans l’Amour que demandent le Père et le Fils, "Si nous nous aimons les uns les autres, D.ieu demeure en nous" (1 Jean 4, 12).
Dans cette prière à son Père, Jésus ne dissocie pas son humanité de sa divinité.
Durant sa présence immédiate auprès d’eux, il les gardait dans cette fidélité.
Mais il rejoint son Père, sans pour autant être absent de ce monde.
L’Éternel n’est jamais absence. Il est parfois silence pour ceux qui ne savent pas entendre. Il est toujours présence, même quand elle difficile à pressentir.
Ce que Jésus demande pour les disciples, c’est que la joie intense soit en eux, "je parle ainsi, en ce monde, pour qu'ils aient en eux ma joie, et qu'ils en soient comblés".
Si Jésus est venu dans le monde, c’est pour accomplir la mission que le Père lui a confiée.
Jésus ne prie pas pour lui-même, il prie pour ceux à qui il passe le relais, "De même que tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde". Une seule chose compte, que le monde soit sauvé.
A leur tour, les disciples sont chargés de la mission. Jésus ne demande pas qu’ils quittent ce monde, sinon ils ne pourraient pas la remplir, puisque lui-même est venu dans le monde pour cette mission.
"D.ieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui" (Jean 3, 17).
Au moment de la guérison de l'aveugle-né, Jean fait remarquer que le nom de la piscine, Siloé, signifie "envoyé", manière de dire que Jésus est "envoyé" pour ouvrir les yeux des hommes.
Depuis Abraham, en passant par Moïse et par tous les prophètes, chaque fois qu'un homme ou un groupe, et aussi le peuple d'Israël, est choisi par l’Éternel, ce n'est jamais pour son propre bénéfice solitaire, c'est toujours pour être envoyé en mission au service des autres. Jésus demande au Père qu’Il préserve les disciples des mauvais éléments qui sont dans le monde. L’unique chose nécessaire est de les préserver de la contagion du mal, symbolisé par le "Mauvais".
La mission qui est confiée aux disciples doit se faire dans la fidélité, l’unité et la vérité.
D’abord, la fidélité.
Jésus dit au Père "Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné en partage... Quand j'étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m'as donné".
Pour Jésus, cette fidélité consiste à être parmi les hommes le reflet fidèle du Père, désormais, en l'absence de Jésus, ce sont les disciples qui sont appelés à être les fidèles reflets du Père.
Ensuite l’unité.
Jésus dit "garde mes disciples... pour qu'ils soient un comme nous-mêmes", et "Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu'ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé" (Jean 17, 21).
L'objectif commun de tous les disciples, qui est que le monde croie, est le meilleur chemin de notre unité.
Enfin la vérité est la mission que nous confie Jésus.
Jésus dit "Consacre-les par ta vérité : "ta parole est la vérité"".
"Consacrer" veut dire "participer à la sainteté divine", et cela est accordé aux disciples, non pas pour qu'ils désertent le monde, mais pour qu'ils l'habitent à la manière de D.ieu.
Le caractère de la Parole que Jésus est, et qu’Il tient du Père, c’est d’être la vérité.
Puisque Jésus charge les disciples de participer désormais à une mission analogue à la sienne, être fils, ils doivent aussi participer à la sainteté divine.
Jésus s’est consacré en vérité. Il demande à son Père de consacrer les disciples, de les sanctifier "en vérité".
Les disciples dont Jésus parle, sont chacun de nous.
Essayons de vivre la mission qui nous est confiée dans la fidélité, l’unité et la vérité.
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23.05.2009
Ô Jérusalem
Aujourd’hui, jour de Shabbat, je voudrai simplement vous citer les vers 5 et 6 du Tehilim (Psaume) 137.
Puissent ils montrer éternellement notre Amour pour Yerushalay’im, le Royaume promis.
אִם־אֶשְׁכָּחֵךְ יְרוּשָׁלָםִ תִּשְׁכַּח יְמִינִי׃
תִּדְבַּק־לְשׁוֹנִי לְחִכִּי אִם־לֹא אֶזְכְּרֵכִי אִם־לֹא אַעֲלֶה אֶת־יְרוּשָׁלַםִ עַל רֹאשׁ שִׂמְחָתִי׃
Im èchkaH’èkh yérouchalayim tichkaH’ yémini
Tidbak léchoni léH’iki im lo èzkérèkhi, im lo aâlé èt yérouchalayim, âl roch simH’ati
Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma main droite alors se dessèche.
Si je perds ton souvenir, que ma langue s’attache alors à mon palais, si je ne mets Jérusalem au plus haut de ma joie.
Dans le film d’Elie Chouraqui, Ô Jérusalem : http://www.youtube.com/watch?v=EyBZLfcaJMY&feature=related
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22.05.2009
Incitation à la haine
Au Sénégal, Souleymane Ndéné Ndiaye, ministre sortant de l'Économie maritime qui a été nommé Premier ministre par le président du pays, Abdoulaye Wade le 30 avril 2009, a déversé sa haine homophobe, appelant au rejet et à la pénalisation des gays, à l’occasion d’une conférence nationale consacrée à "l’Islam face aux défis de l’heure", samedi 16 mai à l’Institut islamique de Dakar.
Souleymane Ndéné Ndiaye a déclaré, selon les propos rapportés par le quotidien 24h Chrono, "C’est la crise mondiale qui a amplifié les déviations comme l’homosexualité. (…) Cette pratique (…) comme toutes celles qui s’apparentent à elle sont des formes d’agression contre l’Islam".
Le chef du gouvernement a ajouté que l’homosexualité "est un signe de crise des valeurs et d’insécurité".
Il a exhorté les chefs religieux et les croyants à combattre par tous les moyens, cette orientation sexuelle.
Souleymane Ndéné Ndiaye a d’ailleurs appelé son gouvernement à la rescousse en donnant la mission aux ministères de l’Intérieur et de la Justice de trouver comment réprimer les relations entre personnes de même sexe.
Cette déclaration intervient après la condamnation, l'emprisonnement, puis l'acquittement et la libération de neufs jeunes sénégalais.
Condamnés en première instance le 7 janvier dernier à 8 ans de prison ferme chacun, les neufs jeunes sénégalais poursuivis pour "acte impudique et contre nature et association de malfaiteurs" ont été libérés après leur relaxe en appel.
L’association Aides, qui travaillait sur la prévention du sida avec certains des jeunes poursuivis, a indiqué qu'ils demeuraient dans une situation d'insécurité physique et que plusieurs d'entre eux souhaitaient s'expatrier.
Ces propos du chef du gouvernement ont été fortement commentés par la presse locale, une grande partie des médias sénégalais approuvant les appels homophobes.
Le site d’information sénégalais, rewmi.com a réagi en déclarant "Cette position courageuse du Premier Ministre Souleymane Ndéné Ndiaye s’oppose à celle de la France qui s’est battue, comme l’a récemment dit Rama Yade, pour la libération des 9 homosexuels condamnés à 8 ans ferme puis libérés à cause d’un vice de procédure. Il est certain que le chef du gouvernement du Sénégal sera maintenant dans le collimateur des lobbies homosexuels qui sont puissants et qui se battent pour la dépénalisation du délit d’homosexualité".
Dans le quotidien Le Messager on estime que l'homosexualité a pris "des proportions inquiétantes depuis un certain temps, avec notamment le fameux mariage célébré il y a quelques mois par la bande à Pape Mbaye", et on approuve "Souleymane Ndéné Ndiaye en croisade contre l'homosexualité".
Pour le journal Le Matin, le Premier ministre a "lancé la chasse aux "bras cassés"" et parle de "prise de position antioccidentale".
Le quotidien souligne également qu'en faisant une telle déclaration, Souleymane Ndéné Ndiaye est "certainement conscient qu'il peut heurter l'Hexagone et les militants des droits de l'Homme", les autorités et les associations françaises ayant interpellé les autorités sénégalaises à plusieurs reprises sur le sujet.
Le Code Pénal sénégalais réprime "la relation contre-nature avec un individu de même sexe" qui est passible de un à cinq ans de prison ferme et de 100 000 (environ 150 euros) à 1 million de francs CFA (1 500 euros) d'amende.
La publication en février 2008 de photographies dans la presse sénégalaise d'une union gay informelle avait conduit à l'arrestation des protagonistes, ensuite relâchés, et à des diatribes homophobes enflammées.
En août 2008, la justice sénégalaise aurait prononcé une condamnation de deux ans de prison ferme contre un belge et un sénégalais accusés de "mariage homosexuel" et d'actes contre nature.
Le 2 mai 2009, l'Agence de Presse Sénégalaise a révélé que dans la ville de Thiès, la dépouille mortelle d'un homosexuel avait été déterrée par des habitants de son village, refusant de le voir enterré dans le cimetière musulman, et a été traîné sur une distance de 300 mètres jusqu’au domicile de ses parents devant lequel ils l’ont abandonné.
Pendant l'été 2008, à Guinguinéo dans le centre du Sénégal, la tombe d'un homme présenté lui aussi comme homosexuel avait été profanée par des villageois qui refusaient qu'il soit enterré dans leur localité.
La haine et la persécutions sont ordinaires pour les gays au Sénégal.
La société sénégalaise très influencée par les déclarations homophobes des institutions religieuses et du pouvoir politique est majoritairement haineuse à l’encontre des gays.
Et cette homophobie est de plus en plus institutionnalisée par les autorités politiques et religieuses du pays.
Seigneur, protège les gays de la barbarie.
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