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20.07.2008

Confiance et patience

1714b91cd4ca0d3693960a3716adb995.jpgL’Évangile de ce seizième dimanche du temps ordinaire est l’épisode de la parabole de l’ivraie (Matthieu 13, 24-43).
L’Évangile d’aujourd’hui est la suite de l’épisode de la parabole du semeur (Matthieu 13, 1-23), Évangile de dimanche dernier.
La parabole dit qu’un propriétaire a ensemencé son champ.
La parabole du semeur insistait sur la qualité du terrain, plus ou moins favorable à une bonne récolte.
La présente parabole fait intervenir un ennemi qui, la nuit tombée, sème au milieu du blé une mauvaise herbe qui risque de l'étouffer.
Le traducteur l'appelle "ivraie", en grec c'est "zizanion", d’où vient l'expression "semer la zizanie, la discorde".
Il est difficile de changer la nature du terrain, mais il est possible d'intervenir pour supprimer l’ivraie.
Mais le propriétaire s'y oppose.
Premièrement, cette parabole veut nous montrer que ce n'est pas Dieu qui a créé le mal, tout comme ce n'est pas le maître de maison qui a semé l'ivraie.
3686180712ea29b60b62fcd5f1695958.jpgLe récit de la création dans la Genèse dit que ce que Dieu a fait était très bon, "Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici cela était très bon. Ainsi il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour" (Genèse 1, 31).
9da789d74f6909c463d432aed5ff5611.jpgPlus tard, le livre de Job, qui aborde longuement le problème de la souffrance, interdisait à Job d'accuser Dieu d'être à l'origine du mal. Il l'invitait à accepter de ne pas tout comprendre et à faire confiance à Dieu pour nous en délivrer.
Jésus s'inscrit dans cette ligne, puisqu'il affirme que le maître de maison n'a semé que du bon grain.
Deuxièmement, c'est au maître de la moisson de faire le tri quand il le jugera bon.
Cela veut nous dire que c'est Dieu et lui seul qui doit déraciner le mal.
Paul dira "Qui es-tu pour juger un serviteur qui ne t'appartient pas?" (Romains 14, 4).
Jésus nous invite à accepter ce mélange permanent de bien et de mal en nous.
Jésus veut aussi sans doute parler de l’arrogance de certaines communautés religieuses de son époque. Certains pharisiens méprisaient ceux qui avaient du mal à respecter toute la Loi et les commandements. Les zélotes eux critiquaient ceux qu'ils considéraient comme trop tièdes.
f16c0fcb35b18d70c194b8490122e4c3.jpgUn jour viendra pourtant où le maître de la moisson dira que l'heure a sonné de faire le tri. Jésus reprend là, le thème du thème du jugement dans toute la Bible.
Le tri se fera en deux, les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. Mais en fait personne n'est entièrement bon, et personne non plus ne peut être accusé d'être entièrement mauvais. Nous sommes tous des êtres avec en nous le bien et le mal.
Quand dans les épisodes de la Bible, les humbles sont opposés aux arrogants, les justes aux méchants, quand Jésus oppose le bon grain et l’ivraie, nous sommes tous concernés.
Alors comment sera t’on jugé?
a30b14f2331604ae1fa834755032e793.jpgEn fait le soleil de justice de Dieu fera germer tout ce qui est bon, et le mal disparaîtra.
Jésus dit que le maître de la moisson qui ne peut pas supporter de voir déraciner le moindre épi de blé avec l'ivraie, ne condamnera pas en nous le bien avec le mal.
A l'histoire de l'ivraie, Jésus ajoute deux autres paraboles, celle de la graine de moutarde et celle du levain.
Les deux paraboles précédentes décrivaient tous les obstacles à la croissance du Royaume. Celles-ci montrent la puissance intérieure qui fera grandir le Royaume.
La graine de moutarde et le levain sont tous deux enfouis et disparaissent, la graine pour devenir un grand arbre, et c’est grâce au levain que la pâte lève. Jésus nous invite à la confiance, à la patience et à l'humilité.
La petitesse de la graine ou du levain donne un résultat de grande taille.
Patience, la moisson viendra.
Si Dieu se montre patient, c'est parce qu'il ne faut pas risquer de perdre de bonnes gerbes en arrachant les mauvaises herbes. Mais c'est surtout parce qu'il ne désespère jamais de transformer l'ivraie de nos cœurs en bon grain.