16.03.2008

Contre les certitudes

6ed86947b43998571a97074225abb518.jpgL’Évangile de ce dimanche des Rameaux est la Passion de notre Seigneur (Matthieu 26, 14-27,66).
Jésus avec ses disciples montent à Jérusalem pour célébrer la Pâque juive, souvenir de la libération du Peuple Juif de l'esclavage des Égyptiens. Jésus va entrer dans cette ville qui sera bientôt le théâtre de ses souffrances et de sa mort.
Matthieu nous dit qu’en dehors de sa famille, et de ses quelques disciples, la majorité des Juifs, c’est-à-dire ceux qui auraient dû être les plus proches de Jésus, l’ont méconnu, méprisé, humilié. Et que, en revanche, ce sont les autres, les païens, les étrangers qui l’ont reconnu.
Au milieu de "ceux qui savent" et de ceux qui exercent l'autorité, "croyants", prêtres, théologiens, juristes et même amis proches, Jésus apparaît comme un perpétuel incompris, un provocateur, une cause de scandale, une menace pour la sécurité et les intérêts de beaucoup.
Jésus, il est vrai, n'a jamais cessé de défier l'opposition, tant son comportement envers Dieu et envers les humains, sa conception de la religion et de la morale, tranchent avec la lettre des lois, des traditions sclérosées, les étroitesses des légistes.
La nouveauté et la fraîcheur de son enseignement, où la rigueur s'inscrit dans la plus grande des ouvertures, ébranlent les immobilismes et les situations acquises.
5b770e511c5941d3172c0fac3585d497.jpgJésus dénonce par sa parole et par sa vie une religion contaminée par l'esprit du monde et des comportements personnels égoïstes.
Ce qu'il dit de Dieu et ce qu'il dit de l'être humain, ce qu'il propose et ce qu'il rejette, surprend et choque ceux qui croient détenir la vérité sur Dieu.
Il ébranle même les convictions des plus "pratiquants". "Jamais personne n'a parlé comme cet homme…". Et c'est vrai tout au long de son enseignement.
Jésus est un perpétuel gêneur pour les uns, un grand espoir pour les autres. Rien n'a changé. Aujourd'hui encore, beaucoup cherchent souvent à relativiser ses enseignements, ou à trahir sa parole dans des interprétations qui arrangent leurs convictions sans ouverture et sans Amour.
Combien se dérobent quand Il les appelle? Ils préfèrent leurs idées rassurantes qui ne remettent pas en cause leurs aises, leurs habitudes, leur pouvoir et leur argent.
Leurs convictions se heurtent au prix et aux priorités qu’ils accordent aux valeurs économiques.
Entre la Bonne Nouvelle des Béatitudes et la reconnaissance et le bien être proposés par l'argent, les choix pratiques sont vite faits.
710fa8caf87bbfaefedd034fb7b68281.jpgJudas en est l’exemple.
Ce qui fit basculer Judas dans le clan des défenseurs et des protecteurs de la "vraie religion", fut la dépense de cette femme qui, à Béthanie couvrit la tête de Jésus d'un parfum de grand prix. C’est un scandale, une véritable provocation envers les pauvres. Les disciples en furent indignés et Judas écœuré. Il fallait arrêter Jésus. Pour trente pièces d'argent, Judas fut volontaire.
Le marché de Judas nous scandalise, mais il persiste et se répète aujourd'hui sous d'autres formes. Le prix du pouvoir, de la réussite, de la richesse, se comptent souvent en valeurs de l’Évangile oubliées et écartées. Les affaires sont les affaires.
Et les lois qui président à leur efficacité sont valorisées.
Mais cela va à l’encontre de ce que n’a cessé de nous enseigner Jésus.
Beaucoup cherchent des compromis, croyant que l’on peut arranger ce qu’a dit Jésus avec le gout du pouvoir et de l’argent personnel, acquis bien souvent au détriment de nos frères.
Seuls les "fous" suivent Jésus dans son radicalisme qui est folie aux yeux du monde, mais sagesse aux yeux de Dieu.
Le chemin de Jésus à travers la dureté du monde, Il le couvre de ses souffrances et de son sang. C'est ce même chemin qu'il nous propose.
9d8e9c43f07415d35dbad8feeb1e9d43.jpgDès la première eucharistie, Jésus était entouré de faiblesse, de trahison et de lâcheté. Judas Le trahit. Quelques heures plus tard, les autres disciples veilleront sur Lui en s'endormant et assureront leur propre sécurité dans la fuite. C’est un chemin que beaucoup empruntent.
Lors de son procès, le pouvoir accuse Jésus d'intentions "politiques". La "sécurité nationale" est invoquée. Les menaces et la torture sont employées. Ceux qui ont le pouvoir accusent et condamnent, mais selon les règles. Il faut des témoins. Dès lors "les chefs des prêtres et tout le grand conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire condamner à mort".
Aujourd’hui, même sans effusion de sang, certains ont leurs soupçons, leurs procès, leurs condamnations, leurs faux témoins, pour faire taire ceux qui luttent et ébranlent les certitudes légalistes, dénoncent les formalismes de la religion et de la morale, accumulés au cours des siècles.
Les premiers adversaires de Jésus, les plus impitoyables et les plus tenaces furent des croyants aveuglément attachés à la lettre de la Loi.
Il est dangereux de l'oublier.

Commentaires

Comment peut on encore avoir aujourd'hui des certitudes à part en s'aveuglant volontairement de peur de voir réellement la situation ?

Ecrit par : Seb | 16.03.2008

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