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24.07.2008

Église extrémiste

dbf38c8fc093316d3df5aa828c31769d.jpgEn Espagne, il y a depuis quelques années, un processus d’absorption de l’extrême droite espagnole par le parti post-franquiste Alianza Popular, formation refondée dans les années 90 par José María Aznar en Partido Popular (PP).
Pourtant, alors que les formations "ultras" n’obtiennent pas de soutien électoral, le PP capitalise la plupart du vote d’extrême droite.
À l’abri du discours virulent du PP, notamment sur la question basque et sur le processus de paix, les franquistes, falangistes et ultra-catholiques sont en train de reprendre le devant de la scène.
Les manifestations organisées par l’AVT, la principale association des victimes de l’ETA, proche du PP, sont un exemple de l’émergence médiatique de l’extrême droite.
Et surtout il ne faut pas oublier le soutien apporté à cette idéologie par des hauts responsables de l’Eglise catholique romaine espagnole tels que l’archevêque de Pampelune et évêque de Tudela, Monseigneur Fernando Sebastian.
83c1f6dae0f12318a74d34be2bbaad3e.jpgMonseigneur Fernando Sebastian, déjà connu pour ses propos aimables sur le franquisme, avait lors d’élections, dévoilé ses préférences politiques, déclarant que l’idéologie d’extrême droite est "digne de soutien".
Pour faire entendre son message, l’extrême droite a choisi la voie des plateformes civiques. La principale est España y Libertad, composée d’une quarantaine de mouvements proches des fascistes ou d’associations ultra-catholiques.
La principale activité de cette plateforme est juridique: elle n’arrête pas de déposer des plaintes à l’encontre du gouvernement socialiste.
Les "ultras" ont bien sûr salué le soutien apporté par l’archevêque de Pampelune.
Monseigneur Fernando Sebastian a déclaré "Il y a aujourd’hui, en Espagne, certains partis politiques qui souhaitent rester fidèles à la doctrine sociale de l’Église dans sa totalité, comme par exemple Comunión Tradicionalista Católica (CTC), Alternativa Española (AES), Tercio Católico de Acción Política (TEAP), Falange Española de las JONS. Ce sont tous des partis qui ne sont pas pris en compte. Ils ont une valeur limitée qui peut justifier une voix. On ne peut pas les considérer comme obligatoires, mais dignes de considération et de soutien".
Les quatre formations auxquelles l’archevêque fait référence dans son discours sont des partis d’extrême droite et certains ont directement soutenu la dictature franquiste.
f7f807b8038266b2aa29d8cc261600e6.jpgAlternativa Española (AES) a applaudi ces propos, qualifiant l’attitude de Monseigneur Fernando Sebastian de "courageuse". AES est un parti ultra-catholique mené par le gendre de Blas Piñar, fondateur du parti Fuerza Nueva, héritier direct du franquisme.
bfee43535987ff4901161ea1c70979f0.jpgTercio Católico de Acción Política (TEAP) annonce son "ras-le-bol des unions contre-nature" (les mariages homosexuels), "la falsification historique de la Patrie et de ses saines coutumes traditionnelles" ou encore "les mesures contre la natalité", avec notamment la diffusion de préservatifs dans les lycées ou l’avortement.
752c314c639e90eaf4260c7bbe54f13e.jpgQuant à Comunión Tradicionalista Católica (CTC), il s’agit d’un parti réactionnaire historique qui défend la légitimité d’une branche royale des Bourbons différente de celle qui siège aujourd’hui sur le trône du Royaume d’Espagne. Héritier du Carlisme le plus conservateur, la CTC avait soutenu le soulèvement militaire contre la République espagnole en 1936 et avaient joué un rôle prépondérant dans la répression en Pays Basque sud, notamment en Navarre. La Comunión Tradicionalista revendique la "gloire des Espagnes" et se présente comme "le bras armé de la vérité catholique".
2b467152b9a683e672f34fcd79e552ed.jpgFalange Española de las JONS, malgré les scissions successives, est certainement le parti de l’extrême droite espagnole le plus structuré. Le joug et les flèches de son drapeau se voient de plus en plus dans les manifestations convoquées par le PP ou l’AVT.
Parmi les personnalités politiques à avoir défendu l’archevêque on retrouve le président navarrais Miguel Sanz.
b4a27b5b655aeb15c3282cdf3b581c0b.jpgMiguel Sanz, dirigeant de l’UPN, branche régionale du PP, a déclaré qu’il ne critiquera "jamais les propos de Monseigneur Sebastian, parce que son discours est toujours attaché aux valeurs de la liberté et de la spiritualité".
Voilà donc ceux que soutient l’Église catholique romaine espagnole avec la bénédiction, sans nul doute, du Vatican et de son dirigeant le pape Benoît XVI.
Seigneur, qu’ont-ils fait de ton Église?