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04.05.2008
Gloire à Dieu
L’Évangile de ce septième dimanche de Pâques est l’épisode de la prière de Jésus avant de rejoindre le Père (Jean 17, 1b-11a).
Le texte nous fait entrer dans la prière de Jésus au moment même où il va rejoindre son Père "Je viens vers toi". Car c’est l’heure du grand passage. Jésus dit "Père, l’heure est venue". Cette heure dont il a parlé à plusieurs reprises, au cours de sa vie terrestre. Il semblait la désirer et la redouter à la fois.
Dans ce passage de l’Évangile, certains mots reviennent avec insistance, la gloire et la glorification, les verbes connaître et reconnaître, donner la vie, la gloire, le monde.
Jésus veut nous faire comprendre les liens qui unissent ces divers thèmes.
D’abord le rapport gloire-connaissance. Il est évident que nous avons du mal à connaître Dieu, il est au delà de notre intelligence. De plus, nous nous faisons de lui une idée fausse.
Si l’on insiste tant sur la confiance en Dieu, c’est que plus ou moins consciemment, nous nous méfions de lui.
Glorifier Dieu revient à surmonter cette défiance pour le reconnaître tel qu’il est, c’est-à-dire Amour infini.
Mais savons-nous vraiment ce qu’est l’Amour? Nous devons dépasser les définitions intellectuelles. C’est comprendre ce que va accomplir le Christ donnant sa vie pour les hommes, "il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" (Jean 15, 13).
Et Jésus va se soumettre à la méchanceté des bourreaux que nous sommes tous d’une manière ou d’une autre. Il va aller jusqu’au plus bas de notre détresse, pour que tout homme sache qu’il n’est pas d’enfer où Dieu ne soit venu le rejoindre, et le chercher.
Il y a unité de Dieu, de Jésus et des hommes dans la gloire.
Être Dieu, c’est donc donner la vie, et aussi donner sa vie.
Le reconnaitre revient à entrer nous-mêmes dans la vie éternelle de Dieu. Alors, nous nous mettons à exister vraiment, puisque nous devenons semblables à lui. D’où la conséquence d’avoir nous aussi à donner notre vie, comme Jésus.
C’est là que nous rendons gloire vraiment.
Mais l’action de grâce, pour être vraie, ne doit pas être seulement mentale, elle doit aussi se vivre dans nos vies quotidiennes.
Au-delà de la compassion, la Croix est aussi source de notre joie et de notre foi en celui qui va donner sa vie pour nous.
Ce don est sa gloire, une gloire que nous devons finalement partager, puisque "connaître" et "faire un" sont équivalents dans le vocabulaire biblique.
C’est pourquoi Jésus dit "Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un…" (Jean 17, 22).
Le thème de l’unité de Jésus avec le Père et de notre unité avec lui est présent dans tout le texte. Et chose extraordinaire, cette unité ne gomme pas les différences, mais les valorise.
Une des manifestations majeures de la gloire de Jésus est de neutraliser la mort en la vivant. Là, Dieu est révélé comme celui qui est vivant et donne une vie indestructible.
Jésus dit "Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde alors que moi, je viens vers toi".
Le terme "monde" est très ambigu dans le discours d’adieu de Jésus, comme dans toute la Bible. Tantôt il signifie l’ensemble de la création, et l’humanité en particulier, tantôt il désigne ce qui reste étranger et hostile à Dieu, et par conséquent à l’humanité, car c’est l’homme qui crée ce qui le détruit.
Dieu n’abandonne pas ce monde mais vient le sauver. Le sauver consiste à le faire parvenir à l’image divine, à l’Amour et cela ne peut se faire que par le chemin de la liberté humaine.
Nous vivons dans un monde où il y a si peu d’Amour. Seul compte la volonté de posséder et de dominer. C’est un monde qui continue à crucifier.
Le Christ ressuscité a t’il totalement gagné? On constate tristement qu’il reste en proie au mal du monde, souffrant dans son corps qui est notre humanité.
Nous sommes toujours dans l’attente de l’ultime manifestation de la Gloire de son "retour". "Car c’est en espérance que nous sommes sauvés" (Romains 8, 24).
Mais cette espérance est déjà la présence du salut.
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