01.12.2008

Tentation autoritaire

Drapeau France 8.jpgEn France, après la mort de quatre SDF en un mois en région parisienne, le gouvernement envisage de recourir à l'hébergement obligatoire des sans-abri, proposition qui a suscité un tollé chez les associations s'employant depuis des années à tenter d'amortir la crise du logement.
Christine Boutin 2.jpgChristine Boutin, la ministre du Logement a annoncé le lancement d'une réflexion sur l'opportunité de rendre obligatoire la mise à l'abri des SDF quand la température descend sous -6 degrés, avant d'indiquer sur France Info que ce seuil restait à affiner.
Nicolas Sarkozy, le Président de la République a estimé en Conseil des ministres que le gouvernement a "le devoir et la responsabilité" de "ne pas laisser mourir" les SDF de froid.
Toujours les mêmes paroles chaque année à la même période, à quand les actes?
Samu social.jpgXavier Emmanuelli, fondateur du Samu social, évoquant "le délit de vagabondage" en vigueur jusqu'en 1994 a déclaré que l'hébergement forcé "serait une grave régression".
Il a poursuivi en parlant de la ministre Christine Boutin, "Elle n'y arrivera pas, elle n'a de toute façon pas les moyens légaux de porter ainsi atteinte aux droits de la personne".
Les associations rappellent inlassablement la promesse du candidat Nicolas Sarkozy, le 18 décembre 2006, qui avait dit "D'ici deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid".
Encore une promesse non tenue!
Fondation Abbé Pierre 3.jpgPatrick Doutreligne, secrétaire général de la Fondation Abbé Pierre a déclaré "Nous sommes furieux".
Il a poursuivi "Quelques jours à peine après le jugement contre le Dal et les Enfants de Don Quichotte qu'elle a approuvé, Mme Boutin sort cette idée bête. Une idée qui n'a de réalité que parce que la société a peur d'être accusée de laisser ses pauvres mourir de froid....".
Christine Boutin a fait valoir qu'aucune des 66 personnes installées durablement dans le bois de Vincennes, n'avait accepté de venir dans un centre d'hébergement. Selon elle, il restait 40 places libres en hébergement d'urgence, le week-end du 22, 23 novembre dans le XIIe arrondissement, limitrophe du bois de Vincennes.
Encore faudrait il que ces places d’hébergements d’urgence soient décentes et respectent la dignité des sans abri!
Les enfants de Don Quichotte.jpgJean-Baptiste Legrand, président des Enfants de Don Quichotte, a exprimé son "ras-le-bol".
Il a dit "Chaque année, on pose cette même question de la mise à l'abri. Catherine Vautrin (ministre déléguée à la Cohésion sociale à l'époque) la posait déjà il y a deux ans sur le canal Saint-Martin... C'est compliqué de comprendre pourquoi les gens ne veulent pas aller dans les gymnases? Allez au centre Yves Garrel, dans le XIe, vous comprendrez...".
Emmaüs France 1.jpgDidier Cusserne, délégué général de l'association Emmaüs a annoncé que deux cent soixante-cinq sans-abri sont déjà morts dans la rue cette année.
Face "au manque de places" d'hébergement d'urgence, il a plaidé pour la réquisition.
Il a déclaré "Ce serait le marquage d'une volonté politique", estimant qu'il "ne faut pas qu'il y ait des bâtiments vides autour du bois de Vincennes quand des sans-abri y meurent".
Comme d’habitude quand il a s’agit pour le gouvernement de trouver de l’argent pour les banques, il n’y a pas eu de problème, pour les sans-abri il ne reste rien.
De plus, si les conditions d’hébergement étaient décentes et durables pour les sans-abri, ils y iraient. Ce ne serait pas la peine de vouloir autoritairement les y faire venir.
Seigneur, aide-nous à protèger les faibles et les démunis.

Commentaires

" Seigneur, aide-nous à protéger les faibles et les démunis " - A cela certains ont tendance à rétorquer : " aide-toi et le ciel t'aidera " ce qui leur permet de dormir tranquilles en toute mauvaise foi. Autre suggestion, les églises (jadis) étaient des lieux d'asile ... Les paroisses pourraient peut-être, l'hiver ouvrir leurs portes au lieu de les tenir closes la nuit. Risques de cambriolage ? ...
Le Christ ayant prêché pour les démunis, ce serait l'occasion rêvée pour nos ecclésiastiques de se mettre en accord avec ses préceptes. Tu ne crois pas ?

Ecrit par : Simone | 01.12.2008

Chère Simone,
Merci de ton commentaire.
Je partage entièrement tes interrogations.
Il est en effet facile de rendre responsables les malheureux, de leur malheur.
Il est facile aussi de rejeter la responsabilité de l’aide sur les autres.
La solidarité envers ceux qui sont pauvres, seuls, persécutés nous est demandé à chacun, par notre Seigneur.
Et comment peut on être heureux alors que tant sont malheureux tout près de nous?
Et si nous arrivions à l’être, que vaudrait ce bonheur?
Il suffit souvent de peu pour rendre heureux. Et avec le peu de beaucoup de personnes, cela devient énorme. Un sourire, un regard, une parole, une pièce de monnaie, une écoute, c’est déjà aider et aimer.
Quant à l’accueil, il y a longtemps que l’Église ne le pratique plus. Les églises sont devenues des bâtiments vides d’humanité, ouverts à certaines heures.
Qu’est devenue cette demande de Jésus, "Frappez et on vous ouvrira…"?
Voit-on les prêtres, les évêques sur le terrain auprès des sans-abri?
Quand en 2004, Monseigneur Jacques Gaillot a soutenu les réfugiés dans l’église Saint Bernard, il a été désapprouvé par sa hiérarchie qui a fait expulser les occupants par la Police.
On est en effet bien loin des enseignements de l’Évangile.
A très bientôt.
Fraternellement
Christian

Ecrit par : Dieu nous aime... chrétiens et gay | 01.12.2008

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