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31.03.2008
Demande d’aide
Au Royaume-Uni, en Écosse, un jeune gay syrien demande l'annulation de son ordre d'expulsion.
Jojo Jako Yakob, un jeune gay syrien de 19 ans, risque l'expulsion vers son pays d'origine, où l'attendent probablement la torture et une condamnation à mort pour homosexualité.
Le jeune homme avait été arrêté en Syrie il y a deux ans à cause de son orientation sexuelle, puis emprisonné et maltraité par la police, au point d'avoir sombré dans le coma. Il s'en est finalement sorti, réussissant à fuir vers le Liban en se cachant dans un camion, et arrivant en Écosse, grâce à un faux passeport.
C'est précisément pour cette raison qu'il est arrêté au Royaume-Uni et qu'il risque l'expulsion, mais il vient de faire une demande au ministre de l'Intérieur, afin que celui-ci annule l'ordre.
Pete Wishart, porte-parole écossais du ministère de l’Intérieur semble déterminé à aider Jojo Jako Yakob.
Le parlement écossais, impuissant en ce qui concerne les problèmes d'immigration, a en outre approuvé une motion de soutien à la cause du jeune homme.
Jojo Jako Yakob a raconté à quelle point sa captivité syrienne était traumatisante, racontant par exemple comment Hassam, un autre gay condamné à 25 ans de prison, était régulièrement soumis aux électrochocs.
Les associations de lutte pour les droits des gays ont demandé à ce que l'asile soit automatiquement accepté pour les homosexuels menacés de mort dans leur pays d'origine.
Sami Khiyami, l'ambassadeur syrien à Londres, a répondu par le biais d’une déclaration consternante, "En Syrie il n'y a pas d'équipes dédiées à la chasse aux homosexuels même s'il s'agit d'un délit. Les personnes ne sont pas incarcérées pour cela. Pour nous l'homosexualité est une maladie qui peut être soignée, une position analogue à cette du Vatican".
Belle référence que celle de l’Église catholique romaine, qui montre bien qu’entre les positions et les déclarations discriminatoires, et la persécution physique et morale, il y a très peu.
Le Vatican est donc une référence morale pour les tortionnaires.
Seigneur, fais que ce jeune gay syrien soit accueilli et protégé.
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30.03.2008
Croire
L’Évangile de ce deuxième dimanche de Pâques raconte deux apparitions de Jésus aux apôtres, après sa mort et sa résurrection (Jean 20, 19-31).
On distingue trois parties dans le texte : l’apparition du Jour de Pâques, l’épisode de Thomas, et la conclusion.
Il y a d’abord l’apparition, le soir du premier jour de la semaine, juive, du jour où Jésus ressuscita.
"Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que par crainte des juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées".
C’est une apparition qui résume toutes les autres. Elle a un double but.
D’abord faire naître la foi des disciples en Jésus ressuscité. Il était là, au milieu d’eux. L’essentiel est dit. Quand quelqu’un meurt, il n’est plus là, sinon moralement, dans le souvenir. Jésus est là, réellement, au milieu des apôtres, d’une présence particulière et unique. Ce n’est pas un esprit et, pour bien le prouver, il leur montra ses mains où restaient les traces des clous et son côté entrouvert par la lance. Dans d’autres apparitions, il leur dira "Touchez-moi, je ne suis pas un esprit" (Luc 24,37-43).
Mais Jésus est transformé. Les portes étaient verrouillées, pourtant Jésus vient et il est là.
Jésus dit "Paix à vous". Ce sont les premières paroles du Ressuscité aux disciples. Plus que du Shalom habituel, il s’agit de la paix profonde qu’apporte désormais la Présence du Ressuscité au milieu des siens.
Le corps glorieux du Christ échappe aux lois de la matière, tout en pouvant en reprendre les propriétés. Le corps de notre Seigneur est animé par l’Esprit Saint et possède maintenant des possibilités insoupçonnées.
"Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté". Les marques des clous et de la lance ne sont plus des plaies, mais des signes glorieux qui rayonnent la victoire du Christ.
Les disciples, aux contacts répétés du Ressuscité, pendant ces quarante jours, se rendront compte de sa réalité. Surtout ils auront avec lui d’intenses conversations.
Jésus leur donne sa paix, qui est assurance, foi intrépide, si forte qu’elle sera la base de la nôtre qui repose sur leur témoignage qui les mènera jusqu’au martyre.
"Il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint". Ce geste de Jésus rappelle celui du Créateur (Genèse 2,7) insuffla en l’homme une haleine de vie. Du souffle même de Dieu l’homme a pris vie, du souffle même du Fils, les disciples reçoivent mission.
C’est le deuxième but de l’apparition de Jésus.
Les apôtres sont préparés à continuer la mission de Jésus, maintenant qu’il va les quitter. "Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie". Pour cela, il envoya sur eux son souffle, quelque chose de lui-même, et il leur dit "Recevez l’Esprit Saint".
Pour Jean, Pentecôte est déjà réalisée à Pâques.
Déjà les disciples reçoivent la mission et le pouvoir de remettre les péchés, "Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus".
Le pouvoir des disciples est le pouvoir de Jésus ressuscité.
Ensuite vient l’épisode de Thomas.
"Jésus vint toutes portes verrouillées". Huit jours plus tard malgré l’apparition du Ressuscité, les disciples ont gardé leurs portes verrouillés.
Jésus s’adresse à Thomas, "Cesse d’être incrédule, et deviens un homme de foi" en lui montrant ses blessures.
Jésus invite Thomas à passer d’une attitude de retrait par rapport au témoignage communautaire à un acte de participation à la foi commune en Lui. Alors Thomas reconnait Jésus et dit "Mon Seigneur et mon Dieu".
La confession de foi de Thomas est la nôtre, nous qui reconnaissons Dieu en Jésus. Thomas reconnaît à travers les blessures de Jésus, Dieu même. Dieu s’est identifié à tout jamais à l’homme et à chaque homme. Et quel est celui qui n’aurait aucune trace de blessure?
Tous les apôtres ont passé par son doute. Thomas est donc ici le personnage incarnant tous les apôtres au stade de leur désarroi.
En conclusion Jésus dit "Parce que tu me vois tu crois, heureux ceux qui croient sans avoir vu".
Les disciples à venir participent à la béatitude de ceux qui croient sans avoir vu, ceux dont le croire est voir, ceux dont le croire donne de voir Jésus au milieu d’eux et le donne à voir aux autres. La foi sans signe devenue signe de foi.
Telle est la transmission sur laquelle repose désormais la parole de l’Évangile, l’heureuse nouvelle communiquée d’une foi à l’autre.
La vraie preuve vient après l’acte de foi, quand la foi est vécue. C’est alors une preuve expérimentale, où nous goûtons ce que nous croyons.
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29.03.2008
Conspiration
Au Royaume-Uni, en Écosse, l'évêque du diocèse catholique écossais Motherwell, Monseigneur Joseph Devine, vient d'attribuer le succès des revendications homosexuelles à une "gigantesque conspiration, très bien orchestrée".
Il a osé affirmer que les gays avaient su se poser en victimes, se comparant aux survivants de l'holocauste et aux victimes de la violence raciale, afin de remodeler en profondeur aussi bien l'opinion que les politiques gouvernementales.
Pour Monseigneur Joseph Devine, la persécution des gays, leur élimination dans les camps de la mort nazis est donc une chose normale ou n’ayant pas existée.
En donnant une conférence, jeudi 13 mars, à l'école catholique Saint Aloysius de Glasgow, il a déclaré "Nous ne nous préoccupons pas du mouvement gay à nos risques et périls".
Manipulation, donc, qui consiste à se faire passer pour une minorité persécutée.
L'évêque a demandé à ses auditeurs de regarder en face cette "conspiration géante" contre les "valeurs chrétiennes" qui se déroule devant nos yeux, et que la communauté catholique a complètement ignorée.
Pour Monseigneur Joseph Devine, cet activisme est le fait d'un "très petit groupe de personnes, très actif et très organisé".
Immédiatement décrié par la presse, il a réitéré ses propos, sans démentir sa réponse à une question de parents à propos de l'éventuelle révélation de l'homosexualité d'un enfant où il a déclaré "Ce doit être un moment de cauchemar pour n'importe quel parent. J'essaierais de réagir avec compassion, mais je ne tolèrerais pas ce comportement. Je ne condamnerais pas, mais je ne le tolèrerais pas" .
Le même évêque avait déclaré précédemment qu'il préfèrerait fermer les agences d'adoption catholiques plutôt que d'aider des couples de même sexe à adopter.
Il avait également estimé inapproprié le fait pour des gays et les lesbiennes d'enseigner.
Plusieurs parlementaires écossais ont dénoncé les propos de Monseigneur Joseph Devine.
Patrick Harvie du Scottish Green Party a ainsi déposé une motion en vue de le faire condamner en l'accusant notamment de "révisionnisme" à propos de l'histoire de l'Allemagne nazie.
Voilà donc encore une fois, s’il le fallait, prouvées l’homophobie et la bêtise des représentants de l’Église catholique romaine.
Seigneur, préserve-nous de la haine.
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28.03.2008
Milices de la mort
En Irak, l'Armée du Mahdi, principale milice irakienne responsable d'exactions à l'encontre de gays, de lesbiennes, de transsexuels et de séropositifs, fait l'objet d'une attaque sans précédents de la part des forces régulières irakiennes.
Le mardi 25 mars à l'aube, le Premier ministre Nouri al-Maliki a ordonné une vaste offensive à Bagdad et à Bassorah, dans le but de réduire l'influence des groupes paramilitaires armés chiites dirigés par Muqtada Al-Sadr.
Formé de jeunes combattants qui ne reconnaissent pas la légitimité du gouvernement en place, le mouvement de Muqtada Al-Sadr, fort de 60.000 hommes, a reconnu lui-même ne pas réussir à purger les éléments incontrôlables qui ont entamé la crédibilité de la formation.
Ces derniers ont fait des minorités sexuelles l'une de leurs cibles préférées.
L'association Iraqi LGBT a estimé à 400 le nombre de personnes assassinées depuis le début de l'invasion américaine en raison de leur identité sexuelle ou de leur statut sérologique.
Ali Hili, fondateur d’Iraqui LGBT dénonce les enlèvements de gays et de transgenres pour les exécuter et l'impunité dont jouit en Irak le ministère de l'Intérieur, qui laisse les escadrons de la milice Badr, la milice du conseil suprême pour la révolution islamique en Irak et l’Armée du Mahdi, dirigée par Muqtada Al-Sadr lui-même, chef de file des chiites les plus radicaux, infiltrer ses corps de police, malgré les protestations de l'Onu.
Ali Hili a déclaré "Les escadrons de la mort ciblent les homosexuels pour les exécuter hors du cadre judiciaire. Cela fait partie de leur campagne de purification morale en vue de la création d'un État fondamentaliste sur la lignée dictatoriale de l'Iran".
En juillet 2007, la survie de deux victimes de ces "escadrons de la mort" de l'Armée du Mahdi avait permis de connaître les nouvelles méthodes des milices chiites qui traquent les gays en vue de "purifier" leur pays.
À l'image de la police secrète iranienne, leurs membres se font passer pour des gays et donnent des rendez-vous à des homosexuels à partir d’Internet qui restait jusqu’alors le seul lieu de rencontre encore sûr, puis les enlèvent et les exécutent.
Après les avoir séduits sur un chat, les miliciens chiites ont donné rendez-vous aux deux hommes, puis les ont séquestrés et torturés, afin qu'ils donnent les noms de plusieurs autres gays. Ils avaient heureusement pu échapper à leurs tortionnaires.
Il ne faut pas se faire d’illusions cette attaque de l’armée régulière irakienne contre l’Armée du Mahdi de Muqtada Al-Sadr, n’améliorera pas le sort des gays irakiens.
Le gouvernement officiel irakien n’a que très peu de pouvoir dans un pays où règne l’islamisme le plus sanglant qui au nom de leurs principes religieux, à l’exemple de l’Iran, veulent éliminer les gays.
Seigneur, n’abandonne pas nos frères gays irakiens.
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27.03.2008
Délire anti-gays
En Pologne, Ewa Sowińska, liée à l'ultrahomophobe Ligue des familles polonaises et porte-parole de l'organisme d'État chargé de veiller aux droits de l'enfant, continue son combat réactionnaire en voulant interdire les relations sexuelles des moins de 18 ans.
Ewa Sowińska était déjà mondialement célèbre pour avoir déclaré la guerre à la "propagande gay" des Teletubbies. Elle avait déclaré le lundi 28 mai 2007, qu'elle allait étudier si la série britannique pour enfants, Teletubbies était une promotion voilée de l'homosexualité.
Ewa Sowinska en voulait à l'un des personnages de porter un sac à main, alors qu'il est un homme. Tinky Winky est la vedette queer hyper connue de la série pour enfants.
Elle avait déclaré "J'ai appris qu'il pourrait y avoir un sous-entendu homosexuel voilé" et voulait interdire la série pour cette raison.
Elle a également voulu interdire l'accès des homosexuels à certaines professions. Elle avait en effet déclaré en mars 2007, que seuls les hétérosexuels devraient pouvoir être enseignants en Pologne. La présence d'enseignants homosexuels pourrait selon elle avoir une mauvaise influence sur le développement des jeunes.
En 2006, elle avait voulu forcer les concubins avec enfants à se faire connaître des autorités, pour protéger les enfants "des effets de l'alcool, des drogues, de la violence et de l'anarchie" qui seraient selon elles, indissociables de la vie en concubinage.
Aujourd’hui elle a une nouvelle lubie toute aussi réactionnaire.
Elle souhaite interdire aux moins de 18 ans les relations sexuelles, homosexuelles ou hétérosexuelles. La majorité sexuelle dans le pays est aujourd'hui établie à 16 ans.
La population polonaise semble de plus en plus lasse de l'image que sa classe politique donne du pays à l'étranger.
Selon un récent sondage, 69% des Polonais désavouent les frères Kaczyński sur le traité de Lisbonne, et ne pensent pas que le mariage entre personnes de même sexe leur sera imposé par sa ratification.
Le Président polonais, Lech Kaczyński a en effet annoncé qu'il déposerait son veto si le parlement tentait d'adopter le traité de Lisbonne et la Charte des droits fondamentaux, craignant qu'ils obligent la Pologne à accepter les mariages entre personnes de même sexe.
Une majorité de Polonais est favorable à l'approbation du traité, et le Premier ministre, Donald Tusk n'a pas exclu l'organisation d'un référendum pour emporter la partie.
Le Président polonais a notamment déclaré son opposition à la ratification de la Charte des droits fondamentaux dans un discours télévisé, lundi 17 mars. Son discours homophobe était entrecoupé de différentes images, dont celles du mariage d’un couple gay.
Ce couple, vivant à New York, a annoncé qu'il allait déposer une plainte auprès du consulat polonais de New York, pour "l'utilisation désobligeante" des images de leur mariage par Lech Kazcyński.
Ce couple a également invité le Président polonais à les rencontrer, afin que celui-ci se rende compte du mode de vie de "deux millions de ses administrés".
Encore une fois, la Pologne est le terrain de l’affirmation de l’homophobie de représentants de son gouvernement, avec en arrière plan l’influence du clergé catholique.
Seigneur, protège-nous du moralisme et de l'exclusion.
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26.03.2008
Réunis
En Israël, un gay palestinien de Jénine en Cisjordanie a été autorisé par l'armée israélienne à résider temporairement à Tel-Aviv auprès de son compagnon israélien, a indiqué hier mardi 25 mars, à l'AFP, un porte-parole militaire.
Le commandant Peter Lerner, porte-parole de l'administration militaire chargée des questions civiles palestiniennes a déclaré "Nous avons accordé un permis temporaire à ce Palestinien car son avocat a expliqué que sa vie était en danger parmi les siens en raison de ses orientations sexuelles".
Le porte-parole a précisé que cette autorisation, qui a "un caractère tout à fait exceptionnel", est renouvelable tous les mois.
Il a poursuivi en disant "Il a demandé un permis de séjour à long terme dans le cadre d'un regroupement familial, mais seul le ministère de l'Intérieur est habilité à accorder ce genre de statut".
Le quotidien Yédiot Aharonot a pour sa part précisé que ce Palestinien âgé de 33 ans s'était vu refuser depuis des années par le ministère de l'Intérieur, un permis qui lui aurait permis de vivre légalement avec son ami israélien, un quinquagénaire travaillant dans le secteur de l'informatique.
Dans une lettre adressée au général Yossef Michlav, chef de l'administration militaire chargée des questions civiles palestiniennes, le Palestinien dont le nom n'a pas été divulgué a expliqué qu'il était victime de "persécutions et de menaces" depuis que sa famille avait été mise au courant de ses relations avec un Israélien.
Son ami israélien a pour sa part déclaré au quotidien Yédiot Aharonot, "Nous aurions voulu un permis de cinq ans, car j'ai une maladie de cœur et j'ai besoin de mon partenaire auprès de moi".
Souhaitons que ces deux amis, israélien et palestinien puissent continuer à vivre ensemble et qu’ils soient le symbole de l’Amour et de la paix entre israéliens et palestiniens.
Seigneur, fait que l’Amour soit vainqueur de la haine.
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25.03.2008
Seulement des paroles?
En France, Fadela Amara, secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville, s'exprime pour la première fois longuement au sujet des gays dans les banlieues françaises, dans la magazine Têtu.
Fadela Amara déclare "Dans les cités, quand ils sont connus comme tels, les homos subissent tout et n'importe quoi, y compris des expéditions punitives".
La fondatrice de l’association Ni Putes Ni Soumises, qui dit avoir reçu "beaucoup de témoignages" notamment à l'issue de réunions publiques, estime que dans les banlieues, "on n'a pas encore évolué sur ces questions-là, malheureusement. (…) Pour certaines familles, pute ou homo, c'est la même chose, c'est inacceptable. On est donc bien dans les mêmes combats. Il s'agit de se réapproprier son corps".
Elle poursuit "Les plus fragiles, les plus dans la détresse, ce sont les filles. Elles ne s'affirment pas homos du tout".
La ministre déclare également que "les homosexuels qui vivent dans les quartiers doivent être davantage défendus par les mouvements gays" et va même plus loin en disant "Il faut qu'un mouvement gay émerge dans les quartiers" .
En total opposition avec la majorité des élus UMP du gouvernement auquel elle appartient, elle se déclare "favorable à l'adoption pour les couples homosexuels, (et) pour le mariage homosexuel aussi", même si "c'est un peu l'embourgeoisement du mouvement gay, c'est clair. Mais je ne veux pas m'opposer à ça, sous peine d'être traitée d'homophobe".
Rappelons tout de même que son plan "Espoir banlieues", dévoilé en février 2008, ne fait pas mention de l'homophobie mais elle estime que la dynamique va entraîner un changement de comportement dans les banlieues.
Malgré ces belles paroles, Alain Piriou, porte parole de l’Inter-LGBT, dit que Fadela Amara parle mais n’agit pas. Il déclare "Je ne l'ai recontactée qu'une seule fois, pour demander un soutien sur la loi contre les propos sexistes et homophobes, mais elle n'a jamais voulu s'engager".
Il ajoute "Elle décrit bien les phénomènes homophobes dans les quartiers, mais refuse de prendre de front le problème comme elle l'a fait avec le sexisme".
Nadine Morano, quant à elle, conseillère régionale de Lorraine depuis 2004, porte-parole de l'UMP depuis juin 2007 et fidèle de Nicolas Sarkozy, a été nommée mardi 18 mars, secrétaire d'État à la Famille.
Elle a par le passé manifesté une certaine ouverture sur les questions gays.
En effet, Nadine Morano est favorable à l’homoparentalité, à un statut du co-parent accompagnant et à l’égalité des droits, mais aussi à la procréation médicalement assistée (PMA) et à l'union civile.
Elle s'est tout de même abstenue de critiquer le candidat à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy quand celui-ci s'est déclaré contre l’adoption par les gays au moment de la campagne électorale, elle qui défendait une ligne plus audacieuse que celle finalement retenue par le futur président.
Reste donc à savoir de quel poids pèsera sa voix au sein d'une majorité largement opposée aux revendications gays.
Interrogée sur RTL, mercredi 19 mars, Nadine Morano a déjà marqué un sérieux début de réserve sur l'adoption pour les couples de même sexe en déclarant "C'est ma position, clairement prise quand j'étais membre de la commission sur la famille et les droits de l'enfant, mais en tant que ministre de la Nation j'ai à appliquer un projet présidentiel d'abord et je m'y tiendrai".
Jean-Marie Colombani, auteur d'un rapport sur l'adoption que lui a demandé Nicolas Sarkozy, et remis le 19 mars, a confié le même jour, lors d’une interview au journal gratuit 20 minutes, être favorable à l'ouverture de l'adoption pour les couples homosexuels.
L'ancien directeur du quotidien Le Monde affirme qu'il faut "mettre fin à l'hypocrisie qui permet à un couple marié d'adopter, mais pas à un couple pacsé, et à un célibataire d'adopter mais pas à un célibataire qui se déclare homosexuel".
Voilà donc beaucoup de personnes qui parlent favorablement de l’homosexualité et de l’homoparentalité au gouvernement et autour du président de la République.
Mais aucun fait réel.
Rappelons que les avancées législatives pour les gays qui devaient être votées à l’automne dernier, ne sont toujours pas à l’ordre du jour. Des paroles… que des paroles?
Seigneur, donne-nous une vraie égalité.
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24.03.2008
Acte d’Amour
En France, Chantal Sebire, atteinte d’une tumeur au visage, inguérissable et la faisant horriblement souffrir, est morte seule, en fin d’après midi mercredi 19 mars, chez elle à Plombières-le-Dijon après un long et douloureux calvaire, qu’elle a voulu médiatiser pour faire prendre conscience de la solitude des personnes demandant le droit au choix de leur mort.
La demande de Chantal Sebire qui voulait pouvoir choisir le moment de sa mort, entourée de ses proches, "après un bon repas" comme elle disait, a relancé le débat du droit à "mourir dans la dignité".
Ce droit que la loi française et l’Église refusent.
Est-ce donc cela notre humanité, ne pas avoir le droit de disposer de sa propre vie en toute conscience et de partir dans la douceur?
Notre Seigneur n’est pas venu en ce monde pour limiter notre choix mais au contraire pour l’étendre.
Ces personnes en phase terminale ou souffrantes n’ont-elles d’autres alternatives pour être libérées, que le suicide violent, se pendre ou se défenestrer? Et encore pour celles qui ont encore le pouvoir d’agir sur elle-même.
Ne peut-on leur donner un peu de compassion et de paix pour ce passage vers l’autre vie?
Qui peut voir sans émotion et sans pouvoir intervenir malgré la demande du mourant, un proche agoniser des jours après des jours dans une souffrance insupportable?
Doit-on laisser la souffrance de la personne en fin de vie ou condamnée s’étendre aussi à tout son entourage?
La société reste inhumaine.
La souffrance physique est depuis finalement très peu de temps prise en compte. Quand on est malade, il était normal de souffrir, comme d’ailleurs pour les femmes qui accouchent.
L’Église est pour beaucoup dans ce mode de penser. La souffrance est vue comme rédemptrice. Pour cette raison absurde, on ne la soulageait pas réellement.
Aujourd’hui malgré la prise en compte de la souffrance, il reste des souffrances physiques qui ne peuvent pas être soulagées. Et puis il y a la dégradation physique, tout en sachant que les soins ne feront que retarder l’inéluctable. Alors pourquoi obliger ces personnes à vivre cela contre leur gré?
La souffrance n’est pas une volonté de Dieu.
L’Église a montré par le passé sa position inhumaine et intransigeante allant même jusqu’à la punition après la mort.
Je me souviens de Piergiorgio Welby dont le cas m’avait beaucoup ému. Paralysé sur un lit d’hôpital, relié pour vivre à un respirateur et à une sonde gastrique, il aurait pu vivre des années dans cette horrible condition. Il avait demandé que les machines le maintenant en vie soient débranchées. Son médecin dans un geste d’Amour et malgré la peine encourue avait répondu à son choix, le délivrant.
Piergiorgio Welby était catholique, très croyant. L’Église catholique a refusé à sa famille que lui soient faites des obsèques religieuses. C’est cela l’humanité de l’Église!
Notre Seigneur qui a souffert sur la Croix peut il désirer qu’un de ses enfants souffre et ne puisse pas demander et qu’on lui accorde par Amour de partir dans la sérénité?
Protéger la vie doit il aller jusqu’à maintenir en vie des personnes qui veulent partir, ne pouvant vivre que reliées à des machines, comme Piergiorgio Welby, des personnes qui sont condamnées et dont on ne peut plus alléger la souffrance, comme Chantal Sebire,
des personnes totalement paralysées et grabataires, comme Vincent Humbert?
Est-ce être humain que de continuer à faire souffrir ces personnes contre leur gré? Car en les empêchant de partir selon leur choix, on devient responsables de leur souffrance.
Le choix de chacun en conscience de continuer ou de partir, et l’aide à ceux qui nous le demandent quand plus rien d’autre n’est possible, ne peut il pas être vue comme un véritable acte d’Amour?
Seigneur, fais que notre monde ait un peu plus de compassion pour ceux qui souffrent et demandent notre aide.
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23.03.2008
Une aube nouvelle
L’Évangile de ce dimanche de Pâque est la résurrection de notre Seigneur (Jean 20, 1-9). La mort meurt à jamais. Du plus profond du tombeau scellé, vient de jaillir la vie, une vie qui ne meurt plus puisque sur elle, la mort ne peut plus avoir aucun pouvoir.
Notre Seigneur a fait de la mort, celle de la fin de la vie et celle de chaque instant de nos vies, le lieu vivifiant de la vie nouvelle, de la vie éternelle.
Notre Seigneur est Ressuscité.
Il n'y a rien d'autre à dire sinon qu'il est vraiment ressuscité est qu'il est ressuscité d'entre les morts. C'est un fait de foi, le fait qui fonde notre foi, l'événement que nul ne peut rejoindre ni rapporter s'il n'est lui-même vivifié en sa vie par la vie de Celui qui est vivant.
Cette certitude, cette expérience pascale du Ressuscité, est aussi évidente qu'incompréhensible en dehors de cette expérience.
L'expérience du Ressuscité est une expérience de rencontre.
C’est une rencontre si importante qu'elle bouleverse toute notre vie. Il y a avant et après la rencontre de notre Seigneur ressuscité.
Notre Seigneur est Vivant. Sa vie n'est plus contenue, retenue, enfermée par rien, ni quoi que ce soit qui pourrait la contraindre. Il n’y a plus d’espace, plus de temps, plus de péché, plus de mort. La vie, la vie éternelle est relation et communion. Lorsque notre Seigneur ressuscité nous rejoint, nous participons au mystère de sa vie. C’est un flot de vie vivifiante qui se répand jusqu'aux plus profonds recoins de mort de notre vie.
Nous devenons alors les témoins de la résurrection de notre Seigneur.
Nous vivons alors de la vie même de notre Seigneur ressuscité qui est vie donnée, vie partagée, vie communiquée. C’est le cœur même de l’annonce de notre Seigneur contre tout ce qui opprime et persécute.
Nous sommes au premier jour. Il fait encore nuit, Marie-Madeleine se rend au tombeau.
Seul l'Amour peut aller sans désespérer jusqu'au bout de la mort et espérer contre toute espérance. Seul l'Amour de Jésus peut conduire Marie-Madeleine jusqu'au tombeau où règne la mort.
Le tombeau est vide.
C’est le symbole du vide de toutes les certitudes définitives sur lesquelles nous bâtissons nos vies. Avec le tombeau vide, nos certitudes s'effondrent devant une réalité tellement incompréhensible. Tout s'effondre, tout est à réapprendre, tout peut commencer.
Notre Seigneur est absent du tombeau. Désormais il nous faut apprendre à être présent à une présence.
L'espérance déraisonnable qui conduit Marie-Madeleine au tombeau, contre toute certitude du définitif de la mort, devient déjà l'espérance folle qui ensuite la fera courir vers les disciples. La vie prend déjà le pas sur la mort.
Pierre et Jean, "le disciple que Jésus aimait", courent donc à leur tour vers le tombeau.
Comme Marie-Madeleine nous le fait voir, l'Amour est premier, il arrive le premier au tombeau. Mais cet Amour, pour qu'il porte du fruit, doit être diffusé par la première communauté ecclésiale représentée par Pierre. C'est lui qui entre le premier dans le tombeau alors que pourtant il est arrivé après "l'autre disciple".
Mais avant tout il faut l’Amour pour comprendre la Résurrection.
Mais pour les disciples il faudra encore la rencontre avec notre Seigneur ressuscité pour qu’ils croient totalement.
Pour l’instant, ils rentrent chez eux.
Seule Marie-Madeleine reste près du tombeau. Seule Marie-Madeleine pressent toute seule que l'Amour est plus fort que la mort.
Elle reste là, elle est seule, elle veille, elle pleure et elle attend. Elle ne sera pas déçue.
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22.03.2008
Silence
C’est le Samedi Saint.
Seigneur, ton corps a été placé dans le tombeau.
Seigneur, aide-moi à me préparer à la Résurrection.
Je viens chez toi dans la prière, dans une attente silencieuse et patiente de la nouvelle aube de Pâques, sachant que ce qui semble être la fin est en fait le début d’une ère nouvelle.
Seigneur, viens chez moi dans cette prière, aide-moi à saisir l’importance de ta mort et de ta Résurrection.
Seigneur, aide-moi à comprendre au plus profond de moi-même, la merveilleuse espérance de ta Résurrection.
L’agitation de l’arrestation, le procès et la crucifixion de Jésus sont passés. Le Sabbat nait silencieux et serein. Le ciel est calme. Beaucoup de choses se sont produites ces deux derniers jours. Aujourd’hui est un jour d’attente tranquille, de méditation, un jour pour se rendre en un endroit isolé et contempler la perte d’un ami et d’un maître. La vie ne sera plus jamais la même. Ce jour de Samedi Saint est un jour pour comprendre, faire notre tout de ce qui s’est passé. C’est un jour de douleur et d’espoir. Ne laissons pas le Samedi Saint se dérouler comme n’importe quel autre jour, juste un jour entre deux. En ce jour, enveloppons-nous d’un silence de recueillement.
Seigneur, je vivrai tranquillement ce Samedi Saint contemplant toutes les choses que tu as dites et enseignées.
Je m’émerveillerai des mystères que nous célébrons ces jours-ci.
Tu m’as donné la grâce de vivre de ce coté de la Résurrection et ainsi je sais que le silence de ce Samedi Saint n’est pas un silence de désespoir mais un silence de grande espérance avant la grande joie de Pâques.
Je me rends au tombeau avec les saintes femmes, non pas pour voir le corps d’un homme mort mais pour entendre les paroles des anges, "Il n’est pas ici, Il est ressuscité".
J’essayerai aujourd’hui de rester dans ce silence du recueillement pour me préparer intérieurement à cette Vie nouvelle.
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