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06.07.2008
Doux et humble de cœur
L’Évangile de ce quatorzième dimanche du temps ordinaire est l’épisode où Jésus veut nous soulager de notre fardeau (Matthieu 11, 25-30).
Jésus dit "Prenez sur vous mon joug".
Un joug est une pièce de bois, très lourde, très solide, qui attache deux animaux, deux bœufs normalement, pour labourer. Ils conjuguent leurs forces et le plus puissant des deux imprime son pas à l’attelage.
Au sens figuré, "Prendre le joug" suggère donc que l’on s’attache à quelqu’un pour marcher du même pas, attelés à la même tâche.
Dans l’Ancien Testament et dans le Judaïsme, cette expression évoque l’Alliance entre Dieu et son peuple. "Prendre le joug de la Torah" c’était s’engager à suivre la Loi de Dieu, s’atteler à Dieu.
Pour un Juif, le service de la Torah n’est donc pas un fardeau trop lourd, c’est le chemin du vrai bonheur. Ben Sirac le Sage disait "Tu trouveras en elle (dans la pratique de la Loi) le repos, elle se changera pour toi en joie" (Sira 6, 28).
Jésus fait lui aussi le lien entre le joug de la Torah et le repos, "Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples", c’est-à-dire pratiquez mes commandements "et vous trouverez le repos" .
Jésus ajoute "Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger".
Il veut dire que son fardeau est facile à porter et que ce n’est pas le cas de celui de tout le monde.
D’ailleurs, Jésus dit "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau" .
Certains Pharisiens avaient en effet transformé la pratique de la Loi en un cortège d’obligations d’une grande contrainte. C’est à leur propos que Jésus disait aux foules "Les scribes et les Pharisiens siègent dans la chaire de Moïse : faites donc et observez tout ce qu’ils peuvent vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes alors qu’eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt" (Matthieu 23, 2-4).
Et, une majorité du peuple avait bien du mal à observer la totalité des commandements que les autorités religieuses leur imposaient et ils sentaient le mépris dont ils étaient l’objet.
Jésus propose donc à ses disciples de déposer ces fardeaux trop lourds, "Prenez sur vous mon joug... et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger".
Le joug de Jésus, c’est la loi d’Amour, et c’est lui qui nous donne la force d’aimer.
Le repos, c’était également un mot familier aux auditeurs de Jésus.
L’Ancien Testament présentait la Terre Promise comme le lieu du repos accordé par Dieu à son peuple. Et quand le peuple était infidèle à la loi, Dieu dit "J’ai dit : ce peuple a le cœur égaré, il n’a pas connu mes chemins... Jamais ils n’entreront dans mon repos" (Psaume 94 (95).
Et Jésus s’identifie à Dieu en disant "Moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger".
Les représentants de la religion étaient agacés par ces propos.
Mais ceux qui "peinaient sous le poids du fardeau", étaient attirés par l’attitude de respect et d’attention à chacun de Jésus, lui qui était "doux et humble de cœur".
Alors Jésus s’émerveille car les "tout-petits" comprennent son message, "Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté".
Jésus est dans le respect de l’Ancien Testament qui a toujours déclaré que toute vraie sagesse, toute vraie intelligence ne peuvent venir que de Dieu. Chaque fois que Jésus est mis devant l’évidence de la foi, il manifeste sa joie et sa reconnaissance au Père.
Jésus s’émerveille ainsi de l’intimité que lui offre son Père, "Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler".
00:05 Publié dans Prières et méditations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chrétiens inclusifs

















