10.02.2010
Justification de la barbarie
En Ouganda, un ministre a rejeté les critiques du président américain Barack Obama, au sujet du projet de loi contre les homosexuels en discussion dans le pays, avertissant que toute ingérence serait considérée comme "inacceptable".
James Nsaba Buturo, le ministre de l'Éthique et de l'Intégrité a déclaré à l'AFP "Quelqu'un devrait dire au président Obama que le Parlement fait son travail législatif dans l'intérêt du peuple ougandais".
L'homosexualité est déjà considérée en Ouganda comme un comportement criminel passible de la prison à perpétuité.
Le projet de loi déposé en octobre 2009 par un parlementaire se propose de durcir ces dispositions et prévoit notamment la peine de mort.
Le président Barack Obama a qualifié, dans un discours prononcé le 4 février 2010 à Washington, le texte d'"odieux".
Il a déclaré "Nous pouvons ne pas être d'accord sur le mariage homosexuel, mais nous pouvons sûrement nous mettre d'accord sur le fait qu'il est impensable de viser des homosexuels et des lesbiennes pour ce qu'ils sont, que ce soit aux États-Unis ou (...) de façon plus extrême dans des projets de loi odieux qui ont été présentés, le plus récemment en Ouganda".
Ses déclarations, à l'occasion d'un "petit déjeuner national de prière" organisé par un groupe chrétien, où était également présent le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, interviennent au lendemain du dépôt devant la Chambre américaine des représentants d'une résolution condamnant le texte ougandais.
Cette résolution du Congrès américain, soutenue par des parlementaires démocrates et républicains, établit notamment que chacun "possède une dignité humaine intrinsèque, quelle que soit son orientation sexuelle, et partage des droits humains fondamentaux".
Le texte déclare également que le projet de loi ougandais "présente une menace grave pour la vie, la liberté, et la sécurité de la personne, et établirait un précédent fâcheux s'il était adopté".
Nsaba Buturo qui est l’un des principaux défenseurs du projet de loi discuté à Kampala, a affirmé que les législateurs ougandais ne seraient pas influencés par les critiques des États-Unis ou d'autres pays.
Il dit "Nous ne pouvons pas dire au Sénat (américain) ce qu'il doit faire. Donc, pourquoi ont-ils l'impression qu'ils peuvent nous dire ce que nous devons faire dans l'intérêt de notre peuple?"
Le ministre, en référence à toute tentative extérieure de s'opposer au passage du projet de loi, a ajouté "Cela est totalement inacceptable".
L'Ouganda a été critiqué par de nombreux pays et ONG, notamment l'Union européenne et les États-Unis, qui ont appelé le président ougandais Yoweri Museveni à mettre son veto au projet de loi.
Le texte propose en plus des condamnations pouvant aller jusqu’à la peine de mort pour les homosexuels, de punir toute discussion publique sur l'homosexualité, et rendrait passible de poursuites les parents, professeurs, médecins d'homosexuels, ou encore un propriétaire qui leur louerait un logement.
Les déclarations du président Barack Obama sont justifiées par la défense des droits à la dignité et à la protection de chaque être humain dans sa différence.
Le droit d’ingérence est un devoir humain lorsque les droits de l’Homme sont ouvertement bafoués par des gouvernements barbares.
Seigneur, protège nos frères gays de la barbarie.
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09.02.2010
Nature homosexuelle
En Belgique, le chercheur Jacques Balthazart affirme que l’homosexualité est génétique dans un entretien avec l'AFP à l'occasion de la parution de son livre "Biologie de l'homosexualité. On naît homosexuel, on ne choisit pas de l'être".
L'homosexualité n’est donc pas une déviance comme voudraient le faire croire les institutions religieuses avec à sa tête l’homophobe Vatican.
Jacques Balthazart, professeur à l’Université de Liège a expliqué "Une partie des facteurs de l'homosexualité est génétique, c'est la partie que l'on connaît le moins bien".
Il soutient "On a beaucoup plus de données sur la partie hormonale de ces facteurs. Il y a enfin une partie immunologique, une réaction immunitaire développée par la mère contre l'embryon de sexe mâle" qui affecterait les préférences sexuelles.
Spécialiste en neuro-endocrinologie du comportement, Jacques Balthazart reconnaît vouloir s'attaquer aux thèses selon lesquelles l'homosexualité est due à des raisons psychanalytiques.
Partant du principe que les théories psychanalytiques largement répandues, notamment freudiennes, qui expliquent l'homosexualité comme résultant de l'éducation, ne reposent sur aucune donnée scientifique, le chercheur a voulu, à travers différentes études, démontrer scientifiquement que l'homosexualité n'est pas une conséquence de l'environnement, mais innée.
Le Vatican, visiblement peu intéressé par les preuves scientifiques et voulant justifier le bien fondé de son rejet de l’homosexualité, déclarait en décembre 2009, par la voix de Monseigneur Javier Lozano Barragan, ancien ministre de la santé du pape, "On ne naît pas homosexuel, mais on le devient. Pour différentes raisons, des questions d'éducation, parce qu'on n'a pas développé sa propre identité au cours de l'adolescence".
Jacques Balthazart infirme ces contre-vérités scientifiques et veut les montrer au grand public.
Il affirme avoir rassemblé un "faisceau d'indices suffisants" de "facteurs biologiques potentiellement impliqués" dans la détermination des comportements sexuels dès avant la naissance, et qui ne dépendent pas du sexe du bébé.
Il affirme encore "Il était temps de rééquilibrer la balance. En dépassant le conflit stupide inné/acquis ou nature/environnement. Car tout est interaction entre les deux. Sur une base scientifique, je voulais aussi démonter les croyances selon lesquelles l'homosexualité serait une maladie, une perversion, une déviance".
Il dit que ses recherches l'ont amené à penser que l'homosexualité est déterminée à 80 ou 90 % par des phénomènes prénataux multiples, qui sont génétiques, hormonaux et peut-être immunologiques.
Jacques Balthazart espère que son livre aidera à déculpabiliser les homosexuels et leurs parents, et permettra une acceptation plus large de l’homosexualité dans la population.
Voilà en tout cas, qui remet en cause les théories et positions homophobes des religions et notamment celles exprimées de façon obsessionnelle par l’Église catholique romaine et ses dirigeants, et qui présentent l’homosexualité comme une maladie psychique.
De leur part, rester sur de telles positions discriminatoires montrerait que cela est bien de la haine anti-gay.
L’interview de Jacques Balthazart sur le site Le Vif/L'EXPRESS : http://levif.rnews.be/actualite/belgique/72-56-45965/--on...
Seigneur, fais comprendre la diversité de Ta création.
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08.02.2010
Pour la discrimination
Au Royaume-Uni, la loi contre les discriminations dérange le pape.
En effet, un texte débattu au Parlement britannique veut renforcer l'égalité des chances pour tous et notamment pour les LGBT.
Et cela ne plait pas au Vatican.
Le pape Benoît XVI a en effet, le 1 février 2010, dénoncé un projet de loi britannique qui veut protéger les homosexuels contre la discrimination, notamment dans l'accès à l'emploi.
Le pape a déclaré à Rome, lors d'un discours prononcé devant les évêques catholiques anglais et gallois, "Votre pays est bien connu pour son engagement résolu en faveur de l'égalité des chances pour tous".
Et il a ajouté "Cependant... certaines lois destinées à réaliser cet objectif imposent des restrictions injustes à la liberté des communautés religieuses d'agir en accord avec leurs croyances... A certains égards, cela enfreint la loi naturelle sur laquelle l'égalité de tous les êtres humains est basée et par laquelle elle est garantie".
Le motif de l’opposition de l’Église catholique romaine est que ce texte protégerait les LGBT qui devraient être traités en toute égalité.
C’est bien sûr une chose inconcevable pour cette institution discriminatoire.
Le texte pourrait en effet contraindre les Églises catholique et protestante à embaucher des gays ou des transsexuels dans leurs structures non cléricales, comme par exemple des enseignants dans les écoles privées ou du personnel dans l'administration des structures.
Et il contraindrait aussi les Églises à ne plus exclure les gays et les lesbiennes en toute impunité.
En revanche, cette "loi sur l'égalité" des chances, actuellement débattue au Parlement, ne concerne pas les prêtres.
Une campagne, menée par des évêques anglicans et catholiques, contre le projet de loi est déjà en cours.
L’Église catholique anglaise s’est aussi opposée récemment, sans succès, à une loi sur l’adoption qui empêche les organisations catholiques de refuser les candidatures de couples homosexuels. Ce qui est une promotion de la discrimination.
Dans ces deux dossiers très politiques, le pape a invité "les évêques, mais aussi les prêtres, les enseignants, les catéchistes" à se mobiliser et à faire entendre leur voix "avec un zèle missionnaire". Ce qui est leur demander de faire du lobbying discriminatoire.
Le sujet risque d’être très présent lors de la visite du pape au Royaume-Uni, qu'il a confirmée. Benoît XVI n'a pas donné de date mais un ministre britannique avait récemment évoqué la mi-septembre 2010.
Les propos discriminatoires du pape ont bien sûr créé la polémique.
Ils étaient abondamment cités dans les journaux britanniques.
Le journal The Independent titrait "J'effectuerai une visite mais je n'aime pas vos lois sur l'égalité", estimant que le pape "s'en prend aux droits des homos".

La National Secular Society (Société laïque nationale) a de son côté déjà annoncé une manifestation.
Terry Sanderson, le président de l'organisation a déclaré "Le contribuable va payer 20 millions de livres environ pour la visite, durant laquelle il a déjà dit qu'il attaquerait l'égalité des droits et ferait la promotion de la discrimination".
Rien de bien nouveau dans cette nouvelle confirmation de l’homophobie et du combat contre l’égalité que mènent le Vatican et ses dirigeants.
Comment peuvent-ils ne pas avoir honte?
Seigneur, où est l’égalité que tu as prônée?
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