23.01.2008
Victimisation
En Italie, le pape Benoît XVI est revenu, dimanche 20 janvier, sur l'annulation de sa visite à l'université de la Sapienza, devant une foule plus nombreuse qu'à l'habitude venue le soutenir. Il a expliqué "le climat qui s'était créé avait rendu inopportune ma présence" .
La contestation à l’université de la Sapienza, la plus importante université d'Italie avec 130.000 étudiants, était née parmi les enseignants du département de physique qui jugeaient "incongrue", au nom de la laïcité, la décision du recteur d'inviter le pape à l'inauguration de l'année académique.
En effet pourquoi privilégier la venue du pape Benoît XVI, représentant des catholiques dans une université laïque?
Le relais a ensuite été pris par des petits groupes d'étudiants qui ont organisé une semaine de protestation dénonçant les positions rétrogrades du pape sur les mœurs, la sexualité et notamment l'homosexualité.
Malgrè le caractère minoritaire de ces groupes, le Vatican a craint que le pape soit chahuté dans la salle même où il devait prendre la parole et a annulé le déplacement.
Cette affaire a créé l'évènement toute la semaine passée en Italie.
En effet, dans ce pays où le Vatican intervient régulièrement dans les affaires politiques intérieures, s'en prendre à la personne du pape est encore considéré comme un tabou.
Ainsi, durant toute la semaine, la classe politique dans sa quasi-totalité a apporté son soutien au pape et condamné "l'intolérance" des contestataires.
Visiblement les hommes politiques italiens ont oubliés ce qu’est la liberté d’expression dans un État laïc.
Ces réactions montrent bien le poids de l’ingérence du pouvoir clérical dans les affaires politiques de l’Italie, État laïc.
Le président de la République, Giorgio Napolitano, un ancien communiste, a même exprimé dans une lettre à Benoît XVI son "vif regret" de l'annulation de sa visite.
Le ministre des Universités, Fabio Mussi a été l'un des rares à exprimer au moment de la manifestation pro-Benoît XVI dimanche dernier, un avis divergent, estimant que "le défilé des politiques à l'Angelus sent l'instrumentalisation".
Pour le philosophe Paolo Flores D'Arcais, directeur de la revue intellectuelle laïque Migromega, "dire que le pape a été empêché de parler c'est le monde à l'envers". C'est en effet le pape qui a décidé de ne pas aller à l'université de la Sapienza, personne ne l'en a empêché.
Paolo Flores D'Arcais a aussi déclaré à l’AFP "Le pape se pose en victime, mais c'est la personnalité qui s'exprime le plus dans les journaux télévisés et c'est lui qui a annulé sa visite" .
Encore une fois le Vatican et le pape Benoît XVI jouent les victimes et mélangent les affaires politiques et les affaires religieuses.
L’Italie doit prendre en compte la totalité de ses citoyens et non seulement les catholiques.
L’Église catholique romaine et ses représentants doivent se rappeler qu’ils ne sont pas les dirigeants politiques de l’Italie et du monde.
Seigneur, apprend sa place à ton Église.
00:05 Publié dans Actualités religieuses et/ou gay | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Chrétiens inclusifs



































Commentaires
Ça l'apprendra à fermer sa gueule.
Ecrit par : Georges | 23.01.2008
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