31.12.2008

Immonde

Drapeau France 8.jpgEn France, vendredi 26 décembre 2008, le comédien antisémite d’extrême droite Dieudonné donne la dernière représentation de "J’ai fait l’con" devant 5 000 spectateurs, au Zénith à Paris.
Dieudonné.jpgDieudonné, au bout d’une heure trente de spectacle, accueille sous les applaudissements du public, l’universitaire Robert Faurisson, condamné à de multiples reprises par la justice française en raison de ses théories immondes, négationnistes selon ses opposants ou révisionnistes selon ses partisans, théories qui nient l’existence de la Shoah.
Robert Faurisson.jpgRobert Faurisson fait d’ailleurs actuellement l’objet d’une nouvelle enquête judiciaire pour avoir qualifié l’Holocauste de "religion officielle" qui "continue d’abuser des millions de gens par des procédés grossiers".
Après un échange verbal sur le ton de l’humour avec Dieudonné M’Bala M’Bala, Robert Faurisson reçoit alors sur scène le prix "de l’infréquentabilité et de l’insolence" des mains du technicien de Dieudonné, Jacky, déguisé en déporté juif avec une étoile jaune sur la poitrine.
Ce sketch a provoqué de vives réactions, dans les associations juives et dans les associations antiracistes.
CRIF.jpg"Mascarade odieuse", s'insurge le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), exigeant que les pouvoirs publics "cessent de subventionner les salles où se produit le multirécidiviste Dieudonné".
SOS-Racisme, de son côté, juge que "ce qui s'est déroulé au Zénith de Paris (...) ne peut être considéré comme une simple "provocation"".
L’association s’interroge en déclarant "Chacun des spectacles, et notamment au Zénith de Paris, est une possible occasion d'un dérapage. La question se pose alors : les spectateurs de Dieudonné vont le voir pour rire ou pour huer les Juifs?"
SOS-Racisme déclare également qu’il faut "attirer l'attention sur les personnes assistant aux spectacles de Dieudonné".
Jean Marie Le Pen 4.jpgLe 26 décembre au Zénith, Jean-Marie Le Pen, parrain de la troisième fille de Dieudonné, sa femme Jany et sa fille Marie-Caroline étaient présents dans la salle. L’information, rapportée par un témoin sur place, a été confirmée par Jacques Vassieux, le conseiller régional FN de la région Rhône-Alpes qui a déclaré "Il était dans la salle avec son épouse, Jany, ainsi que de nombreux adhérents du FN".
Étaient également présents ce soir là, l'écrivain Alain de Benoist, plusieurs personnalités d'extrême droite comme Dominique Joly, un conseiller régional FN, Patrick Bourson, un proche de Jean-Marie Le Pen, ou encore l'ancien leader du GUD (Groupe Union Défense), Frédéric Chatillon.
Mais aussi la militante pro-palestinienne extrémiste Ginette Skandrani et le leader radical noir Kémi Seba, ancien responsable du groupuscule Tribu Ka dissous en 2006 par le ministère de l’Intérieur et fondateur du Mouvement des Damnés de l’Impérialisme.
UEJF - Union des Etudiants Juifs de France.jpgCette liste d'invités fait dire à l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) que l'humoriste est un "nouveau leader de l'extrême droite", un constat partagé par SOS-Racisme qui voit dans cet incident "l'affirmation d'une ligne politique, fût-elle brouillonne, d'extrême droite".
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) a laissé entendre qu'il pourrait porter plainte contre Dieudonné.
Sur RTL, Serge Klarsfeld, le président de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France a quant à lui déclaré "Je vis douloureusement" cette "provocation", estimant qu'il s'agissait avant tout d'une "mise en scène" destinée à "renforcer le public de Dieudonné" et qu'il n'y a pas "eu de propos négationnistes" sur scène. De ce point de vue-là, il doute que des poursuites soient possibles.
Dans Le Journal du dimanche, Dieudonné a expliqué qu'il avait invité Robert Faurisson dans un souci de "liberté d'expression".
Triangle rose 1.jpgEtoile jaune.jpgAprès l’homophobe Christian Vanneste qui insulte les gays au nom de la liberté d’expression, le militant d’extrême droite Dieudonné déverse ses propos antisémites, lui aussi au nom de la liberté d’expression.
Tous les appels à la haine ne sont pas et ne seront jamais une liberté d’expression et doivent être condamnés fermement.
La vigilance et l’union sont plus que jamais nécessaires contre la bête immonde.
Seigneur, protège-nous de toutes les exclusions.

Commentaires

... Tout comme l'imam Abou Hammaad Sulaiman Dameus Al-HAYITI, toujours au nom de la liberté d'expression.

Ecrit par : Georges | 31.12.2008

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