02.02.2009
Rupture
Au Vatican, la réintégration par Benoît XVI au sein de l’Église catholique romaine, de Monseigneur Richard Williamson, évêque ouvertement négationniste, donc antisémite, met fin au dialogue judéo-catholique, sans doute pour longtemps.
Quatre jours après avoir levé l'excommunication d'un groupe d'évêques intégristes, dont Monseigneur Richard Williamson, le Saint-Siège a tenté de prendre ses distances avec les déclarations de l'évêque britannique en expliquant hypocritement que la levée d'excommunication ne signifiait nullement que le Vatican partageait ses vues. 
Quant au pape Benoît XVI, il a exprimé mercredi 28 janvier sa "solidarité pleine et incontestable" avec les Juifs.
Mais ce ne sont que de belles paroles diplomatiques.
Dans la communauté juive, horrifiée par les propos de Monseigneur Richard Williamson, on ne se satisfait pas de cette prise de position papale sans suite dans la réalité.
Quelques heures après cette tentative d'apaisement, le Grand Rabbinat d'Israël, plus haute instance du Judaïsme, par la voix de Oded Wiener, son directeur général, a annoncé la rupture de ses relations avec le Vatican pour protester contre la réintégration de ces évêques.
Les grands rabbins d'Israël s’indignent dans un courrier adressé au cardinal Kasper, chargé au Vatican des relations avec les Juifs, où ils déclarent "Il aurait au moins fallu exiger des excuses publiques de cet évêque négationniste avant de le réintégrer".
Dans la foulée, les grands rabbins d'Israël annulent leur venue à Rome, en mars 2009, pour une réunion avec des représentants catholiques.
En Allemagne, le ton est encore plus dur.
Rappelons que l’interview de Monseigneur Richard Williamson par la chaine de télévision suédoise STV a été faite à côté de Regensbourg, une paroisse de Bavière que Benoît XVI considère comme sa patrie.
Le Conseil central des Juifs d'Allemagne, principale organisation juive du pays, a suspendu "pour le moment" tout dialogue avec l'Église catholique, a indiqué sa présidente, jeudi 29 janvier.
Charlotte Knobloch, qui a elle-même survécu à l’Holocauste en étant caché par une famille chrétienne, a en effet déclaré au journal régional Rheinische Post, "Dans de telles conditions, il n'y aura plus pour le moment aucun contact entre l'Église et moi".
Elle a poursuivi "Nous n'avons pas affaire à des gens qui ne savent pas ce qu'ils font. Le pape est l'une des personnalités les plus instruites et les plus intelligentes au sein de l'Église catholique, il réfléchit à chaque mot qu'il prononce".
Elle a estimé que la déclaration du pape Benoît XVI, mercredi 28 janvier, était insuffisante pour normaliser les relations.
Elle a expliqué à l’AFP "Les actes doivent suivre les mots".
Elle a déclaré "Il faudrait à tout le moins que l'on envisage des conséquences" à l'égard de l'évêque négationniste Richard Williamson.
Rien n’est envisagé de ce coté là de la part du pape et du Vatican.
N’est ce pas l’aveu que cette réintégration d’un évêque négationniste donc antisémite est une volonté calculée?
Elle souhaite aussi des réactions de la part des catholiques en déclarant "J'aimerais qu'il y ait un mouvement de protestation au sein de l'Église contre de tels comportements de la part du pape".
Là encore, les réactions sont bien faibles. L’antisémitisme catholique n’est visiblement pas seulement du passé.
Robert Zollitsch, l'archevêque de Fribourg, président de la Conférence épiscopale allemande a répondu en disant "s'efforcer d'avoir rapidement une discussion avec des représentants du Conseil central des Juifs d'Allemagne".
Mais comment va-t-il pouvoir justifier l’injustifiable?
Le 23 janvier, le parquet de Ratisbonne a annoncé avoir ouvert une enquête, car ces propos ont été tenus en Allemagne, où ils sont illégaux.
En France, le Conseil permanent des évêques de France à quant à lui condamné "fermement les paroles inacceptables et scandaleuses" de Monseigneur Richard Williamson, mais ne remet pas en cause la réintégration par le pape Benoît XVI, de l’évêque au sein de l’Église catholique romaine.
Les évêques français déclarent qu’"aucun groupe ecclésial ne peut se substituer au magistère".
Ils se disent en communion avec le pape Benoît XVI "dans l'exercice de la vigilance épiscopale".
Naïveté ou hypocrisie?
Monseigneur Richard Williamson, lui, s'enferme dans le mutisme, derrière les murs de son séminaire, à La Reja, en Argentine.
Alors que l’Église catholique romaine exclu pour motif d’homosexualité, visiblement professer des idées nazis, négationnistes et antisémites n’est pas un motif d’exclusion.
Voilà le vrai visage de cette Église.
Seigneur, protège nos frères juifs de la haine.
00:05 Publié dans Actualités religieuses et/ou gay | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : chrétiens inclusifs




































Commentaires
J'ai relevé sur mon blog quelques autres déclarations de cet évêque. Ce personnage est gratiné....
Ecrit par : RPH | 02.02.2009
Je te reprends.
Ecrit par : Furyo | 02.02.2009
J'ai ajouté un lien sur mon blog en direction de ton papier.
Amicalement,
Ecrit par : simone | 03.02.2009
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