17.04.2008
Voyage contesté
Les États-Unis ont accueilli hier 16 avril le pape Benoît XVI pour un voyage de six jours à Washington et New York. Si George W. Bush lui réserve un accueil complice, les gays catholiques américains lui demandent de reconnaître les dégâts causés par ses prises de position sur la communauté gay.
Le pape Benoît XVI a dit aux citoyens américains dans un message vidéo diffusé quelques jours avant son départ "Je sais que le message de l'Évangile est profondément enraciné dans votre pays".
Quand il déclare cela on sait à quelle sorte de message il pense, celui d’une Église intransigeante et réactionnaire.
Le pape connaît bien les États-Unis pour y être allé à cinq reprises alors qu'il était préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi auprès de Jean-Paul II.
Ses prises de position discriminatoires sur l'homosexualité qualifiée de tendance portant au "mal moral" lui avaient valu d'être chahuté par les associations gays en 1988 à New York.
Le pape allemand constate qu'il n'est pas entendu lorsqu'il appelle l'Europe à "un renouvellement éthique et spirituel puisant dans ses racines chrétiennes".
En revanche, en recevant le 29 février le nouvel ambassadeur des États-Unis auprès du Saint Siège, Mary Ann Glendon, il s'est réjoui de "l'importance que le peuple américain a dès le début attribué au rôle de la religion dans le débat public", et aujourd'hui encore notamment sur les questions de la famille, de l'euthanasie et de l’homosexualité.
Voilà pourquoi son choix de se rendre aux États-Unis n'est pas neutre.
Il est d'ailleurs accueilli de façon exceptionnelle par George W. Bush qui place la religion au premier rang des valeurs qui dictent sa politique.
Pour la première fois en plus de sept ans de présidence, le président américain a fait le déplacement pour recevoir un chef d'État, en la personne du pape, à sa descente d'avion.
Ensuite Benoît XVI qui fêtait son 81ième anniversaire, a été reçu à la Maison Blanche.
Le président américain est à bien des égards le type d'homme politique dont le pape apprécie les vues. Il est un dirigeant qui ne cesse de mêler politique et valeurs chrétiennes, enfin ce que lui appelle valeurs chrétiennes.
Hostile à l'avortement, à l'euthanasie, à la fécondation artificielle, au mariage homosexuel, partisan de l'abstinence sexuelle comme remède à l'épidémie de sida, George W. Bush affiche un grand nombre de positions qui cadrent parfaitement avec la doctrine réactionnaire du Vatican.
Mais l'Amérique chrétienne n'est pas faite d'un seul bloc. Les minorités y sont nombreuses, organisées et fortes.
La communauté homosexuelle a bien l'intention de se faire entendre lors de cette visite papale et de dénoncer les positions de Benoît XVI contraires et même hostiles aux droits civils des personnes gays.
Le pape va devoir faire face à la protestation des organisations gay et lesbiennes et notamment des catholiques gays.Ceux-ci ont interpellé la presse et entendent manifester.
L'envoyé du Pape aux États-Unis pour préparer cette visite a déjà qualifié de "regrettables" ces contestations.
L'organisation Dignity USA soutient une série de manifestations à Washington et New York. Le plus ancien mouvement gay catholique a demandé en particulier au pape de "reconnaître les dégâts causés par ses prises de position sur la communauté gay".
Mais y a-t-il encore quelque chose à attendre pour les gays, du Vatican et de son dirigeant homophobe, le pape Benoît XVI?
Seigneur, qu’ont ils fait de tes enseignements?
00:05 Publié dans Actualités religieuses et/ou gay | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Chrétiens inclusifs



































Commentaires
Pour ne pas parler que du négatif :
"Je ne parle pas d'homosexualité mais de pédophilie, ce qui est autre chose. (...) Nous exclurons les prêtres pédophiles du sacerdoce."
- Benoît XVI aux États-Unis, lors d'une rencontre avec la presse.
Ecrit par : Seb | 18.04.2008
Cher Seb,
Merci de ton commentaire.
Cette petite phrase de Benoît XVI me parait simplement dire qu’il fait une différence entre la pédophilie et l’homosexualité.
Mais cela change t’il ses positions discriminatoires sur l’homosexualité? Surement pas.
Est il revenu sur ses condamnations quand il dit que l’homosexualité est "un comportement désordonné", quand il dit que l’amour homosexuel est "un amour faible"…?
Remet t’il en cause l’"Instruction de la Congrégation pour l’Éducation catholique sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l’admission au Séminaire et aux Ordres sacrés", du 4 novembre 2005, demandant de rejeter les gays des séminaires?
L’Église exclura les prêtres pédophiles du sacerdoce mais exclut aussi les prêtres homosexuels.
Je ne vois donc pas ce qu’il y a de nouveau et de positif dans cette petite phrase.
Les gays n’ont rien à attendre de Benoît XVI et du pouvoir dogmatique, moraliste et hypocrite du Vatican.
A très bientôt.
Fraternellement
Christian
Ecrit par : Dieu nous aime... chrétiens et gay | 18.04.2008
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