07.09.2008
Grâce de Dieu
L’Évangile de ce vingt-troisième dimanche du temps ordinaire est l’épisode où Jésus donne des conseils aux disciples quand ils rencontrent un pécheur (Matthieu 18, 15-20).
Il ne faut pas entendre ce passage, ni d’une manière restrictive ni d’une manière humaine.
Matthieu développe les paroles de Jésus sur les relations fraternelles et sur le pardon dans le cadre d’une communauté où chacun veut et doit vivre avec son frère et sa soeur.
Il ne s’agit donc pas seulement d’une simple relation sociale dans le cadre de la vie de tous les jours.
Cette correction fraternelle a ses origines dans la loi qui régissait le Peuple de Dieu, "Tu n’auras pas de haine, tu ne te vengeras pas, tu aimeras ton prochain" (Lévitique 19, 17).
Et les exégètes ont remarqué le parallèle entre ce texte de l’Évangile et la Règle de la communauté de Qumram où l’on retrouve ces trois niveaux de l’admonestation patiente, faite de respect et d’Amour mutuel, (Romains 1, 8).
Ceux qui passent leur temps à juger leurs frères, n’ont pas à trouver là un argument pour exclure les coupables. La patience doit s’exercer.
Matthieu reprend les paroles de Jésus afin de les poser comme une sorte de règle pour la communauté des croyants et plus largement des hommes, "Quand deux ou trois sont réunis en son nom, je serai au milieu d’eux".
Dans la communauté de l’Église, ce n’est pas parce qu’on est différent les uns des autres par sa spiritualité ou par sa vie qu’un membre doit être méprisé et encore plus, rejeté.
Il ne doit pas y avoir qu’une seule référence dans l’Église.
Ce n’est ni à un groupe ni à une communauté d’en juger et d’en décider. Ils ne sont qu’une "parcelle" de l’Église, "Quand l’un déclare, moi j’appartiens à Paul et l’autre : moi à Apollos, n’agissez-vous pas de manière toute humaine?" (1 Corinthiens 3, 5) et "Il y a diversité de dons de la grâce, mais c’est le même Dieu qui, en tous, met tout en œuvre" (1 Corinthiens 12, 4).
Nous sommes les membres d’un même Corps, même si nous sommes différents, profondément différents.
Dans le texte Jésus parle du péché.
Celui qui commet le péché est à l’origine d’un manque d’Amour à l’égard de son prochain puisque, par là, il se retire, partiellement ou totalement, de la communion où Jésus voudrait qu’il vive.
Quelle que soit l’attitude de celui qui pèche, il faut agir avec Amour et patience.
Nous sommes tous frères et sœurs. Il ne s’agit pas d’une situation juridique, il s’agit de la dette d’amour réciproque que chacun doit à l’autre, amour de son frère pour celui qui pose les remarques, amour attendu de la part du frère qui fait mal aux autres sans en assumer les responsabilités dans sa vie.
Dans nos vies il ne faut pas attendre que les autres nous apportent et oublier d’apporter aux autres.
Même avec celui qui se mettrait en dehors des demandes des enseignements de Jésus, notre amour doit l’accompagner sans cesse, "Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel" (Romains 13, 8).
Jésus dit "Considère-le comme un publicain...", c’est un appel pour qu’il s’aperçoive de son erreur et vive un changement de sa conduite.
Matthieu "publicain" à la table des impôts sait que la grâce de Dieu est entrée dans sa maison quand Jésus y est venu partager son repas avec d’autres publicains.
Lorsque tous les moyens humains n’ont pas été efficaces et en reconnaissant nos limites humaines, nous le confions à la grâce de Dieu qui est Amour pour ce frère, "L’amour ne fait rien de mal au prochain... l’accomplissement parfait de la loi, c’est l’amour" (Romains 13, 10).
Nous devons penser à toutes les paroles de Jésus sur la miséricorde, en particulier sur la brebis perdue qui s’est exclue. Notre Seigneur ne cesse pour autant de la rechercher et de l’appeler à l’Amour.
00:05 Publié dans Prières et méditations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chrétiens inclusifs



































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